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Le G20 : une gouvernance planétaire au service des voleurs

La rédaction
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11 avril 2009 (Nouvelle Solidarité) — Au lendemain du G20 de Londres, le grand patron du Figaro, Etienne Mougeotte, écrivait à la « une » de son journal que « les chefs d’orchestre bousculés d’un monde en ébullition ont eu le grand mérite d’écrire à Londres les premières mesures de la symphonie du nouveau Monde ».

Pour lui, comme pour bon nombre de commentateurs, aussi bien de droite que de gauche, « cette réunion est un succès d’où va sortir un nouvel ordre mondial. Nouvel ordre économique fondé sur la régulation et le contrôle international du système financier, mais aussi nouvel ordre stratégique engendré par la fin de l’hyperpuissance américaine. »

Si l’on peut effectivement se féliciter de voir émerger une Amérique plus désireuse d’écouter, de dialoguer et de comprendre le reste de la planète, l’effacement du leadership américain ouvre malheureusement la porte à une domination mondiale peut-être encore plus redoutable, celle des cartels financiers internationaux opérant à partir de Londres, que Lyndon LaRouche appelle l’Empire britannique et ses représentants à Wall Street.

Car une fois admis le danger d’un chaos planétaire, qu’il soit financier, économique, politique ou environnemental, la question est de savoir quelle institution, quelle autorité dispose de la crédibilité, et surtout de la légitimité, pour gagner la multitude à sa raison et à sa loi.

En réalité, « l’incroyable succès du G20 » est la défaite, non seulement des Etats-Unis, mais de la souveraineté de tous les Etats-nations et de la protection qu’ils ont offerte jusqu’ici à leurs peuples.

Le sommet de Londres vient ainsi d’octroyer des pouvoir énormes (art. 17) aux institutions supranationales (FMI, Banque mondiale, OMC, etc.) qui nous ont conduits à la crise actuelle, sans pour autant changer leur direction ni réformer leur fonctionnement, et surtout sans infléchir leur philosophie néo-libérale calamiteuse. « Nous avons été excellents, continuons ! », s’exclament-ils. Le G20 pense même booster l’économie mondiale de 150 milliards de dollars par an, via la reprise immédiate et la conclusion rapide d’une nouvelle salve de dérégulations grâce au cycle de Doha ! (art. 23-24)

Pour « stimuler » l’économie mondiale (comprenez sauver les banques qui sombrent mais refusent d’abandonner leurs produits toxiques), les pays du G20 injecteront 1100 milliards de dollars de liquidités dans le système. Par effet de levier, elles sont supposées mobiliser 5000 milliards de dollars.

De ces 1100 milliards, 250 iront aux agences multilatérales pour soutenir le commerce mondial, c’est-à-dire pour neutraliser « le protectionnisme »,et le FMI verra ses moyens tripler. Il s’agit en particulier de sauver certains pays de la faillite d’Etat et surtout les banques occidentales en volant au secours de leurs filiales en Hongrie, en Islande ou en Ukraine. Pas un mot sur les 30 milliards de dollars d’investissement annuel dans l’agriculture familiale que réclame la FAO pour éloigner l’humanité de la famine grandissante.

Qui paiera ? Si le FMI pourra vendre une partie de son or (6 milliards de dollars), cette orgie de liquidités sera alimentée par la planche à billets (les droits de tirage spéciaux - DTS) et une dette supplémentaire infligée aux contribuables.

Les voleurs continueront à s’auto-surveiller : Mario Draghi, l’ancien vice-président de Goldman Sachs Europe qui dirigeait le Forum de stabilité financière (FSF), prendra la tête du Conseil de stabilité financière (CSF), une coordination de banques centrales généralement pilotée par des banquiers privés.

La mise en scène pathétique organisée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur la question des « paradis fiscaux » ne trompe personne : les quatre paradis fiscaux triomphalement présentés sur la « liste noire » de l’OCDE (Malaisie, Philippines, Uruguay et Costa Rica) ont rapidement pu rejoindre la liste grise des entités coopératives en retournant in extremis le formulaire qu’ils avaient parfois oublié de faire parvenir au siège de l’Organisation à Paris.

« L’ère du secret bancaire est révolue », lit-on dans le communiqué final (art. 15). Pourtant, le plus grand « trou noir » de l’économie mondiale que constitue la City de Londres, la législation opaque en matière fiscale de l’Etat du Delaware ou encore Hong-Kong, Macao et autres lessiveuses d’argent sale, échappent à toute sanction éventuelle puisque les pays dont ils dépendent, à savoir le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Chine, figurent sur la liste « blanche » de l’OCDE !

Si victoire il y a, c’est celle des tenants de l’économie parallèle dont l’argent arrose nos banques. Car si les hedge funds et les paradis fiscaux doivent désormais se signaler de plein gré auprès de la nouvelle gouvernance mondiale, la régulation qu’on leur impose ressemble étrangement à l’ouverture des maisons closes qui, elle aussi, visait à limiter les inconvénients de marchés non régulés au Bois de Boulogne…

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