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La thèse du “fraudeur solitaire” remise en question

La rédaction
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25 janvier 2008(Nouvelle Solidarité) - Comme on pouvait s’y attendre, de plus en plus de voix s’élèvent pour mettre en question la thèse du « fraudeur solitaire » invoquée par la Société générale pour expliquer des pertes de 7 milliards d’euros pour l’année 2007.

En effet, journalistes et analystes disent désormais tout haut ce qu’ils ont pensé tout bas lorsque la direction de la Société Générale a révélé au cours d’une conférence de presse à son siège de La Défense, le jeudi 24 janvier, le fait qu’un de ses traders, en prenant des positions frauduleuses, lui aurait fait perdre la bagatelle de 4,9 milliards d’euros.

La conférence de presse avait été particulièrement houleuse, plusieurs dizaines de journalistes incrédules bombardant , pendant près de deux heures les principaux dirigeants de la banque, dont Daniel Bouton, son PDG, de questions gênantes sur le scénario improbable des pertes présenté par la banque.

En effet, comment accorder la moindre crédibilité aux récits des responsables de la Société Générale, alors qu’ils ont avoué ne pas avoir saisi la police ni les autorités judiciaires au moment où ils ont découvert la fraude, et avoir obtenu les aveux du « fraudeur » suite à un ‘debriefing’, mené par eux-mêmes de concert avec le président de la Banque de France, Christian Noyer, et le Président de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Comment croire une seconde à cette histoire rocambolesque, lorsqu’ils nous apprennent qu’après avoir avoué, ce dangereux fraudeur a pu quitter, libre, le siège de la Société Générale, sans laisser d’adresse !

De plus, la théorie du complot a été présentée alors que tout le milieu savait que la Société générale était l’une des banques françaises les plus exposées aux subprimes et aux autres produits financiers « innovants » mis sur le marché par des financiers devenus de plus en plus cupides, et s’attendait donc à ce qu’elle affiche des pertes substantielles.

Dès ce matin (25 janvier), la thèse du « fraudeur solitaire » était remise en question par des analystes. Dans une interview au Parisien, Alain Crouzet, PDG de Montségur Finances, déclara qu’il ne « croit pas à la thèse du trader fou » qui ressemble fort à « un parfait bouc émissaire dans cette période actuelle de crise financière ». « Même quand on est un virtuose du clavier, perdre 4,9 milliards d’euro signifie, comme le confirme la Société générale, avoir accumulé des positions de l’ordre de 40 à 50 milliards d’euros. C’est plus que les fonds propres de la banque. C’est colossal ! » Puis, sur la chronologie : « Quelle coïncidence, quel timing exemplaire aussi », alors que la Société générale s’apprêtait à publier son bilan 2007. « Le scénario est parfait, trop ! »

Les déclarations d’Elie Cohen (CNRS) à l’AFP, sur le scepticisme des « salles de marché » quant à la possibilité qu’un seul individu ait organisé tout cela, ont été largement répercutées sur les sites Internet, de même que celles de Marc Touati de Global Equities sur le fait que si 100 à 200 millions de pertes peuvent être cachées, il est impossible de faire de même avec 5 milliards.

Mentionnons enfin l’intervention de Raymond Soubie, conseiller social de l’Elysée, qui a déclaré à LCI que c’était « très étonnant qu’une seule personne ait pu constituer une position de plus de 50 milliards d’euros", sans être repérée par les systèmes de contrôle, avant d’ajouter diplomatiquement : "puisque la direction de la banque le dit, pourquoi ne pas la croire ». Raymond Soubie a ensuite tenté d’orienter le débat vers un thème cher à la présidence. Selon lui, "il y a peut-être aussi un problème de moralisation financière du capitalisme au-delà même du cas ponctuel, particulier, de la Société générale".

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