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Le « boom » du déficit du compte courant américain

La rédaction
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Le 13 septembre, le département du Commerce a publié des chiffres sur le compte courant des Etats-Unis pour le deuxième trimestre (commerce total, services et transactions financières). On constate un nouveau déficit record de 106,1 milliards de dollars. Ce déficit est supérieur de presque 5 milliards au précédent record, atteint au premier trimestre 2000, soit 101,5 milliards de dollars. A ce rythme, les Etats-Unis pourraient atteindre un déficit annuel du compte courant de 420 milliards de dollars ou plus. La hausse du déficit du compte courant depuis deux ans est frappante : de 220,6 milliards en 1998, il est passé à 338,9 milliards de dollars en 1999.

Il faut noter que le taux d’accroissement du volume d’actifs américains appartenant à des étrangers - c’est-à-dire la quantité d’argent étranger entrant aux Etats-Unis pour couvrir le déficit - se ralentit, principalement du fait que les investisseurs privés internationaux bradent des bons du Trésor américains. La quantité d’actifs américains appartenant à des étrangers (y compris l’achat d’actions et d’obligations, et l’investissement direct dans les sociétés d’affaires et l’immobilier) a augmenté de 222,7 milliards de dollars, par rapport à la hausse de 235,5 milliards de dollars au trimestre précédent.

On peut supposer que ce ralentissement relatif des afflux financiers de l’étranger pendant le deuxième trimestre a amené le Trésor américain de Larry Summers a orchestré une nouvelle crise de l’euro. Après être resté relativement stable de la mi-mai à août, se maintenant au-dessus de 0,90 pour un dollar, l’euro a plongé depuis vers de nouveaux planchers de 0,85-0,86 pour un dollar.

Si l’afflux record d’argent étranger aux Etats-Unis cesse, la bulle financière américaine - et avec elle le « boom » de l’économie américaine lié à la dette - éclatera presque immédiatement, comme Lyndon LaRouche l’a déclaré à de nombreuses reprises. (Le taux d’épargne des particuliers aux Etats-Unis est tombé à - 0,2 % en juillet - niveau le plus bas depuis que le gouvernement a commencé à l’enregistrer dans ses statistiques en 1959).

Même le directeur de la Réserve fédérale de Chicago, Michael Moskow, a dû admettre à la réunion annuelle de l’Association nationale pour l’économie des affaires, le 12 septembre :

« Notre déficit du compte courant est sans précédent. En taux annualisé, il s’élève à plus de 4 % du PIB (...) Il doit certainement y avoir une limite à la quantité d’épargne mondiale que notre économie peut réclamer. Et qu’arrivera-t-il si la rentabilité des investissements américains tombe à des niveaux plus normaux ? Il est possible que les étrangers ne veuillent plus financer notre déficit du compte courant au niveau qui prévaut actuellement. » Selon les données du Fonds monétaire international (FMI), les exigibilités étrangères sur les actifs américains ont désormais atteint les 6.500 milliards de dollars.

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