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La tuerie d’Atlanta et la psychose du « day trading »

La rédaction
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La folie meurtrière qui a entraîné Mark Barton, âgé de 44 ans, à tuer sa famille et à se suicider après avoir tué neuf autres personnes employées dans deux maisons de courtage à Atlanta, en Géorgie, est un symptôme tragique de la psychose de masse liée à la bulle financière qui s’est développée sur les marchés ces dernières années.

Barton se serait effondré psychologiquement après avoir subi une perte de 150 000 dollars en se livrant à de la négociation de particulier ("day trading") sur Internet. Le day trading de titres boursiers, en ayant recours à des agents de change officiant sur Internet, est devenu une obsession de masse à travers les Etats-Unis et plus récemment en Europe, nourrie par l’illusion que les actions ne cessent de monter et qu’un « day trader » habile peut toujours gagner un pari financier.

Selon l’association des « traders » par électronique, plus de 225 000 personnes spéculent à temps partiel par Internet aux Etats-Unis, et on estime à 5 000 le nombre de ceux qui spéculent à plein temps. Le « day trading » est une activité de pur jeu, par définition. C’est la pratique de petits spéculateurs, comme Barton, qui vont sur le marché et achètent un titre donné, (généralement une valeur « high Tech » ou une entreprise liée à Internet cotée sur le marché NASDAQ) qui a donné lieu à cette expression. Le « day tradeur »² détient généralement un titre pendant quelques secondes, au plus quelques minutes, pour profiter d’une variation minuscule sur le prix des titres. Le développement des achats et des ventes de titres sur Internet permet à ce type de négociateur amateur de ne payer qu’une commission réduite de 8 dollars à l’agent de courtage d’Internet. On peut également louer un terminal dans une des salles spécialisées pour les opérations de négoce de titres, dotées de banques d’ordinateurs et de liaison à haut débit facturées à hauteur de 25 dollars par transaction. Il y en a sur tout le territoire américain. Du fait que ces établissements font d’autant plus d’argent que le « day tradeur » fait de transactions, ils poussent à la consommation avec des incitations et des gratuités, comme le casino qui incite le joueur à rester à la roulette moyennant quelques bonus, jusqu’à ce qu’il y laisse tout son argent.

Selon l’entreprise NFO Worldwide, les « day tradeur » font en moyenne 260 paris par année, certains font jusqu’à 100 paris par jour, soit 11 fois plus que ceux d’un agent de courtage professionnel. Pour pouvoir gagner de l’argent dans ce type d’échange très rapide, le « day tradeur » doit faire des paris sur des sommes importantes, il doit donc acheter une grande quantité du titre sur lequel il spécule. S’il joue bien, il empoche un profit. Mais s’il n’a pas fait le bon pronostic, ses pertes, comme pour Barton, peuvent être catastrophiques.

Par ailleurs, afin de pouvoir générer les larges montants en dollars qui s’avèrent nécessaires s’ils veulent maximiser le gain de leur négociation, les « day tradeur » achètent souvent leurs titres en empruntant (via un prêt de marge), c’est-à-dire qu’ils ne paient que 50% du prix du titre au comptant. L’augmentation du montant total de la dette sur marge- celle-ci atteint à ce jour un record de 180 milliards de dollar - vient principalement de l’achat de titres sur le NASDAQ, surtout dans des opérations de négociation de particulier.

Quand le cours des titres de notre négociant monte, il gagne bien plus : avec le prêt sur marge de son agent de courtage, il a en effet acheté deux fois plus de titres que ses fonds personnels ne lui permettaient. Mais si le marché va dans le mauvais sens, le particulier négociateur court un risque fatal. Non seulement il perd son argent, mais il doit en plus faire face aux appels de marge de son broker, dans l’obligation qu’il est de rembourser tout ou partie de son prêt de marge.

Or, les marchés financiers à travers le globe ont plongé ces deux dernières semaines, et l’on peut s’attendre à des contractions bien plus sévères durant les deux prochains mois. Le NASDAQ a particulièrement souffert, avec une chute de 14% au 5 août. Selon les spécialistes de ce marché, la chute sévère du NASDAQ oblige les « day tradeurs » à liquider leurs positions, afin de pouvoir honorer les appels de marge. Cette liquidation à son tour fait baisser encore plus le NASDAQ, amenant un nouveau round d’appels de marge et de liquidations.

Avec la propagation de ce processus dans les semaines à venir, on peut s’attendre à des phénomènes bien plus graves encore que la tuerie du joueur désespéré d’Atlanta. En effet, quelque 43% des ménages américains ont durant les dix dernières années mis leur confiance et une bonne partie de leur épargne sur les marchés boursiers, via des fonds mutuels, des fonds de retraite 401-k ou en tant que « day tradeur ». Avec l’effondrement des marchés boursiers, l’épargne de toute une vie de millions de familles se volatilisera en même temps que les marchés.

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