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Le fiasco vénézuélien et le chaos politique à Washington

La rédaction
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Le 12 avril à l’aube, un coup d’Etat militaire et civil au Venezuela a conduit au renversement du président Hugo Chavez. Quarante-huit heures plus tard, dans la plus grande confusion, ce dernier reprenait le pouvoir. Ce coup d’Etat manqué, mené avec la bénédiction de Washington, a provoqué un tumulte général dans les dix-neuf pays membres de l’Organisation des Etats américains (OEA) qui, réunis les 11 et 12 avril au Costa Rica, ont catégoriquement refusé de soutenir Pedro Carmona, le remplaçant désigné de Chavez.

Dans un message adressé à une conférence mexicaine le 16 avril, Lyndon LaRouche a déclaré : « La manière dont les Etats-Unis ont géré ce coup et ce contre-coup d’Etat - et tout politicien un peu informé sait cela - montre qu’à Washington, la présidence des Etats-Unis ne gère pas de façon compétente ses propres décisions politiques ! Quelqu’un a monté ce coup d’Etat avec la bénédiction américaine, après des négociations en Floride - comme d’habitude. (...) Mais ça s’est retourné contre lui. Quelqu’un à Washington s’est rendu compte que cela ne marchait pas, alors on a accepté et soutenu un contre-coup d’Etat ! Que penser d’un tel gouvernement ? »

En fait, pour LaRouche, le gouvernement américain travaille dans la « confusion ». Il est incapable de mettre en oeuvre une politique efficace dans quelque domaine que ce soit et, en conséquence, dans le contexte d’effondrement du système monétaire et financier international, il ne pourrait qu’aggraver la crise. On ne voit aucun signe de rationalité sur ce sujet venant du gouvernement américain, quel que soit la faction.

Cette analyse est partagée par bien d’autres observateurs internationaux qui ont qualifié les événements au Venezuela de « grand fiasco pour les Américains ». Il montre aux Ibéro-Américains et aux autres à quel point ce gouvernement est « inepte », « irréfléchi » et « incapable ». De fait, personne ne sait qui fait quoi à Washington.

Au Venezuela même, depuis son accession au pouvoir en 1999 avec le soutien de Wall Street, Chavez applique des politiques néolibérales ainsi qu’un programme d’austérité imposé par le FMI. Ceci a plongé le pays dans une grave crise politique et économique - similaire à celle de l’Argentine - qui a culminé avec une grève générale le 11 avril. A Caracas, plus d’un demi-million de Vénézuéliens, toutes classes sociales et générations confondues, ont participé à une manifestation qui s’est rendue devant le Palais présidentiel de Miraflores pour exiger la démission du Président.

La grève générale, lancée par la Fédération vénézuélienne du travail (CTV) et la Fedecamaras, principale fédération d’entrepreneurs, était soutenue par plus de quarante organisations civiles et partis politiques d’opposition. Le mot d’ordre de cette action, lancée en soutien à la grève des travailleurs et des cadres de la compagnie pétrolière nationale Petroaleos de Venezuela, était le respect de droits élémentaires comme la démocratie, la tolérance politique et la liberté d’expression.

Lorsque les manifestants se sont approchés du Palais présidentiel, où s’étaient amassés des sympathisants de Chavez, des tireurs embusqués dans des bâtiments aux alentours ont tiré sur la foule, tuant au moins dix personnes et en blessant des centaines. C’est alors que les forces militaires anti-Chavez, dirigées par le vice-amiral et chef d’état-major de la Marine, Hector Ramirez Perez, ont publié un message à la nation demandant à Chavez de se retirer. Le chef de l’Armée, le général Vasquez Velasco, et d’autres membres du Haut Commandement firent porter sur Chavez la responsabilité des morts, demandant sa démission et invoquant deux articles de la Constitution en vertu desquels les forces armées sont appelées à garantir l’ordre constitutionnel et à proclamer le droit à la rébellion contre le gouvernement, au cas où ce dernier enfreint cet ordre constitutionnel. Ils prétendaient qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’Etat mais qu’ils défendaient simplement cet ordre. Quelques heures plus tard, le président de la Fedecamaras, Pedro Carmona, était désigné Président par intérim, et dans les heures qui suivirent, l’administration Bush accordait son soutien au nouveau gouvernement.

On assista alors à un coup d’Etat dans le coup d’Etat. Dans le camp de Carmona, des forces proches de réseaux de l’Opus Dei et de la Société du Mont-Pèlerin, ainsi que du milliardaire Cisneros, tentèrent de s’imposer au gouvernement Carmona avant même son entrée en fonctions. Avec le soutien de certains éléments du gouvernement américain, ce groupe espérait détourner le coup d’Etat contre Chavez afin d’éliminer toutes les forces favorables à une véritable politique nationale.

Ceci a fourni aux forces de Chavez l’occasion de revenir au pouvoir, après le rejet à l’unanimité du gouvernement Carmona par l’OEA.

Cependant, la situation reste fragile. L’armée est divisée, le parti social-chrétien et celui de l’action démocratique refusent de reconnaître Chavez, la CTV prépare une manifestation pour le 1er mai et réclame un référendum sur le maintien ou non de Chavez à la présidence.

Entre-temps, on assiste à une rapide détérioration de la situation économique. La fuite des capitaux s’est traduite par une dévaluation de 10 % du bolivar entre les 12 et 16 avril. Dans les mois qui viennent, le gouvernement devra rembourser 700 millions de dollars de dette extérieure et si la fuite des capitaux ainsi que la dévaluation se poursuivent, le problème de la dette deviendra insurmontable.

La crise vénézuélienne est emblématique de la situation dans toute l’Ibéro-Amérique. Les gouvernements sont affaiblis par leur propre adhésion à la mondialisation et la région se trouve divisée entre deux forces facteurs de chaos : à gauche, les forces alliées aux FARC que représente Chavez ; à droite, les petits « Pinochet » en puissance qui veulent imposer par la force la destruction de l’Etat-nation conformément aux plans de la société du Mont-Pèlerin.

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