Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Le facteur californien dans la politique américaine

La rédaction
visites
948

En Californie, la lutte qui oppose les partisans du gouverneur Gray Davis à ceux qui veulent organiser un référendum pour obtenir sa révocation et le remplacer par Arnold Schwarzenegger, est un enjeu déterminant pour l’avenir du Parti démocrate et, par conséquent, pour l’issue des élections présidentielles de 2004. En dehors de l’Etat, les deux grandes figures démocrates qui appartiennent au premier camp sont l’ancien président Bill Clinton et Lyndon LaRouche.

Le gouverneur Davis, dont la carrière était considérée comme définitivement finie après l’annonce de la candidature du Terminator, a cependant tenu un discours dynamique et combatif le 19 août à l’université de Californie, à Los Angeles (UCLA). Il a infligé plusieurs « directs » aux réseaux néo-conservateurs à l’origine du recall vote (référendum sur la révocation de son mandat), les désignant notamment comme responsables de la crise énergétique nationale - devenue particulièrement flagrante avec la panne gigantesque du 15 août dans le nord-est du pays - et de la crise économique qui s’est déjà répercutée dans le budget de 47 Etats.

Davis a critiqué les cartels énergétiques de Houston qui ont pillé son Etat grâce à la loi sur la dérégulation signée par son prédécesseur, Pete Wilson. Rappelant la crise de 2000-2001 qui s’est traduite par des coupures de courant tournantes et par une hausse invraisemblable des prix de l’électricité, le gouverneur démocrate a déclaré : « J’ai hérité du plan de dérégulation énergétique qui nous a mis à la merci des grands producteurs d’énergie. Nous n’avons reçu aucune aide du gouvernement fédéral. Au contraire, lorsque je me battais contre Enron et les autres sociétés énergétiques, [les représentants de] ces mêmes entreprises s’asseyaient aux côtés du vice-président Dick Cheney pour élaborer une stratégie nationale de l’énergie. » (Il paraît qu’au plus fort de la crise énergétique, Schwarzenegger a rencontré Kenneth Lay, à l’époque PDG d’Enron, au cours d’une réunion dont le contenu n’a pas été rendu public.) Le gouverneur a ajouté que les enquêtes fédérales sur la crise en Californie ont « établi que l’Etat avait été la victime d’une fraude massive ».

Bien avant que la Californie ne soit ravagée par la folie ultra-libérale, LaRouche avait déclaré que la dérégulation était en réalité un moyen pour les néo-conservateurs de réaliser la « destruction créatrice » de l’Etat industriel moderne. En effet, la dérégulation de l’énergie a accéléré le processus de désindustrialisation lancé en Californie il y a 25 ans, avec la « proposition 13 », c’est-à-dire une baisse des impôts adoptée par référendum et qui s’est traduite par une réduction drastique des budgets des pouvoirs publics. A la suite du pillage opéré par les cartels énergétiques, l’Etat s’est retrouvé avec un déficit de 38,2 milliards de dollars, qui servit de prétexte aux néo-conservateurs pour exiger la suppression de certains programmes du gouverneur visant à améliorer les soins médicaux, l’éducation et l’infrastructure. Bref, la déconstruction de l’Etat s’est poursuivie.

Cette consultation organisée sur la révocation du mandat du gouverneur constitue aussi une attaque néo-conservatrice contre le gouvernement représentatif. Elle s’appuie sur un discours populiste dirigé contre des « intérêts particuliers » qui volent l’argent de « l’honnête citoyen qui travaille » pour le donner à des « fainéants » qui ne le méritent pas. Ainsi la Proposition 187 (soutenue par Schwarzenegger) attaquait les immigrés comme étant la cause de la hausse des impôts. C’est la même base qui a soutenu cette proposition raciste qui s’est mobilisée pour signer les pétitions en faveur du recall vote.

Entre-temps, l’on commence à mieux connaître les « intérêts particuliers » qui soutiennent Schwarzenegger. Outre l’ancien gouverneur Pete Wilson et son conseiller économique George Shultz, véritable gourou du camp néo-conservateur, on trouve le spéculateur Warren Buffett, qui a présenté le « gouvernator » à lord Rothschild en septembre 2002. Cette rencontre a eu lieu au cours d’une réunion d’« initiés » qui discutaient de plans de guerre contre l’Irak, de changements de régime en Syrie, en Iran, en Arabie saoudite, etc., ainsi que des mesures d’urgence à prendre lorsque les marchés spéculatifs s’effondreraient.

Le 21 août, Lyndon LaRouche a de nouveau insisté sur l’importance stratégique de ce référendum vis-à-vis de la politique nationale et internationale. Son résultat aura des répercussions majeures sur la bataille contre la dérégulation et les forces qui en sont à l’origine, en particulier Dick Cheney et la société Halliburton. Il semble, d’après ses dernières déclarations, que le gouverneur Davis soit conscient des enjeux. S’il parvient, grâce au soutien de Clinton et de LaRouche, à se maintenir à son poste, ce sera un coup très dur infligé au Democratic Leadership Council, le groupe qui a mis la main sur la direction du Parti démocrate et qui soutient l’agenda du parti de la guerre. Ceci montrerait également aux véritables démocrates, héritiers de la tradition de Roosevelt, que les néo-conservateurs ne sont pas invincibles, changeant ainsi complètement les perspectives de l’élection de 2004.

Contactez-nous !