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La « victoire en Afghanistan » - cinq mois après

La rédaction
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La guerre en Afghanistan a commencé le 8 octobre 2001. Le double objectif était de mettre la main sur Oussama ben Laden, responsable, selon le gouvernement américain, de l’offensive terroriste du 11 septembre, et d’éliminer le réseau al-Qaida et le régime taliban. Six semaines plus tard, le gouvernement des talibans était en déroute et les principales villes conquises, tandis que quelques milliers de combattants talibans et d’al-Qaida (plus 5 000 civils environ) avaient été tués. Informellement, on a déclaré la « victoire » dans la première « guerre du XXIème siècle » représentant une « révolution dans les affaires militaires ».

A l’époque, nous avions averti que la guerre afghane n’était pas finie : la plupart des forces talibanes avaient « disparu » dans la campagne afghane ou au Pakistan alors que des conflits armés et des tensions ethniques se multipliaient en Afghanistan même et dans toute la région.

Aujourd’hui, presque cinq mois après les premiers bombardements, le New York Times et le Washington Post admettent que l’Afghanistan est au bord de l’anarchie. Les deux articles, publiés le 21 février, sont basés sur un rapport secret de la CIA, inquiète du fait que l’Afghanistan risque de sombrer dans le chaos si rien n’est fait pour contenir la rivalité entre chefs de guerre et contrôler les tensions ethniques. Dans sa couverture de ce rapport, le Washington Post met en garde contre le danger que des force américaines s’engagent du côté de certains chefs de guerre contre d’autres.

Le 8 février, le ministre afghan de l’Aviation a été tué à l’aéroport de Kaboul, qui se trouve en principe sous le contrôle des forces de maintien de la paix internationales. Le gouvernement provisoire a exprimé des avis fortement contradictoires sur le meurtre, le Premier ministre Hamid Karzai le qualifiant d’assassinat prémédité, exécuté par des personnalités politiques de haut niveau appartenant à son propre gouvernement, tandis que son ministre des Affaires étrangères Abdallah disait qu’une foule de pèlerins en colère en était responsable. Par ailleurs, des échauffourées entre chefs de guerre rivaux se sont produites à Mazar-e-Sharif, Kandahar, Kunduz, Khost, Alahabad et dans d’autres villes. Et le banditisme a littéralement explosé dans tout l’Afghanistan, des barons de la drogue locaux ayant relancé la production d’opium à une échelle plus vaste. La situation reste très instable, comme en témoignent les nouveaux bombardements américains de cibles afghanes en février et les attaques au mortier contre des bases américaines en Afghanistan, sans parler du rapt et du meurtre de Daniel Pearl, journaliste du Wall Street Journal, au Pakistan.

Lors d’un briefing au Pentagone le 21 février, le secrétaire à la Défense Rumsfeld a esquisée quatre options envisageables :

  1. Les Etats-Unis pourraient envoyer sur place 20 à 30 000 soldats pour rétablir l’ordre dans l’ensemble du pays, en l’occupant de fait, ou un autre pays pourrait s’en charger. En réalité, c’est une mission impossible.
  2. On pourrait diviser l’Afghanistan en zones réparties entre l’Amérique et ses partenaires de la coalition, avec pour mission de les pacifier. Sachant que pour un petit territoire comme le Kosovo, on a déployé 30 000 soldats de l’OTAN, cette proposition n’est pas sérieuse.
  3. Il faudrait former une « armée afghane » pour assurer la paix nationale mais cela prendrait beaucoup de temps, et le succès de cette opérationest loin d’être assuré.
  4. Il faudrait élargir et maintenir la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) sur une base semi-permanente, ce qui revient à l’option 2.

Revenant sur sa position antérieure selon laquelle la présence militaire américaine en Afghanistan serait limitée, Rumsfeld n’exclut plus un déploiement à long terme, bien que peu attrayant. Le général Myers, chef de l’état-major conjoint, a annoncé le 20 février que les forces américaines resteraient en Afghanistan jusqu’à la destruction de toutes les poches de résistance talibanes et d’al-Qaida.

Sur la scène allemande, le ministre de la Défense, Rudolf Scharping, a reconnu le 24 février que 200 soldats appartenant aux unités d’opérations spéciales de la Bundeswehr (KSK) étaient déployés depuis novembre dernier en Afghanistan -en dehors de la mission de l’ISAF. Ce déploiement du KSK avait été tenu secret par le gouvernement allemand dans l’idée qu’il ne durerait que quelques semaines. Mais les combats en Afghanistan s’éternisent et la « victoire éclair » se fait attendre.

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