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La révolte des généraux : Rumsfeld doit démissionner !

La rédaction
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Au 13 avril, ils étaient déjà six généraux en retraite à avoir appelé à la démission du ministre de la Défense Donald Rumsfeld. Les trois derniers en date sont le général John Batiste, commandant de la 1ère division d’infanterie en Irak en 2004 et 2005, le général Charles Swannack, commandant de la 82ème division aéroportée en Irak en 2004, et le général John Riggs, qui s’est vu refuser une troisième étoile au moment de prendre sa retraite, apparemment parce qu’il était en désaccord avec Rumsfeld sur le nombre de soldats nécessaires en Irak. Ils rejoignent ainsi le général de Marine Anthony Zinni, le général Paul Eaton et le lieutenant-général Gregory Newbold.

Le 13 avril, Joseph Cirincione, directeur du département de non-prolifération au Carnegie Institute, a déclaré que tous ces généraux avaient décidé de parler ouvertement afin d’empêcher la prochaine guerre - prévue contre l’Iran. Selon une source proche de l’état-major général, son chef, le général Peter Pace, a reçu une lettre signée d’un certain nombre de généraux et d’amiraux d’active, avertissant qu’ils démissionneraient si on leur ordonnait d’entreprendre des frappes militaires contre l’Iran. Un ancien ambassadeur nous a confié que ces initiatives, venant de militaires, sont « sans précédent » dans l’histoire de la république américaine.

Dans une interview publiée en première page du Washington Post du 13 avril, le général Batiste a estimé nécessaire un remaniement au sommet du Pentagone. « Il nous faut de nouveaux dirigeants qui respectent les militaires, tout comme ils attendent le respect des militaires, et ces dirigeants doivent comprendre ce qu’est le travail d’équipe. » Le même jour, il a déclaré à CNN que nombre de ses pairs pensaient comme lui. Il semble que l’offensive de Batiste ait démarré lors d’une réunion au Rotary Club de Rochester (Etat de New York) le 15 avril, où il déclara que les Américains étaient allés en Irak sans avoir vraiment saisi les complexités de la société irakienne : « Je ne pense pas que les planificateurs au niveau stratégique aient compris dans quoi ils s’engageaient ». Selon lui, Rumsfeld a fait preuve d’arrogance en faisant fi du scepticisme de ses conseillers militaires, et il était naïf de penser que les Irakiens accueilleraient avec enthousiasme une démocratie à l’américaine.

Batiste accuse également Rumsfeld d’être responsable de la politique de torture pratiquée dans la prison d’Abou Ghraib, raison de plus pour exiger son départ. Depuis son interview au Washington Post, Batiste a expliqué les raisons de sa démarche lors de plusieurs réunions et entretiens. Signalons que ce général a servi l’Armée pendant 31 ans, avant de prendre sa retraite en novembre 2005, après avoir commandé la 1ère division d’infanterie en Irak. On lui proposa alors de devenir commandant en second en Irak, mais il refusa cette promotion.

Le 14 avril, à l’occasion d’interviews données à trois chaînes différentes (ABC, NBC, CBS), il reconnut que la publication de Cobra II, le livre du général Bernard Trainer et de Michael Gordon, avait incité les généraux, à titre individuel, à formuler publiquement leurs critiques.

Cobra II montre comment George Shultz, le vice-président Cheney et Rumsfeld ont très vite introduit Paul Bremer dans l’équation irakienne en mai 2003 - alors qu’il était encore possible de stabiliser la situation - pour qu’il entreprenne la dé-baasisation et la dissolution de l’armée régulière irakienne. Dans un dossier en deux parties, l’EIR a approfondi l’exposé de Trainer en montrant comment la guerre d’Irak a été délibérément prolongée pour réaliser le scénario de « guerre perpétuelle » défendu en particulier par Cheney, tout en en faisant profiter Halliburton et d’autres sociétés géantes (cf. l’article de LaRouche « Armées privées, nations captives » et celui de Jeffrey Steinberg « La guerre d’Halliburton).

Lors de l’émission d’ABC « Good Morning America », Batiste accusa Rumsfeld d’avoir mis au rencard « les plans de guerre compétents élaborés par le Commandement central dix années durant ». Quand on lui demanda si son « inculpation » visait aussi le « commandant en chef » Bush, il répondit : « Je ne parle pour le moment que du ministère de la Défense ». Interrogé sur les raisons pour lesquelles il avait gardé si longtemps le silence, en acceptant de faire la guerre en Irak, Batiste invoqua l’esprit de discipline qui est obligatoire dans l’Armée. Soit on exécute les décisions, soit on part, et au départ, il avait jugé plus utile de rester dans le système. Il précisa qu’il ne s’était pas entretenu avec les cinq autres généraux appelant au départ de Rumsfeld avant l’émission du 13 avril qui les avait réunis sur le même plateau, avec David Grange.

