Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

La visite de Bush en Europe : un rapprochement de façade

La rédaction
visites
816

L’« offensive de charme » de George W. Bush en Europe a fait un four. Contrairement aux rapports médiatiques sur un « nouveau chapitre des relations transatlantiques », les entretiens du Président américain avec les dirigeants de l’OTAN et de l’Union européenne, ainsi qu’avec Jacques Chirac et Gerhard Schröder n’ont débouché sur rien de fondamental au sujet de la politique mondiale. Richard Labevière de Radio France International a parlé d’un rapprochement de façade, sans substance. Avant tout, on a allégrement évité de soulever les vraies crises auxquelles font face les Etats-Unis, l’Europe et le monde : la crise d’effondrement financier et ses ramifications stratégiques. Selon l’évaluation de Lyndon LaRouche, le président Bush, en dépit de ses origines dans l’establishment de la côte Est, a été perçu comme un « péquenot » inculte, dépourvu de toute compréhension des problèmes qui auraient dû dominer ses discussions européennes.

Ses attaques répétées contre l’Iran et son programme nucléaire civil ont offusqué les Européens et les Russes qui poursuivent, actuellement, un dialogue constructif avec Téhéran. Bien qu’il ait traité de « ridicule » la rumeur d’une attaque américaine contre l’Iran, il a dit et répété par ailleurs : « toutes les options sont sur la table ».

En Allemagne, l’aspect le plus remarqué de la visite du Président américain, fut celui des mesures de sécurité extravagantes imposées par le gouvernement américain. Le chancelier Schröder, qui accueillait son invité à l’aéroport de Francfort, a été bousculé par les gardiens de sécurité américains, au moment où il s’approchait. D’importantes parties de l’aéroport avaient été temporairement fermées, six autoroutes ont été interdites aux véhicules, le trafic ferroviaire perturbé, etc. Tout le show autour de la sécurité - 14 000 policiers, 1000 chiens renifleurs, avions de combat et hélicoptères - était destiné à montrer que l’équipe Bush n’avait aucune confiance dans les autorités allemandes. Au lieu de foules venues voir le Président américain, la ville de Mayence était pratiquement vide.

Après une heure et demi d’entretiens, Bush et Schröder ont rencontré les journalistes. Lorsqu’on lui a demandé si lui, comme son père, offrirait à l’Allemagne un « partnership in leadership », il s’est contenté de répondre que celle-ci était « un partenaire ». Quant à d’éventuelles sanctions contre la Syrie, et à savoir si le gouvernement allemand les soutiendrait, Bush s’est référé uniquement à sa discussion avec Chirac sur ce sujet. Pour ce qui est de l’Iran, par deux fois il est sorti de ses gonds, criant : « Nous devons empêcher l’Iran d’avoir accès aux armes nucléaires ! ».

Sommet de Bratislava entre Bush et Poutine : ce qui n’a pas été dit

Le 24 février, George W. Bush et Vladimir Poutine se sont réunis à Bratislava, en Slovaquie. Lors de la conférence de presse conjointe à l’issue des entretiens, le leitmotiv du dirigeant américain reposait sur « le manque de démocratie en Russie ». Son homologue russe, tout en maintenant une apparence amicale, était furieux. Lors d’une interview deux jours auparavant pour la radio et la télévision slovaque, Poutine avait mis en garde contre l’utilisation de la démocratie « afin d’atteindre des objectifs en politique étrangère ou de rendre la Russie amorphe dans le but de manipuler ce pays si grand et si essentiel ». La Russie « reste l’une des principales puissances nucléaires du monde, aux côtés des Etats-Unis. Nous avons des armes nucléaires qu’aucun autre pays du monde, en dehors de l’Amérique, ne possède. (...) Et nous développons notre technologie nucléaire et nos armements dans cette sphère afin d’assurer notre sécurité . »

La rancune du président russe est moins due aux paroles de Bush, qu’aux actes de son gouvernement, notamment en ce qui concerne l’orchestration de la « révolution orange » en Ukraine. Signalons que deux jours auparavant, sous l’insistance de Washington, le président ukrainien, Victor Iouchtchenko, avait été invité à une réunion de dirigeants de pays membres de l’OTAN à Bruxelles. La direction russe sait,de manière évidente, que le « modèle ukrainien » est activement encouragé par le gouvernement américain en Moldavie, au Kirghizistan et au Tadjikistan et à plus long terme, en Biélorussie et en Russie même.

Durant la visite de Bush en Europe, la lettre française de renseignement online, Réseau Voltaire, a consacré deux dossiers aux opérations de déstabilisation soutenues par le gouvernement américain en Biélorussie et en Moldavie. En Biélorussie, une première tentative de déstabilisation avait été déjouée en 2001, car le président Loukachenko, tout en étant strictement autoritaire, a tiré les leçons de l’expérience néolibérale de la Russie et refuse d’imposer des politiques anti-sociales à sa population. Par conséquent, il a gagné sans problème les présidentielles de 2001. Selon le Réseau Voltaire, au cours des derniers mois, une nouvelle tentative de déstabilisation a été lancée mais les résultats du « projet démocratie » ne sont pas escomptés avant au moins deux ans.

Par contre, des résultats en Moldavie pourraient intervenir à court terme. Le président Vladimir Vorovine, issu du parti nominalement « communiste », est un allié de l’administration Bush. Il semble cependant avoir des ennemis à Washington. Le « parti démocrate-chrétien », bien plus petit, de Youi Rousko, jouit d’un financement important et du soutien logistique de la part de « fondations » et organisations-écrans du renseignement aux Etats-Unis et en Europe. Au cours des dernières semaines, les démocrates-chrétiens moldaves ont adopté toutes les tactiques de la « révolution orange » en Ukraine. Bien que leur succès ne soit pas assuré, Freedom House, l’Open Society de George Soros, et le National Endowment for Democracy y mettent tous les moyens, d’après le Réseau Voltaire.

Dans un article paru le 25 février, le Wall Street Journal énumérait les organisations et les individus ayant orchestré les « révolutions » en Géorgie et en Ukraine, qui s’installent désormais au Kirghizistan, où des élections présidentielles ont eu lieu le 27 février. Sous le titre « Dans le pré carré de Poutine, la démocratie se remue - avec l’aide de l’Amérique. Des groupes soutenus par l’Occident offrent un appui à l’opposition », le WSJ a ainsi nommé le département d’Etat et l’USAID, qui offrent du soutien direct et indirect, en finançant des ONG comme le NED, le NDI, l’IRI, l’Open Society de Soros et Freedom House.

Le 24 février, jour de la rencontre entre Bush et Poutine, l’ancien Premier ministre russe Mikhaïl Kasianov a tenu une conférence de presse à Moscou pour dénoncer Poutine sur sa politique économique « hostile au marché », son autoritarisme politique et l’oppression des médias. Kasianov s’est présenté comme le nouveau dirigeant capable d’unir les forces de l’opposition russe - une sorte de « Iouchenko russe ». Il a également révélé qu’il venait de rentrer des Etats-Unis où il avait rencontré des dirigeants politiques et du gouvernement, ainsi que des hommes d’affaires. Kasianov a cependant un problème de taille : son mandat de premier ministre n’a pas laissé de bon souvenir et il n’est pas populaire parmi les Russes.

Contactez-nous !