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La « théorie de la réflexivité » de George Soros : Rien qu’un écran de fumée

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« La théorie de la réflexivité peut expliquer les événements avec une plus grande certitude qu’elle ne peut prédire l’avenir, à la différence de ce que l’on attend généralement d’une théorie scientifique. »

- George Soros, La vérité sur la crise financière, éditions Denoël, 2008

 
Nombreux sont les philosophes et théoriciens du dimanche qui, armés d’un parapluie et d’une trousse de premiers soins Hermes, s’aventurent entre les bourrasques d’un ouragan pour être les premiers sur le terrain à inonder une clientèle désœuvrée d’un flot de paroles sur la fatalité.

Tel est le cas de George Soros, le requin de la finance essayant aujourd’hui de se faire passer pour un philanthrope et qui tente, dans son dernier livre, de cacher son propre rôle ainsi que les causes de l’actuelle crise du système financier mondial.

Rappelons que George Soros est le fondateur du Quantum Fund, l’un des principaux fonds spéculatifs des trente dernières années à l’origine, depuis les Caraïbes et sur les ordres de la City de Londres, des attaques spéculatives contre les monnaies de divers pays (dont la lire italienne, le baht thaïlandais, le ringgit malais et le dollar de Hong-Kong), de même que les matières premières et installations industrielles nécessaires au développement des peuples. Après avoir financé les révolutions ultralibérales dans l’ex-Europe de l’Est et en Asie centrale, Soros s’est plus récemment introduit dans le parti Démocrate aux Etats-Unis, afin d’y détruire les réseaux de Bill et Hillary Clinton et autres défenseurs de la tradition de Franklin Delano Roosevelt.

Le principal objectif de son livre : obscurcir le débat et empêcher la mise en place de mesures semblables à celles décrétées par le Président Roosevelt face à la crise bancaire des années 1930 : « L’histoire ne se répète pas. On ne laissera pas le système bancaire s’effondrer comme en 1932, ne serait-ce que parce que c’est cet effondrement qui a provoqué la Grande Dépression », écrit Soros. Ainsi, pas de mise en redressement judiciaire des banques et pas de nettoyage des actifs fortement surévalués, mais un renflouement en bonne et due forme aux frais du contribuable.

Soros affirme que « la priorité est d’aider le plus grand nombre de personnes à conserver leurs logements », mais il ajoute que « cela vaut aussi bien pour les détenteurs de subprimes [sic] que pour les débiteurs dont les hypothèques excèdent la valeur de leur bien. » La confusion entre les gens menacés d’expulsion et les spéculateurs est évidente. « Les pouvoirs publics seront obligés, en dernière analyse, de recourir à l’argent des contribuables pour stopper la baisse des prix de l’immobilier », explique-t-il quelques pages plus loin.

Il n’est donc pas surprenant d’entendre son protégé Barak Obama affirmer, lors du débat télévisé du 26 septembre avec John McCain dans le cadre de la campagne présidentielle : « Il est certain que la crise va avoir une incidence sur nos budgets, même si on arrive à récupérer les 700 milliards de dollars si les marchés nous le permettent, c’est-à-dire si on garde assez longtemps les actifs pour rembourser les contribuables. C’est ce qui s’était passé lors de la Grande Dépression, quand Roosevelt avait racheté nombre de maisons. Avec le temps, elles avaient pris de la valeur, et l’Etat en avait retiré un profit. Si on a de la chance et si on fait correctement les choses, cela pourrait arriver. »

Obama confond délibérément l’achat de biens physiques - les maisons acquises par l’administration Roosevelt afin d’empêcher les expulsions de masse - avec l’actuel plan de rachat d’instruments financiers pourris proposé par Henri Paulson. Ce plan ne fonctionnera pas, il n’aura aucun effet bénéfique pour l’américain moyen ou le plus démuni, et il ne fera que provoquer l’effondrement du dollar.

