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Le Parlement européen : « il reste des céréales pour trente jours »

La rédaction
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Le 25 mai 2008 (Nouvelle Solidarité) – Le jeudi 22 mai, en adoptant une résolution non-contraignante, le Parlement européen, avec 485 voix contre 52 (7 abstentions), a fait connaître ses préoccupations sur la crise alimentaire.

Si cette résolution, qui reprend en substance le contenu de trois motions présentées antérieurement, reste un consensus entre des bonnes idées et des idéologies parfois néfastes ou contradictoires (libre-échange et environnementalisme), certains arguments évoqués reflètent clairement l’impact des concepts développées dans la campagne lancée par Mme Helga-Zepp LaRouche depuis le début du mois de mai.

Par exemple, la résolution met une nette emphase sur la sécurité alimentaire, sur la nécessité d’accroître la production et sur l’immoralité de la course folle aux agrocarburants.

Il ne fallait donc point s’étonner que dès le lendemain, Peter Mandelson, le Commissaire européen au commerce, et en charge des négociations entre l’UE et l’OMC, a fortement ridiculisé l’idée même de sécurité alimentaire. Partisan de la ligne dure contre Saddam, malthusien et pessimiste, Mandelson a attaqué dans une tribune de l’International Herald Tribune la position française pour laquelle la PAC reste une source d’inspiration éventuelle pour toutes les régions frappées par la crise alimentaire. Cependant, s’interroge la perfide Albion, « la sécurité alimentaire des uns (la PAC) n’impliquerait-t-elle pas l’insécurité alimentaire des autres ? »

Se montrant critique d’un libre-échangisme irraisonné, la résolution adoptée par le Parlement européen « estime que les pays doivent avoir le droit à la souveraineté alimentaire et à la sécurité alimentaire, et ont le droit de protéger leur marché… » Le texte s’inscrit aussi dans la démarche de certains élus du parti socialiste belge qui, après le scandale de la banque KBC assurance, ont introduit début mai un projet de loi visant à interdire l’offre et la vente de tout produit financier basé sur la flambée des prix des denrées alimentaires.

La résolution affirme notamment que l’assemblée européenne :

« est préoccupée par les effets que la spéculation sur les produits alimentaires de bases, notamment par les fonds alternatifs (hedge funds) de matières premières, engendre pour la faim et la pauvreté ; invite la Commission à analyser l’impact de la spéculation sur les prix des denrées alimentaires et à présenter des mesures appropriées sur la base de cette analyse ; »

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« souligne que l’approvisionnement en denrées alimentaires de toutes les personnes partout dans le monde doit prendre le pas sur tout autre objectif ; souligne que les denrées alimentaires devraient être disponibles à des prix raisonnables, conformément à l’article 33 du traité CE ;

« rappelle la nécessité d’assurer une régulation intérieure et mondiale des marchés agricoles, dans l’intérêt du pouvoir d’achat des consommateurs, des revenus des agriculteurs, des industries de transformation et d’une politique alimentaire durable de l’Union ;

« rappelle que le premier objectif de la PAC est de garantir la stabilité des marchés, la sécurité et des prix raisonnables pour les consommateurs et souligne la nécessité d’une PAC après 2013, afin d’assurer une politique alimentaire durable de l’Union tout en respectant le caractère durable, la sécurité et la qualité des produits agricoles ;

« souligne que les stocks actuels de céréales de l’Union permettraient de tenir 30jours au maximum et se demande si le niveau de nos stocks alimentaires est suffisant, en particulier si des crises devaient se produire ; demande à la Commission d’élaborer des stratégies visant à mettre en place des stocks alimentaires pour prévenir les crises à l’avenir ;

« souligne qu’il convient de donner la priorité aux denrées alimentaires sur les carburants, et que la production de biocarburants doit être liée à des critères de durabilité stricts ; fait observer que ces critères doivent être respectés pour la réalisation des objectifs proposés en matière de biocarburants ;

« admet que le subventionnement par l’Union des cultures destinées à la production de biocarburants ne se justifie plus, mais souligne, en y insistant, que 2 à 3% seulement des terres agricoles de l’Union sont actuellement affectées à ce genre de production et que les médias accusant les biocarburants d’être à l’origine de la crise alimentaire actuelle font preuve d’exagération, du moins en ce qui concerne l’Union ; reconnaît cependant que la politique menée dans certains pays comme les États-Unis, qui consiste à consacrer davantage de terres à la culture du maïs aux fins de la production de bioéthanol, a eu des répercussions sur le prix et la disponibilité du maïs et d’autres céréales sur le marché alimentaire mondial ; »

« invite les États membres de l’Union et la communauté internationale à répondre rapidement à l’appel d’urgence extraordinaire lancé par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et à aider celui-ci à relever les nouveaux défis de la lutte contre la faim ; considère néanmoins qu’il convient de réduire la dépendance à l’égard des opérations d’aide alimentaire et souligne donc la nécessité d’une action à moyen et long terme en vue de prévenir de nouvelles conséquences dommageables et de s’attaquer aux racines de cette crise ;

« demande une augmentation urgente et substantielle des investissements dans l’agriculture, l’aquaculture, le développement rural et l’agro-industrie dans les pays en développement. »

Pour lire l’ensemble de la résolution.

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