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Le Sénat américain neutralise une tentative de coup d’Etat

La rédaction
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Le putsch fomenté par le président George Bush et le vice-président Dick Cheney a été mis en échec le 23 mai, grâce à une mobilisation conjointe de sénateurs démocrates et républicains. C’était quelques heures seulement avant que le président du groupe républicain, Bill Frist, tente d’imposer un vote qui aurait permis un changement illégal des règles du Sénat, orchestré par lui-même et par Cheney (en tant que président du Sénat). Ce changement aurait sérieusement affaibli la prérogative du Sénat à faire contre-poids à une présidence hors de contrôle, constituant ainsi une violation flagrante de la Constitution des Etats-Unis. Leur tentative a été neutralisée par un groupe bipartisan de quatorze sénateurs - sept démocrates et sept républicains - emmenés par le démocrate Robert Byrd et le républicain John Warner, qui sont parvenus à un accord permettant d’éviter le déclenchement de l’« option nucléaire ». Le démocrate Daniel Innoye et le républicain Lincoln Chaffee ont également signé l’accord par la suite.

Les signataires républicains se sont engagés à empêcher Cheney et Frist de ramener à la majorité simple (51 voix au lieu des 60 actuelles) le vote sur la levée d’une procédure d’obstruction (filibuster) en ce qui concerne la nomination des juges fédéraux. De leur côté, les démocrates ont accepté de lever l’obstruction en cours pour trois candidatures de juges contestées sur cinq, s’engageant par ailleurs à ne recourir à la procédure de filibuster que dans des circonstances exceptionnelles. Il y a deux semaines déjà, le président du groupe démocrate, Harry Reid, s’était mis d’accord avec son homologue républicain Frist sur un arrangement semblable, mas la Maison-Blanche et le conseiller de Bush, Karl Rove, avaient obligé Frist à refuser tout compromis et à s’en tenir à l’« option nucléaire ».

Dépité, Frist tenta de sauver la face en affirmant que le « filibuster avait été désarmé », ce qui est tout simplement faux. Pour sa part, Lyndon LaRouche s’est réjoui de cet accord, citant les mots prononcés par le sénateur Byrd à cette occasion : « Je me souviens de Benjamin Franklin, le plus vieux signataire de la Constitution des Etats-Unis. Une femme lui ayant demandé [à la sortie de la Convention constitutionnelle] : "Dr Franklin, que nous avez-vous donné ?", celui-ci répondit : "Une République, Madame, si vous savez la garder." Eh bien, nous l’avons gardée ! »

Cet événement constitue une défaite stratégique majeure pour le gouvernement et une indéniable victoire pour la nation, car un groupe bipartisan à l’intérieur du Sénat a jeté le gant à Bush et Cheney sur une question fondamentale ayant trait au fonctionnement du Sénat. Cela s’est passé à un moment critique où l’irrationalité domine de plus en plus à la Maison-Blanche, alors que la nation devrait se préoccuper des questions de guerre et de paix et de l’effondrement économique en cours. « C’est un coup de feu qui sera entendu partout dans le monde », s’est écrié LaRouche, en référence à la fusillade de Boston qui marqua le début de la Révolution américaine au XVIIIème siècle.

Cette victoire des forces au Sénat qui ont défendu la Constitution se situe dans la bataille conduite par LaRouche contre « l’option nucléaire « . Ce dernier avait averti que si Cheney, Frist et compagnie tentaient de passer en force, il faudrait alors fermer le Sénat jusqu’aux prochaines élections. Quelques jours plus tard, LaRouche publia une déclaration, Sauvons notre Constitution, qui fut distribuée massivement à Washington. On a retrouvé des échos de ces mises en garde dans différentes interventions du 23 mai.

Dans ses remarques introductives, Harry Reid fit remarquer que l’enjeu allait bien au-delà de la confirmation de quelques juges. Le gouvernement, poussé par la droite radicale, cherche à se doter d’un pouvoir absolu, non seulement pour ce qui est des nominations présidentielles, mais aussi de lois cruciales comme celle de la privatisation des retraites, affirma-t-il. On en viendrait à « jeter aux orties 217 années d’histoire sénatoriale au profit d’un pouvoir absolu ». Le sénateur Frank Lautenberg accusa Cheney de planifier un « coup d’Etat », tandis que son collègue Joseph Biden insistait sur le caractère anticonstitutionnel de la procédure prévue, tout en fustigeant le mouvement Constitution en exil, auquel appartiennent plusieurs des jugés contestés, et qui considère le New Deal de Roosevelt comme l’équivalent d’une « révolution socialiste ».

