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Le « Prince des ténèbres » s’en va

La rédaction
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Richard Perle, couramment appelé le « Prince des ténèbres », est le premier, parmi la cabale des néo-conservateurs autour du vice-président Cheney, à quitter le gouvernement. Dans une lettre de démission remise le 18 février au ministre de la Défense, Donald Rumsfeld, Perle annonçait sa démission du Defense Policy Board (DPB), au motif que ses prises de position personnelles - hautement controversées - risquent d’être interprétées comme étant la politique officielle. « Je ne souhaite pas que ces points de vue vous soient attribués, à vous ou au Président, surtout pas pendant la campagne électorale », écrivait ce fervent partisan du choc des civilisations.

Cependant, les véritables raisons de son départ sont à chercher ailleurs. Dans son numéro de mars 2003, le New Yorker publie un article de Seymour Hersh intitulé « Dîner avec le Président », consacré aux activités de Trireme Partners. Cette société d’investissements dans des entreprises spécialisées dans la Défense a été créée par Richard Perle peu après le 11 septembre. D’autres articles révèlent que Richard Perle recevait des centaines de milliers de dollars, parfois des millions, dans le cadre d’accords commerciaux privés en relation avec les dossiers politiques qu’il examinait au Defense Policy Board, où il avait accès à des documents confidentiels et secrets. Certains accusent Perle d’avoir profité de son poste (non rémunéré) au DPB pour mener des activités potentiellement délictueuses. Par exemple :

  • Soupçon 1 : afin de barrer la route à Airbus qui cherchait à obtenir le contrat d’avions ravitailleurs pour l’US Air Force, Boeing a versé des millions de dollars à certains collaborateurs du Pentagone. Boeing a notamment promis à Perle d’investir pour 20 millions de dollars dans Trireme (Perle a effectivement reçu quelques millions).
  • Soupçon 2 : Trireme a reçu de l’argent de Hollinger International dans le cadre des versements contestés, émis par des proches de Conrad Black, PDG de la chaîne des médias. C’est ainsi que 7 millions de dollars ont été reçus directement et qu’une autre somme estimée à 17,5 millions, aurait été perçue indirectement par Hillman Partners, qui appartient à Greg Hillman, partenaire de Trireme et membre du DPB. Les paiements de Black font actuellement l’objet d’enquêtes de la part de la Securities and Exchange Commission.
  • Global Crossing, le géant des télécoms qui a fait faillite, avait autorisé le versement de 125 000 dollars à Perle afin d’obtenir du Pentagone l’autorisation de rachat du géant par une société chinoise, marché auquel s’opposait le ministère pour des raisons de sécurité nationale. Perle devait recevoir 600 000 dollars de plus s’il réussissait. Après la révélation de cette affaire sordide et la divulgation d’une lettre de Global Crossing le présentant comme membre du DPB, Perle se retira de l’accord, prétendant avoir remis l’argent à des œuvres de charité.
  • Perle est considéré comme proche d’Ahmed Chalabi, dirigeant du Congrès national irakien et chouchou des néo-conservateurs. Le 20 février, le Daily Telegraph et le Washington Times ont publié un même article citant Chalabi qui admettait que le CNI avait fourni de la désinformation pour convaincre l’administration Bush d’envahir l’Irak et de chasser Saddam Hussein.

L’article en question citait plusieurs exemples de désinformation provenant du CNI, comme le fameux cas des prétendus laboratoires mobiles d’armes biologiques, qui n’étaient autre, comme on devait l’apprendre, que des unités mobiles de production d’hydrogène pour ballons-sondes. Cette information avait été fournie par un commandant du renseignement irakien, passé au service du CNI. « Les responsables américains avaient, au départ, trouvé l’information crédible et le transfuge avait été soumis au détecteur de mensonges. Mais lors d’autres interrogatoires, il devint clair qu’il prenait des libertés avec la vérité et qu’il avait été "entraîné par le CNI". Il échoua à un deuxième passage au détecteur et, en mai 2002, les agences de renseignement furent averties du manque de fiabilité de cette information. Mais les analystes ne prirent pas l’avertissement en compte et l’histoire du laboratoire mobile resta fermement établie dans le catalogue des prétendues violations irakiennes, des mois encore après le renversement de Saddam . »

Selon le Guardian de Londres, le président Bush est devenu furieux devant la nonchalance avec laquelle Chalabi reconnut le caractère frauduleux des informations. « En ce qui nous concerne, nous avons remporté un succès total. Notre objectif a été atteint. Le tyran Saddam est parti et les Américains se trouvent à Bagdad. Ce qui fut dit avant n’a aucune importance. » On se demande ce qu’en penseraient les 15 000 morts irakiens ou les 500 soldats américains tués et les 3000 blessés au cours de la guerre d’Irak et de l’occupation.

Il est même allé plus loin : « L’administration Bush cherche un bouc émissaire. Nous sommes prêts à tomber sur l’épée si [le président Bush] le veut . »

Il est vrai, dans un sens, que le CNI « tombe sur l’épée » car, au-delà des mensonges des transfuges irakiens, la source de la campagne de désinformation se trouve bel et bien à Washington, dans la cabale des néo-conservateurs autour de Cheney, dont Richard Perle est l’un des principaux porte-parole.

Dans une discussion avec l’EIR, le lieutenant-colonel d’aviation Karen Kwiatkowski, en poste pendant dix mois au bureau Proche-Orient/Asie du Sud du Pentagone, qui abritait l’Office of Special Plans (OSP), a décrit comment le personnel de ce bureau tenait régulièrement des discussions avec des transfuges irakiens, à l’instigation de Chalabi et du CNI. Pendant que des collaborateurs de la CIA et du renseignement militaire participant aux briefings envoyaient les informations aux analystes pour contrôle et évaluation, l’unité de l’OSP, dirigée par un ancien adjoint de Cheney, William Luti, orientait l’information non vérifiée vers le chef de cabinet du vice-président, Lewis Libby, comme s’il s’agissait de renseignements avérés. Cheney et Rumsfeld ont utilisé ce renseignement fantaisiste pour amener le président Bush, le secrétaire d’Etat Powell et le Congrès à partir en guerre.

Le lieutenant-colonel Kwiatkowski raconte comment Luti se vantait de prendre directement ses ordres de Libby, ce qui constitue une violation sans précédent de la chaîne de commandement du Pentagone. Le bureau de Cheney demandait effectivement à Luti et à l’OSP de trouver n’importe quelle désinformation bonne à vendre la guerre. Il est vrai, dans un sens, que l’on a demandé au CNI « de tomber sur l’épée », car, au-delà des machinations et mensonges des transfuges irakiens, c’est bien à Washington que la décision de faire la guerre a été prise.

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