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La trompeuse « réforme de Wall Street » d’Obama

La rédaction
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23 avril 2010 (Nouvelle Solidarité) – Jeudi, parlant devant un aréopage de sept cents banquiers et étudiants réunis dans l’auditoire de la prestigieuse université de Cooper Union, située à deux pas de Wall Street, le président Obama a prononcé un vibrant plaidoyer pour l’adoption de son plan de réforme bancaire.

Sur le papier, cette réforme —déjà adoptée à la Chambre des représentants en décembre et actuellement débattue au Sénat— donnera à l’exécutif le pouvoir de démanteler une grande institution financière en difficulté. Elle vise également à standardiser les produits financiers dérivés et à les coter sur des marchés organisés transparents.

Obama a fait un grand numéro. Mis sous pression par la colère populaire qui menace de balayer bon nombre d’élus démocrates lors des élections de mi-mandat, il nous chante désormais la chanson Sarkozy-Guaïno en faveur d’une vaste refondation du capitalisme, via la régulation et la moralisation.

D’abord, il prétend que désormais, « c’en est terminé, l’époque où le contribuable est appelé à renflouer les banques. C’est la vérité, fin de l’histoire. Et personne ne devrait s’y méprendre ». D’ailleurs, une taxe de 0,15% sur les bilans des banques sera imposée pour récupérer chaque dollar dépensé à cet effet.

Obama a ensuite évoque la « règle Volcker » (Proposition de l’ancien directeur de la Réserve fédérale, présent dans la salle, en faveur d’une stricte séparation entre l’activité des banques d’affaires et des banques de dépôt).

Il est également temps d’introduire de la transparence sur les marchés financiers. « Comme vous le savez, ce qui a partiellement conduit à cette crise, c’est le fait que des sociétés comme AIG et d’autres étaient engagées dans des paris énormes et à haut risque, utilisant les produits dérivés et autres instruments financiers compliqués qui défiaient la comptabilité et même le bon sens. En réalité, beaucoup de ces pratiques étaient si opaques, si confuses et si complexes que même les gens des sociétés en question n’y comprenaient rien. Et encore moins ceux chargés de leur surveillance. Ils n’étaient pas pleinement conscients des paris énormes pris. C’est cela qui a amené Warren Buffet à décrire les dérivés vendus et achetés sans surveillance suffisante comme des ‘armes financières de destruction massive’. C’est comme cela qu’il les a appelés. Et c’est pourquoi la réforme permettra de réduire les excès et de garantir que ce type de transactions auront lieu à la lumière du jour ».

Se donnant un air rooseveltien, Obama a conclu en citant un article de Time magazine racontant la stupeur des banquiers apprenant les réformes annoncées… avant de préciser qu’il s’agissait d’une livraison de l’hebdomadaire datant de 1933…

A part le fait qu’Obama fut chaleureusement applaudi par les banquiers présents, y compris le PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein et son numéro deux Gary Cohn, ce qui trouble ici, c’est l’incompétence crasse du président.

Car si le discours peut séduire, cette réforme ne changera en rien la donne. Seuls les imbéciles croiront qu’il suffit de pomper l’eau du Titanic pour en faire un sous-marin. Obama ignore, ou a décidé d’ignorer la faillite systémique que nous vivons. Il est illusoire et dangereux de croire qu’une nouvelle régulation permettra de ramener le système financier à la vie. C’est d’une mise en faillite ordonnée, comme le préconise Lyndon LaRouche, que nous avons besoin. Même Dominique Strauss-Kahn reconnaît que sans éliminer les millions de milliards de dollars d’actifs toxiques des bilans des banques, aucune reprise ne peut avoir lieu.

Si la « règle Volcker », dont l’application reste à définir dans la réforme d’Obama, offre l’illusion d’un retour à la loi Glass-Steagall imposée par Franklin Roosevelt en 1933, Volcker et Obama continuent à mentir que les produits dérivés sont des instruments financiers « légitimes » dont il faut simplement limiter les excès. Obama n’avance aucun projet pour l’économie physique. Il a même décidé de renoncer au programme Constellation, le dernier vestige américain dans le domaine de l’exploration spatiale.

Alors que le grand déballage de « l’affaire Goldman » crée les conditions idéales pour mettre certains spéculateurs en prison, Obama rassure les banquiers en affirmant qu’« au bout de compte, il n’y a pas de ligne de démarcation entre Main Street [l’homme de la rue] et Wall Street. Nous nous élevons où nous sombrons ensemble, comme une seule nation », car « nous devons construire une nouvelle fondation pour la croissance économique, et la réforme de Wall Street est un élément essentiel ».

Comme le note le Huffington Post, l’appel d’Obama pour une relation coopérative avec Wall Street contraste fortement avec celui d’un autre président.

En 1936, Franklin Delano Roosevelt annonçait qu’il « guerroyait contre les vieux ennemis de la paix : les monopoles financiers et d’affaires, la spéculation, les pratiques bancaires sans foi ni loi, l’antagonisme de classe, les profiteurs de guerre (…) Ils commençaient à considérer le gouvernement comme la simple appendice de leur propre business. Nous savons qu’un gouvernement dirigé par l’argent est aussi dangereux qu’un gouvernement dirigé par le crime organisé. Jamais dans l’histoire ces forces n’ont été autant unies contre un candidat comme aujourd’hui. (…) Elles sont unanimes dans la haine à mon encontre – et je m’en réjouis ».


Article : Jacques Cheminade : Banqueroute organisée ou Weimar 1923


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