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Le dilemme de Rove : « Débarrassez-vous de Cheney ou pliez bagages »

La rédaction
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Le vice-président Dick Cheney est devenu un tel handicap pour la campagne de Bush que de plus en plus de pressions s’exercent sur Karl Rove, le conseiller électoral du Président, pour qu’il s’en débarrasse. Selon les termes d’un stratège du Parti républicain, il s’entend dire : « Retirez Cheney du ticket ou pliez bagages . »

Le nouveau livre de Bob Woodward, Path to War, montre bien pourquoi le vice-président est devenu un handicap pour Bush. Concernant la décision de l’administration Bush d’envahir l’Irak, selon le rapport de ce journaliste du Washington Post, Cheney a été l’architecte « fébrile » du fiasco. Alors que Bush avait longtemps hésité sur la décision à prendre, peu convaincu par les briefings de la CIA sur les stocks d’armes de destruction massives (ADM) de Saddam Hussein, Cheney était arrivé à la Maison-Blanche en janvier 2001 déjà convaincu que la tâche prioritaire du nouveau gouvernement, en matière de sécurité, serait le renversement du régime irakien.

Cheney a négligé le mandat que le Président lui avait confié en mai 2001, consistant à prendre en charge, au niveau de l’administration, le contre-terrorisme et la sécurité du territoire national. Il s’avère qu’au cours du printemps et de l’été 2001, Cheney a simplement ignoré tous les éléments de preuve que lui présentaient la CIA et le FBI sur le danger d’une attaque terroriste majeure contre des cibles sur le territoire des Etats-Unis. Selon le témoignage de Richard Clarke, ancien chef du contre-terrorisme du Conseil national de sécurité, devant la Commission sur le 11 septembre, Cheney n’a convoqué aucune réunion de sa commission sur le contre-terrorisme avant les attaques du 11 septembre. La question se pose dès lors : a-t-il délibérément laissé venir les attaques ?

En avril, après trois jours d’auditions publiques, de nombreux membres de la commission du Congrès en sont venus à la conclusion - dévastatrice pour la présidence Bush - que les attaques du 11 septembre 2001 auraient bel et bien pu être évitées si de hauts responsables de l’administration avaient agi autrement. Le Washington Post du 17 avril rapporte en première page cette accusation de membres de la Commission, à côté d’un article sur le livre de Woodward et ses attaques contre Cheney.

Lorsque, fin 1999, on craignait des attentats à l’occasion des célébrations du nouveau millénaire, le président Clinton que les républicains accusent d’avoir été mou avec le terrorisme, a justement fait ce que Bush et Cheney ont refusé de faire. Le gouvernement Clinton et les responsables de toutes les entités chargées des questions de sécurité, FBI, CIA et d’autres agences, se sont réunis tous les jours pour avoir la meilleure efficacité possible et malgré tous les obstacles bureaucratiques. Au moins quatre grands complots terroristes ont ainsi été neutralisés.

Lyndon LaRouche a exprimé son accord avec les membres de la Commission, qualifiant de « tout à fait révoltant » ce qui s’était passé au cours de l’été 2001 : on négligea totalement les systèmes de sécurité, tandis que Bush était en vacances et que Cheney ne se préoccupait que du renversement de Saddam Hussein. Si, au contraire, le Président avait alerté le pays, si on avait mobilisé à tous les niveaux la police et les services de renseignement, LaRouche estime qu’on aurait eu de bonnes chances d’empêcher les attentats - car ils seraient devenus trop risqués.

A l’époque, LaRouche a effectivement fait ce que la Commission reproche à la Maison-Blanche de n’avoir pas fait : le 24 août 2001, il a rédigé une déclaration, diffusée à des millions d’exemplaires, avertissant du danger d’attentats terroristes imminents contre Washington en septembre !

Le 29 avril, Bush et Cheney comparaîtront ensemble devant la Commission, toutefois à huis clos et sans avoir prêté serment. Lors de sa conférence de presse de la mi-avril, le président Bush avait refusé à plusieurs reprises de répondre lorsqu’on lui demandait pourquoi il témoignait avec Cheney. Le refus d’autoriser certains témoignages et de communiquer des documents à la Commission a conduit de nombreux membres de cette dernière, républicains et démocrates, à en déduire que Bush et Cheney ont quelque chose à cacher.

Il semble que ce soit Cheney qui ait refusé que Condoleezza Rice soit entendue par la Commission. Il est vrai que, sur une tout autre affaire, il s’obstine à ne pas remettre au Congrès les documents concernant les travaux du groupe sur l’énergie qu’il présidait par ailleurs. Le seul document communiqué jusqu’à présent montre une carte des concessions pétrolières irakiennes - ce qui renforce le soupçon selon lequel ce groupe était moins préoccupé par l’indépendance énergétique que par la guerre, le renversement de Saddam Hussein et la mainmise sur les vastes réserves de pétrole irakien pour le compte des compagnies américaines. Dans la logique de Cheney, si Condoleezza Rice devait témoigner devant la Commission sur le 11 septembre, cela compromettrait son droit de refuser de coopérer avec l’enquête sur la politique énergétique.

Le 18 avril, interviewé à l’émission « 60 minutes » de CBS, Bob Woodward a fustigé Cheney pour avoir entraîné les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, sur des bases qui sont largement discréditées, comme les liens entre l’Irak et le 11 septembre, ainsi que les prétendues ADM. Par ailleurs, il donne de nombreux exemples des interventions du vice-président dans son livre, qui se base sur des entretiens avec au moins 75 personnes du gouvernement ou proches de lui. En fin de compte, c’est Cheney qui avait le plus facilement accès au Président et il en a profité pour le convaincre de partir en guerre, alors qu’il existait des alternatives pour désarmer l’Irak et même pour mettre fin au régime de Saddam Hussein.

Cheney a aussi été l’architecte de ce que le secrétaire d’Etat Colin Powell a décrit comme un « gouvernement parallèle », siégeant dans le bureau du vice-président et au Pentagone, et comprenant - pour reprendre encore une fois l’expression de Powell - Wolfowitz et « la gestapo de Feith ».

Il semble que, dans les rangs républicains, la révolte gronde à cause du bourbier irakien, du soutien aux plans criminels d’Ariel Sharon et de la mainmise des néo-conservateurs, à commencer par Cheney, sur le gouvernement. Dans son édition du 20 avril 2004, la lettre d’informations The Big Picture fait état de cette colère. L’éditeur Richard Whalen écrit : « Bush I a perdu en 1992 lorsque la base conservatrice et républicaine divisée s’est contractée à cause des défections et de l’abstention. Un sort similaire attend Bush II, qui est en passe de perdre la base électorale de Reagan et celle des modérés. Le stratège en chef, Karl Rove, parle avec légèreté, en privé, d’attirer plus de chrétiens évangéliques, mais il surestime leur nombre et sous-estime leur déception dans le domaine économique face à la "reprise sans emplois" de Bush. Nos sondages auprès de républicains et d’indépendants à travers le pays révèlent une désaffection et une insatisfaction croissante envers Bush, une colère à cause du "détournement" du Parti républicain par les néo-conservateurs va-t-en guerre, et un engagement moindre à voter loyalement pour le ticket républicain. A mesure que s’accroît le sentiment anti-guerre au centre-droit de l’échiquier politique américain, surtout chez les militaires à la retraite, les élus républicains risquent à tous les niveaux de subir les conséquences de la colère contre Bush . »

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