Pour Batiste, le ministre de la Défense est « arrogant » et « injurieux ». A un journaliste d’ABC qui lui rappelait les propos de ce dernier selon lesquels, si les chefs militaires sur le terrain réclamaient davantage de troupes, ils les obtiendraient, le général a estimé que Rumsfeld n’était pas sincère. En effet, alors que le général Shinseki avait réclamé, à juste titre, 300 000 soldats, Rumsfeld les lui avait refusés. Sur NBC, il se défendit de toute ambition politique. « Pendant 31 ans, j’ai été un subalterne loyal et je n’ai toléré aucune dissidence dans les rangs. [Mais] je pense que c’est une question de responsabilité : on doit demander des comptes pour un plan de guerre visant à envahir l’Irak mais non à y bâtir la paix, des comptes pour ce qui s’est passé à Abou Ghraib, des comptes pour un style de commandement qui est intimidant et injurieux. »

Par ailleurs, Thomas White, premier secrétaire de l’Armée dans l’administration Bush, qui eut plusieurs différends avec Rumsfeld avant d’être remercié, déclara au Los Angeles Times que Batiste représentait véritablement la génération qui a vu directement cette guerre. Dans son édition du 14 avril, le New York Times citait White : « Rumsfeld a dédaigné les considérations des officiers de haut rang, dès le premier jour où il a pris ses fonctions de ministre de la Défense. Il est bel et bien temps qu’ils en aient assez de lui. » Le LA Times se réfère à un général d’active resté anonyme, pour qui la démarche de Batiste traduit la révélation publique du débat qui fait rage depuis des mois au sein de l’Armée, sur la question de savoir si les officiers doivent exprimer publiquement leur désaccord.

Pour sa part, le général Swannack estime que « nous devons continuer de mener la guerre globale à la terreur et empêcher le terrorisme de pénétrer nos frontières. Mais je ne pense pas que le ministre Rumsfeld soit la personne adéquate pour mener cette guerre, à en juger par ses erreurs absolues dans la gestion de la guerre contre Saddam en Irak. (...) A mon avis, Rumsfeld ne comprend pas la dynamique d’une guerre contre l’insurrection ». Sur CNN le 13 avril, Swannack déclara que Rumsfeld était responsable du scandale de la prison d’Abou Ghraib et que, « plutôt que d’admettre ses erreurs, il continue à les justifier devant la presse », ce qui le rend incapable de trouver une issue. Selon lui, Rumsfeld a pratiqué la « microgestion » des généraux qui conduisent les forces américaines en Irak, et une partie du problème au Pentagone vient du fait que c’est lui qui choisit les hauts gradés qui sont susceptibles de recevoir une promotion.

Sur CNN le 13 avril, l’ancien commandant du Commandement central, le général Anthony Zinni accusa, lui aussi, Rumsfeld d’avoir fait fi de dix ans de planification, de la part des chefs militaires, sur les implications d’une éventuelle occupation de l’Irak. Un autre militaire à la retraite, le général George Joulwan (ancien commandant de l’OTAN), sans pour autant demander la démission de Rumsfeld, déclara sur CNN que les officiers de haut rang devraient résister à la microgestion de l’Armée par Rumsfeld. « Quand un officier devient général à quatre étoiles, s’il n’a pas les tripes de défendre des questions d’importance, alors il ne devrait pas porter ses quatre étoiles », dit-il.

Une enquête de l’Armée met en évidence le rôle personnel de Rumsfeld dans la torture

Un rapport officiel de l’Armée américaine, obtenu par le magazine on-line Salon dans le cadre de la Loi sur la liberté de l’information (FOIA), constate que le ministre de la Défense Donald Rumsfeld est « personnellement impliqué » dans les brutalités commises en 2002 lors de l’interrogatoire deMohammed al-Kahtani, un pirate de l’air auteur présumé des attentats du 11 septembre. Selon les enquêteurs concernés, ce dernier a subi un traitement « dégradant et abusif » à Guantanamo de la part de soldats qui suivaient le plan d’interrogatoire personnellement approuvé par Rumsfeld. Al-Khatani fut contraint de se tenir nu devant une interrogatrice, de porter des sous-vêtements féminins, d’effectuer à la laisse des « tours de chien », se faisant traiter d’homosexuel. Ces interrogatoires duraient de 18 à 20 heures par jour, durant 48 jours sur 54.

Dans une déclaration faite sous serment, le général Randall Schmidt affirme que Rumsfeld était « personnellement impliqué » dans l’interrogatoire et qu’il « parlait toutes les semaines » au général Geoffrey Miller, alors commandant à Guantanamo. A propos des procédures, il disait qu’il « n’y avait pas de limites », tout en constatant des similitudes entre les méthodes appliquées à Guantanamo et celles mises en évidence par les photos prises dans la prison d’Abou Ghraib.

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