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La révolution conservatrice des straussiens

La rédaction
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Une critique cinglante des « straussiens » est parue dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit de la semaine dernière, sous la plume d’un historien bien connu, Heinrich August Winkler. L’article est intitulé « Lorsque le pouvoir parle le langage du droit », avec en sous-titre : « Une révolution conservatrice menace l’héritage historique mondial de l’Amérique, l’Europe doit maintenant se mettre en avant pour défendre les valeurs occidentales. »

L’historien écrit : « L’Amérique vit-elle actuellement ce que l’Allemagne a connu il y a plus de sept décennies, une révolution conservatrice ? C’est de cette façon que les gens désignaient et désignent encore le mouvement d’intellectuels de droite qui, dans les années suivant 1930, appelait à un assaut contre le zeitgeist libéral. L’un de ses représentants les plus influents fut l’expert du droit de l’Etat, Carl Schmitt. En 1927, il présenta l’un de ses essais les plus célèbres, La notion du politique. Sa thèse fondamentale, qui allait être passionnément discutée, consistait à dire que la différence spécifiquement politique est celle entre ami et ennemi. Le lecteur qui étudia Schmitt de la manière la plus approfondie fut le philosophe allemand Leo Strauss. Il n’avait rien contre le dogme "ami-ennemi". Toutefois, il estimait que la critique du libéralisme de Schmitt n’était pas assez radicale car elle se cantonnait au domaine du libéralisme. Cette critique, disait-il, ne pouvait être améliorée que si elle atteignait un domaine au-delà du libéralisme. (...) De 1937 jusqu’à sa mort en 1973, Strauss a professé aux Etats-Unis, passant le plus longtemps à l’université de Chicago. Il est devenu le centre d’une école qui se nomme néoconservatrice et qui a fondé sous Bush le Jeune ce que Carl Schmitt avait recherché en vain : l’accès à celui qui détient le pouvoir. »

L’historien Winkler note que « le néoconservatisme américain n’est pas une simple copie de la Révolution conservatrice allemande, mais dans leur schéma de pensée ami-ennemi, ce sont de dignes disciples de Carl Schmitt » qui était, précisons-le, le grand juriste des nazis. L’influence straussienne se manifeste dans la doctrine de frappes préemptives prônée par Bush, qui représente une « rupture révolutionnaire avec le droit international (lui-même forgé en grande partie par l’Amérique) ». Winkler conseille aux Européens d’élaborer en contrepoids leur propre dessein politique qui revalorise les mêmes valeurs que celles sacrifiées par les néoconservateurs américains. Ce dessein alternatif, ajoute-t-il, doit aller au-delà de l’Union européenne sous sa forme actuelle.

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