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La scène politique américaine : frictions au sujet de la guerre en Irak

La rédaction
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Plus l’administration Bush s’enfonce dans une dynamique de guerre contre l’Irak, plus l’opposition à cette guerre prend des formes nouvelles.

Le facteur qualitatif le plus important est l’opposition qui s’affirme dans la population américaine, opposition catalysée par les actions du mouvement larouchiste. La presse régionale, en dehors de Washington, multiplie les éditoriaux critiques contre la dynamique de guerre. Le 25 septembre, la sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, a annoncé que, sur les 10 200 lettres qu’elle avait reçues de ses électeurs au sujet de la perspective de guerre irakienne, seules 200 y étaient favorables. Sa collègue démocrate de l’Ohio, Marcy Kaptur, a déclaré le 26 septembre : « J’ai participé à une grande réunion du Parti à Toledo cette semaine, et en écoutant simplement les gens, on pouvait dire que le pays n’est pas là où se trouve le Président. Ils sont atterrés par l’idée de la guerre (...) Certaines personnes sont venues me voir pour mettre en doute la santé mentale et la capacité de jugement du Président. S’il y avait une menace imminente, ce serait différent, mais ils n’en voient pas . »

Ce qui se passe dans le Tennessee, un Etat du Sud de tradition conservatrice, est particulièrement révélateur. Le bureau du sénateur républicain Bill Frist, lui-même un conservateur pur et dur, a révélé que, parmi les appels qu’il reçoit sur l’Irak, la proportion est de 8 contre 1 contre la guerre.

La pression de la base se reflète dans certains développements extraordinaires au Congrès américain, à un moment où le gouvernement le presse de voter une loi accordant au président Bush « les pleins pouvoirs militaires » pour l’Irak. Le 25 septembre, le dirigeant de la majorité au Sénat, Tom Daschle, du Dakota du Sud, s’est lancé dans une attaque frontale sans précédent contre l’administration Bush depuis l’hémicycle, l’accusant clairement d’utiliser la question de la guerre et de la paix pour faire de la politique politicienne. Il a donné de nombreux exemples de la manière dont les conseillers de Bush et certains membres du gouvernement, y compris le vice-président Dick Cheney, essaient grossièrement d’exploiter cette question pour gagner les élections législatives du 5 novembre. Il a surtout réagi à une accusation du président Bush lui-même, selon laquelle « le Sénat contrôlé par les démocrates ne s’intéresse pas à la sécurité des Américains . »

Daschle, connu pour son calme légendaire, était furieux : « Pas intéressés par la sécurité des Américains ? (...) Vous dites à ceux qui ont combattu au Vietnam et pendant la Deuxième Guerre mondiale qu’ils ne s’intéressent pas à la sécurité des Américains ! C’est un scandale ! un scandale ! Le Président devrait présenter ses excuses aux Américains (...) Il ne faut pas politiser la rhétorique sur la guerre et les questions de vie ou de mort ! (...) Cela doit cesser, M. le Président (...) Il nous faut élever le niveau. Nos pères fondateurs auraient honte de ce qui se déroule maintenant. » Daschle a été épaulé par le président du groupe démocrate à la Chambre, Richard Gephardt (Missouri).

D’autres membres du Congrès commencent à prendre des initiatives contre la guerre. Deux députés démocrates, Jim McDermott et David Bonior, ont annoncé leur intention de se rendre en Irak, et ce sera la première délégation de parlementaires en fonction à le faire, suite à la visite de l’ancien représentant du Congrès de Virginie, Nick Rahall.

Barbara Lee, démocrate de Californie, et 26 autres membres du Congrès, tous démocrates, ont déposé une résolution soulignant l’importance du rôle des Nations unies dans le règlement du problème irakien, rappelant ses réussites passées dans l’inspection des armements entre 1991 et 1998. La résolution met aussi en garde contre les dangers d’une opération militaire, notamment les pertes humaines, aussi bien côté américain qu’irakien. Une telle opération risque de saper les efforts diplomatiques pour résoudre la crise, d’altérer les relations entre les Etats-Unis et les pays musulmans et d’affaiblir la lutte contre le terrorisme. En somme, une action unilatérale coûterait cher en vies, en termes financiers et sur le plan diplomatique. La résolution appelle les Etats-Unis à « coopérer avec les Nations unies dans leur effort pour assurer que l’Irak ne développe pas d’armes de destruction massive, au moyen de mécanismes comme la reprise des inspections des armements, la négociation, l’enquête, la médiation, des arrangements régionaux et d’autres moyens pacifiques . »

Outre l’opposition au Congrès, d’importants représentants des forces armées ont exprimé leurs réserves (cf. nos numéros précédents). Lors d’auditions devant la Commission des services armés du Sénat, le 23 septembre, c’était le tour de l’ancien chef des états-majors conjoints, le général John Shalikashvili, de l’ancien commandant de l’OTAN, le général Wesley Clark, et de l’ancien chef du commandement central, le général Joseph Hoar. Ce dernier s’est référé à sa propre expérience au Vietman, où « notre gouvernement n’avait pas défini la vraie nature de la guerre ». Il a fait remarquer que, si la lutte contre le terrorisme est la priorité numéro 1, « ce n’est qu’une partie de ce que nous devons faire. (...) Ce qui est véritablement en jeu, c’est le coeur et l’esprit d’un milliard de musulmans ». Les Etats-Unis vont devoir regagner leur confiance, terriblement mise à mal au cours des deux dernières décennies par la politique des Etats-Unis et la perception qu’ils en ont. Pour cela, dit-il, il est crucial de « traiter la question israélo-palestinienne et de faire pression sur les deux parties pour qu’elles viennent à la table des négociations ». Hoar a également mis en cause la légitimité des arguments justifiant une attaque de l’Irak, que ce soit concernant de prétendus liens de Bagdad avec le terrorisme que ses capacités réelles en armes de destruction massive. Hoar a mis en garde contre le scénario de cauchemar qui pourrait se déclencher si l’Irak mobilisait ses six divisions militaires lourdes régulières pour défendre Bagdad. Nous gagnerions cette bataille, a-t-il dit, mais au prix de pertes humaines en soldats américains et civils irakiens qui pourrait s’avérer inacceptable.

Dans ce contexte national, le très opportuniste Al Gore, ex-vice-président et candidat présidentiel démocrate de 2000, a accusé le 24 septembre l’administration Bush d’avoir mal utilisé la sympathie envers l’Amérique exprimée après le 11 septembre de l’an dernier, et de « porter sévèrement atteinte » aux intérêts américains sur le plan mondial. Le même jour, l’ancien président démocrate des Etats-Unis, Jimmy Carter, avertissait que la direction prise par la politique stratégique de l’administration Bush représente un « grand danger pour notre pays ». Il y a aussi des divisions à l’intérieur même du camp néo-conservateur, une forte opposition à la guerre venant de Jack Kemp, ancien représentant de l’Etat de New York et candidat vice-présidentiel républicain.

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