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Le Sénat s’intéresse à Halliburton

La rédaction
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Parmi les nombreux « flancs faibles » du vice-président Cheney, figurent ses liens avec la société Halliburton, dont il était le PDG avant d’être élu à son poste actuel. Les malversations de ce géant de l’approvisionnement militaire, du bâtiment et des services pétroliers font l’objet d’enquêtes officielles dans le Congrès américain, au Nigeria et même au Koweït.

Les profits qu’Halliburton tire de la guerre en Irak ont été le sujet d’une audition, le 13 février, devant la Democratic Policy Commission (DPC) du Sénat. Henry Bunting, un ancien employé qui a travaillé 15 mois au Koweït, jusqu’en août 2003, a décrit les pratiques d’achat de la firme dans ce pays et en Irak. On lui disait qu’il ne fallait pas s’occuper des prix, mais seulement remplir la commande. En outre, on répartissait les contrats en plusieurs parties, pour ne pas dépasser la barre des 2500 dollars, montant au-delà duquel, suivant les règles du Pentagone, il faut demander un devis à deux fournisseurs au moins. Bunting déclara avoir constamment reçu des instructions en ce sens. Autre exemple qu’il a cité : 2500 serviettes de toilette pour un centre de loisirs militaire à Bagdad, achetées au prix initial de 1,60 dollar chacune, ont été revendues le triple après qu’Halliburton y ait ajouté un monogramme avec le logo KBR, ce qui en faisait des serviettes « de qualité ». Par ailleurs, Halliburton loue des centaines de véhicules au prix astronomique de 7500 dollars par mois, comme des véhicules utilitaires, des fourgonnettes et des camions.

Lors de l’audition, le sénateur démocrate Frank Lautenberg s’est appuyé sur le rapport qu’il avait commandé au Congressional Research Service, démontrant que le salaire différé que Cheney reçoit d’Halliburton constitue un intérêt financier ininterrompu dans la société. Il affirma aussi que son équipe avait découvert des documents montrant qu’Halliburton avait fait des affaires illégales avec l’Iran dans les années 90, lorsque Cheney en était PDG. Lautenberg a demandé à trois reprises à la commission des Affaires gouvernementales du Sénat d’enquêter sur les contrats d’Halliburton, mais le président de la commission (un républicain) n’a pas daigné répondre à ces demandes.

Pour le sénateur démocrate Richard Durbin, la surfacturation du gouvernement par Halliburton constitue une menace à la sécurité des troupes américaines en Irak. Il a calculé que le montant surfacturé par Halliburton sur les fameuses serviettes suffirait à acheter une douzaine de gilets pare-balles et que le prix exorbitant de la location d’un véhicule pendant 4 mois suffirait à blinder un véhicule humvee. Le sénateur Durbin accuse aussi les dirigeants parlementaires républicains de complicité avec Halliburton dans la mesure où ils refusent toute audition sur le sujet.

Un certain Jeffrey Jones a également témoigné. Ancien directeur du Defense Energy Support Center (DESC), organisme chargé de l’achat et de la gestion des fournitures de carburants utilisées par l’Armée partout dans le monde, il ne comprend pas comment le carburant acheminé par Halliburton du Koweït en Irak peut coûter 2,65 dollars le gallon.

Par ailleurs, 35 parlementaires ont envoyé une lettre au ministre de la Justice John Ashcroft, lui demandant de nommer un procureur spécial pour enquêter sur les accusations selon lesquelles Halliburton aurait créé une Société écran entretenant un commerce illégal avec l’Iran et d’autres pays que l’administration Bush-Cheney qualifie d’« axe du mal ». Le député démocrate William Delahunt a précisé : « Comme cette société a été dirigée par l’actuel vice-président, qui est toujours rémunéré par Halliburton, une enquête adéquate nécessite la nomination d’un procureur spécial (...) tout comme [le ministre de la Justice] l’a fait à propos de la divulgation par la Maison-Blanche du nom d’un agent de la CIA. (...) Il en va aussi de la crédibilité des Etats-Unis. Comment les autres pays du monde pourraient-ils nous prendre au sérieux si une société américaine peut enfreindre nos propres lois relatives au commerce avec des Etats voyous ? »

Le 26 février, le parlement nigérian ouvrira une procédure d’enquête sur les 180 millions de dollars de pots de vin que Halliburton et Nigeria Liquefied Natural Gas (NLNG) sont accusés d’avoir versés à de hauts fonctionnaires en contrepartie de contrats lucratifs. Cette enquête fait suite à une motion votée le 11 février par le Parlement, chargeant la commission des Requêtes publiques d’examiner cette affaire, suite à la plainte de Bestman C.N. & Co qui accusait l’Assemblée nationale de complaisance en la matière.

Entre-temps, le Parlement koweïtien a créé une commission pour enquêter sur la corruption en relation avec des contrats passés aussi par Halliburton. Cette commission, composée de cinq personnes, sera chargée de déterminer si des Koweitiens se sont enrichis l’année dernière grâce à la surfacturation du pétrole livré à l’armée américaine.

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