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« La tempête à venir »

La rédaction
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Ces derniers jours, Lyndon LaRouche a beaucoup insisté sur le fait que le plus important facteur de la situation mondiale, d’ici l’élection présidentielle aux Etats-Unis, est l’irruption dans le domaine public de la crise économique et financière systémique. On assiste actuellement à une lutte de pouvoir très forte afin de savoir qui contrôlera l’inévitable réorganisation du système financier en désintégration : les « banquiers » vont-ils avoir le dessus, entraînant des conséquences catastrophiques sur les populations et sur l’économie mondiale, ou est-ce la politique de LaRouche, dans la tradition de Franklin Roosevelt, qui l’emportera ?

Curieusement, l’évaluation de LaRouche trouve des échos parmi l’oligarchie financière internationale :

  • Dans son numéro du 17 février, l’Economist de Londres souligne que les marchés financiers internationaux se trouvent dans une situation identique à celle qui précéda la faillite du hedge fund Long Term Capital Management (LTCM), à l’automne 1998. Dans un article spécial intitulé « La tempête à venir », ce même magazine fait remarquer que les grandes banques sont, comme en 1998, très fortement exposées aux paris à hauts risques parce qu’elles ont tenté de pousser les profits vers le haut alors que les investissements traditionnels tels que les bons du Trésor sont peu rémunérateurs. En 2003 notamment, une grande partie des liquidités créées par les banques centrales s’est retrouvée dans les obligations de marchés émergents à forte rémunération et à hauts risques, ainsi que dans des obligations pourries, des produits dérivés hautement spéculatifs et des fonds de pension.

    « N’ont-ils rien appris ? » demande l’Economist. Il suffit de se rappeler ce qui est arrivé à l’automne 1998. « Les paris sont tombés à l’eau de manière spéctaculaire après la cessation de paiements de la Russie, la dérive totale des marchés financiers et la faillite de LTCM, un très grand fonds de pension que les banques ont dû sauver à la demande de la Réserve fédérale. Par la suite, au cours des dîners, les banquiers se livraient à des mea culpa à vous couper le souffle. » Mais il est fort probable que les patrons de plusieurs grandes banques vont bientôt tenir des propos identiques, avant la fin de l’année. « La raison en est simple : il s’agit de l’accroissement rapide du montant des paris bancaires dans le monde . »

    L’Economist cite ensuite Michael Thompson, de RiskMetrics, pour qui la situation actuelle n’est pas « sans ressemblance » avec celle qui a précédé la faillite du LTCM. Tout comme ce fonds à l’époque, les banques prennent d’énormes risques en escomptant que les marchés resteront stables. Selon Thompson, « elles se dirigent rapidement vers le bord de la falaise ».

    Un bon indicateur de l’humeur actuelle est le paramètre dit « valeur à risque » (VAR), par lequel les banques estiment leurs niveaux de risques et le montant de capitaux à provisionner pour y parer. Mais le problème est que tous les modèles pour déterminer le paramètre VAR « sous-estiment largement les effets sauvages des grands chocs, au moment où tout le monde tente, en même temps, d’abandonner ses positions. (...) Il y a nombre de situations explosives potentielles : la chute du dollar, une montée en flèche des prix pétroliers, un grand marché émergent à nouveau en difficulté. Si cela arrive, cette fois, la réaction en chaîne pourrait être particulièrement dévastatrice ».

  • Ces jours-ci, les banquiers sont particulièrement inquiets de la possibilité que d’autres pays suivent l’exemple de l’Argentine, qui se trouve en cessation de paiements sur sa dette extérieure de 90 milliards de dollars, mettant en péril l’ensemble du système du FMI. Le directeur de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, a exprimé ses craintes dans un éditorial du Financial Times en langue allemande daté du 17 février, intitulé « Eviter les catastrophes ». Ackermann, qui est aussi le directeur de l’International Institute of Finances de Washington, a appelé les « investisseurs, les créanciers et les débiteurs souverains dans les marchés émergents » à former une sorte de « partenariat volontaire », afin de « renforcer l’architecture financière internationale ». Il fait remarquer qu’en raison des rémunérations si faibles des obligations d’Etat des pays du G-7, la majeure partie des « abondantes liquidités » sur les marchés boursiers internationaux ont été investies l’année dernière dans des obligations à haut risque et forte rémunération, émises par des pays émergents. « Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter, dit-il, car un resserrement de la politique monétaire et de crédit américaine, ou un événement inattendu sur les marchés financiers, pourraient mener à un renversement de tendance ». « Nous devons avertir tous les participants du marché - qu’ils soient créanciers ou débiteurs », ajouta-t-il. Les investisseurs, créanciers et débiteurs souverains devraient rapidement trouver des accords pour les marchés émergents, afin de minimiser le risque que des événements négatifs ne déclenchent des crises et que ces crises régionales ne fassent boule de neige. Il pense à ce qui s’est passé en 1997 en Asie. Concernant le cas particulier de l’Argentine, Ackermann appelle à un « dialogue véritable et systématique ».
  • La création excessive de liquidités par les banques centrales ces dernières années est un autre détonateur possible de la prochaine catastrophe financière internationale. De façon assez explicite, l’économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), Otmar Issing, a évoqué cette question dans un commentaire paru dans le Wall Street Journal du 18 février, dans lequel il se demande si les banques centrales ne devraient pas « faire éclater la bulle » en haussant les taux d’intérêt. Suivant le consensus actuel, les banques centrales se concentrent sur les indices des prix à la consommation afin d’évaluer le niveau d’inflation, en excluant « par définition, les prix des actifs comme l’immobilier ou les capitaux propres ». Mais « dans des périodes de forts mouvements du prix des actifs, le débat est toujours lancé pour savoir si cette concentration sur les seuls prix à la consommation est appropriée ou non. » Dans certains cas, presque tous les observateurs estiment que le niveau surévalué des actifs n’est pas tenable. Dès lors, que doivent faire les responsables de la politique monétaire ? L’économiste de la BCE note qu’il y a « des arguments de poids pour dire qu’une banque centrale ne devrait pas tenter de "faire éclater la bulle". La hausse des taux d’intérêt requise pour faire éclater la bulle en des temps d’exubérance collective, infligerait d’énormes pertes à l’économie réelle. (...) Mais les banques centrales peuvent-elles simplement laisser les choses en l’état et rejeter toute responsabilité ? »

    Dès qu’ une bulle financière éclate, avertit Issing, « les conséquences pour les banques, les entreprises et les ménages peuvent être gigantesques. (...) La prévention est le meilleur moyen de minimiser les coûts pour la société à partir d’une perspective à long terme. Les banquiers centraux sont confrontés à cette responsabilité, mais il n’y a pas de réponse facile à ce défi. » Elles ne devraient jamais négliger le fait « que, dans l’histoire, la plupart des hausses exceptionnelles des prix des actions et de l’immobilier ont été accompagnées par de fortes expansions monétaires et/ou de crédit . »

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