L’un après l’autre, les sénateurs démocrates ont évoqué la nécessaire « séparation des pouvoirs » entre les branches exécutive et législative que les pères fondateurs ont consacrée dans la Constitution, confiant au Sénat le devoir de conseiller le Président et d’approuver ou non sa politique. Plusieurs d’entre eux ont noté que la Maison-Blanche voulait s’octroyer des pouvoirs extraordinaires, en vue d’empêcher le Sénat de défendre la population contre un gouvernement décidé à la priver de ses protections sociales, dont la pension-retraite, l’assurance maladie ou la procédure de faillite personnelle, dans le cadre d’une dépression. C’est bien la première fois que l’on débattait dans l’hémicycle du Sénat de la gravité de la crise économique frappant les Etats-Unis.

La défaite du coup d’Etat est une victoire pour LaRouche, le véritable inspirateur de l’action des sénateurs. Il y a quelques semaines, lors d’une discussion avec des collaborateurs de membres du Congrès, LaRouche avait déclaré : « Donnez-moi quinze sénateurs qui sont prêts à agir avec fermeté et à apporter un véritable leadership, et je vous garantis que nous pourrons changer le cours de l’histoire ». La formation d’un groupe bi-partisan de 16 sénateurs le 23 mai montre sa perspicacité, car ils ont mis en échec un gouvernement ayant franchi la ligne rouge, en voulant changer la Constitution pour parvenir à ses fins.

La confirmation de John Bolton toujours bloquée au Sénat

Le 26 mai, le vote sur la nomination du faucon notoire John Bolton au poste d’ambassadeur américain à l’ONU n’a pas eu lieu, la Maison-Blanche et les dirigeants républicains au Sénat n’ayant pu rassembler les soixante voix nécessaires pour clore le débat sur la question. La motion prévoyant d’y mettre fin ne reçut que 56 voix, contre 42.

Après le vote, Bill Frist, le président du groupe républicain au Sénat, a annoncé en quelques mots que le Sénat allait reprendre la discussion après le congé parlementaire du 31 mai (Memorial Day). Le vote pourrait donc intervenir au plus tôt le 7 juin. « Je suis déçu, dit-il plus tard. Il semble qu’on s’oriente à nouveau vers un filibuster . »

Les partisans de la poursuite du débat invoquent le refus du gouvernement de remettre au Sénat certains documents relatifs aux agissements de Bolton alors qu’il était sous-secrétaire d’Etat chargé du contrôle des armements. Ces documents concernent notamment la véracité de certaines de ses déclarations sur les armes de destruction massive syriennes, ainsi que ses tentatives d’espionner d’autres membres du gouvernement et hauts fonctionnaires américains.

Prenant la parole après Frist, le président du groupe démocrate Harry Reid a souligné que le blocage du vote n’était « pas la faute des démocrates. Nous ne voulons pas faire de l’obstruction contre le vote, nous voulons obtenir des informations. » Il espère que le gouvernement va réfléchir et fournir les informations demandées par les démocrates dans les jours à venir.

Le sénateur démocrate Christopher Dodd avait annoncé la veille que lui et le sénateur Joe Biden avaient demandé au « gouvernement de fournir certaines informations cruciales en provenance de la National Security Agency [le renseignement militaire] concernant des écoutes » que Bolton aurait demandées ou consultées, ainsi que « des informations en provenance du département d’Etat à propos de la présence d’armes de destruction massive en Syrie, informations mentionnées dans un discours prononcé par M. Bolton et dans une déposition qu’il entendait soumettre au Congrès. »

Ils souhaitent que ces informations soient divulguées aux membres de la commission du Renseignement ou de celle des Affaires étrangères, ou des deux. « Il est très inhabituel pour un décideur politique de rechercher des informations brutes. Dix-neuf noms d’Américains sont mentionnés dans les dix enregistrements en question. Nous voulons savoir quels sont ces noms et pourquoi M. Bolton recherchait ces renseignements. » N’ayant pas eu de réponse, Dodd vota contre la motion de clôture du débat, qui fut en effet rejetée.

Le sénateur Biden a précisé que, dès que la remise des documents, il autoriserait le vote. Il a « imploré » le gouvernement de ne pas lui refuser ces informations, faisant remarquer que même les collaborateurs du bureau de Bolton y avaient tous eu accès... contrairement au président du groupe républicain au Sénat.

Le sénateur démocrate John Rockefeller déclara : « En tant que vice-président de la commission du Renseignement au Sénat, je m’oppose à la nomination de John Bolton au poste d’ambassadeur à l’ONU. Je signale à dessein ma position à la commission du Renseignement, car les tentatives de manipulation et d’usage abusif du renseignement de la part de M. Bolton constituent la raison fondamentale de mon opposition à sa nomination . »

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