D’où l’empressement de Soros à se rendre sur les lieux du drame avec quelques petits gâteaux pour mieux faire passer l’austérité : « L’action de terrain constituera un défi stimulant pour la philanthropie privée, mais son impact et sa portée auraient tout à gagner à une meilleure articulation avec les financements publics, fédéraux ou locaux. Ma fondation soutient ainsi des initiatives locales à New York et dans le Maryland. A New York, nous avons créé le Center for New York City Neighborhoods, cofinancé par la mairie, par des donateurs privés et par le secteur du crédit. (…) Nous avons bon espoir de parvenir à aider jusqu’à 18 000 emprunteurs chaque année. »

Quant à la mise en place de nouvelles réglementations capable de prévenir les actions des prédateurs de la finance, ce n’est pas Soros qui s’en fera le défenseur : « L’octroi de crédit est un processus réflexif par nature, qu’il faut réguler pour en prévenir les excès. Nous devons cependant garder à l’esprit que les régulateurs ne sont pas seulement des êtres humains, mais aussi des bureaucrates, et qu’une régulation excessive peut entraver l’activité économique. Un retour aux règles en vigueur au lendemain de la Seconde Guerre mondiale serait une grave erreur. »

Un spéculateur qui se prend pour un philosophe

Au-delà de ses commentaires sur la crise financière, le fil conducteur de son livre est constitué par ce qu’il appelle sa « théorie de la réflexivité ».

« Je crois que la théorie de la réflexivité est mieux à même d’expliquer la situation actuelle que ne l’est le paradigme dominant [celui de la théorie de l’équilibre des marchés financiers], mais force est de reconnaître que, contrairement à ce dernier, elle ne peut nous offrir de généralisations comme celles que nous proposent les sciences de la nature », explique-t-il. Ajoutons également qu’elle ne peut, et ce n’est certainement pas un hasard, nous aider à identifier les coupables du désastre actuel. Elle n’est donc qu’un écran de fumée.

Reprenant le vieil adage populaire « prendre ses souhaits pour la réalité » pour le transformer en réflexion abstraite sur la condition humaine, il le combine avec les thèses du philosophe allemand Savigny (1779-1861) sur la séparation entre les sciences de la nature et les sciences humaines, pour expliquer la succession ininterrompue des bulles financières au cours des quatre dernières décennies.

S’il est vrai que les spéculateurs ont confondu la réalité avec leurs propres désirs, conduisant à l’émergence de ce que qu’il appelle la « super-bulle », ce n’est pas selon lui pour s’éloigner graduellement d’un éventuel point d’équilibre entre l’offre et la demande, mais pour s’éloigner d’une réalité qui ne peut être malheureusement décrite qu’a posteriori ! « C’est pourquoi la meilleure analyse que l’on puisse faire des marchés financiers consiste à les considérer comme un processus historique » et non pas comme étant régis par un principe général comme celui de l’équilibre, ou tout autre principe déterministe. Les opérateurs se sont tout simplement auto manipulés tout au long de ces années, car leur « fonction manipulatrice » a interféré avec leur « fonction cognitive », les deux composantes de la « réflexivité ». Ce n’est pas la faute de qui que ce soit, c’est inhérent à la nature humaine, car les marchés financiers répondent à des lois propres aux sciences humaines, et non pas aux principes de l’économie physique.

Soros explique que la super-bulle est la combinaison de trois grandes tendances. La première est la tendance de long terme à l’expansion illimitée du crédit ; la deuxième le rythme accéléré de l’innovation en matière financière, lié à l’assouplissement continu de la réglementation ; et la troisième est la mondialisation des marchés financiers. S’il n’a jamais combattu ou dénoncé les décisions à l’origine de cette situation, c’est que les choses étaient trop indéterminées pour qu’il puisse y voir suffisamment clair.

Comment doit-on intervenir dans cette crise ? Soros répond : « L’atmosphère actuelle des marchés financiers est proche de la panique. Les gens veulent savoir ce qui les attend. Je ne peux pas leur dire, parce que je n’en sais rien. Ce que j’ai à leur dire est d’une toute autre nature. C’est de la condition humaine qu’il s’agit. »

Benoit Chalifoux

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