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Le dilemme polonais

La rédaction
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Le nouveau gouvernement polonais, qui fait face à un déficit budgétaire gigantesque de quelque 22 milliards d’euros, semble emprunter une direction revenant à faire du pays une « deuxième Argentine ». Il y a un mois, les partis de la nouvelle coalition au pouvoir (le SLDP ex-communiste et son partenaire, le Parti paysan PSL) ont présenté un projet de loi qui vise, en substance, à réduire l’indépendance de la Banque centrale polonaise et constitue une attaque contre la politique de « stabilité » monétariste du gouverneur de la Banque centrale, Lecezk Balcerowicz.

Dans une lettre envoyée au conseil politique de la Banque centrale, le Premier ministre Leczec Miller (SLD) a sollicité une réunion avec les responsables de la Banque le 12 janvier pour discuter du projet du loi. Ce texte prévoit d’« étendre le mandat » du Conseil de la Banque centrale pour l’obliger à combattre le chômage et à promouvoir la croissance économique.

Ce débat souligne le dilemme dans lequel se trouve le pays : du temps de Balcerowicz, la Banque centrale cherchait à maintenir des taux d’intérêt élevés dans le but d’« assurer la stabilité monétaire » et de garantir un « zloty fort » dans la perspective de l’entrée de la Pologne dans l’UE, en 2004. Les taux d’intérêt élevés sont aussi considérés comme un moyen d’amener les investisseurs financiers étrangers à acheter des titres gouvernementaux (au regard du déficit budgétaire élevé). Mais, conjugués avec le « zloty fort », ils dépriment plus encore l’économie intérieure déjà en déclin. Les exportateurs polonais, qui pâtissent déjà de la contraction de la demande d’importations aux Etats-Unis et en Europe, sont particulièrement affectés par cette politique de zloty « fort ».

Ces tentatives d’obliger la Banque centrale à baisser les taux d’intérêt et à « affaiblir » le zloty, dans l’espoir de stimuler l’économie intérieure et de promouvoir à leur tour les exportations, portent atteinte à une condition clé posée à l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne - « engagement inébranlable » de toutes les élites polonaises jusqu’à ce jour.

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