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Le général Zinni s’en prend aux patrons de Rumsfeld

La rédaction
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Le quotidien italien Corriere della Sera a publié une interview du général (cr) Anthony Zinni, ancien commandant du Commandement central de l’Armée américaine, sous le titre « Douze années d’efforts ont été perdues ». Le général y critique non seulement le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, mais aussi le vice-président Cheney. « Le président Bush devrait reconnaître leurs fautes et leur en faire payer le prix. La loyauté est une bonne chose, mais dans des situations comme celle-ci, l’honnêteté et la compétence sont plus importantes. Ces gens ont violé l’intégrité du gouvernement », dit-il.

Ancien négociateur américain pour la paix en Israël, le général Zinni a expliqué pourquoi lui-même et cinq de ses collègues ont réclamé, dans une lettre publiée dans le New York Times, la démission de Rumsfeld. Architecte de la stratégie d’endiguement contre Saddam Hussein après la guerre du Golfe de 1991, Zinni avertit que « la route que Bush veut suivre mène aux chutes du Niagara, à la falaise », et que l’Irak « menace de devenir comme le Liban dans les années 80, avec une décennie de guerres fratricides ».

A propos de la déclaration de Condoleezza Rice selon laquelle seules des erreurs tactiques ont été commises, Zinni déclara : « Faux, parce que ces erreurs ont été commises (et le sont encore) par les dirigeants politiques à Washington, et non par les chefs militaires sur le terrain. Nos soldats et leurs chefs se comportent correctement. Mais Rumsfeld a refusé de faire face aux problèmes, il n’a pas développé le renseignement qui serait pourtant essentiel, et il n’a pas conquis le cœur et l’esprit des Irakiens.

« Je sens que nous sommes de retour [aux années] Vietnam (...) dans le sens où nous remportons certains combats, mais pas la guerre, que nous réussissons ici et là à faire des progrès, mais dans la majeure partie du pays, nous sommes inefficaces. (...) Au Vietnam, il y avait des îlots de stabilité, mais à Saigon, c’était le chaos. C’est la même chose en Irak et à Bagdad, où massacres et attaques se succèdent. »

Pourquoi, selon lui, la guerre contre l’Irak aurait-elle pu être évitée ? « Parce que nous avions une stratégie d’endiguement de Saddam Hussein qui fonctionnait, était soutenue par tous les alliés et était actualisée chaque année. Les forces de Saddam n’étaient plus que l’ombre de ce qu’elles étaient en 1991. Il n’avait plus d’armes de destruction massive. Quelques mois avant l’attaque, j’avais témoigné au Congrès pour dire qu’elle était inutile et que c’était le pire moment pour la lancer. »

Zinni évoque ensuite l’abus et la falsification du renseignement pour justifier la guerre. « J’étais conseiller de la CIA jusqu’à l’éclatement de la guerre en mars 2003. En août 2002, le vice-président Cheney avait proclamé que le dictateur était une menace à cause de ces armes. La CIA ne pensait pas qu’il en avait. Mais à travers des allégations et des slogans, on a fait croire qu’il tentait d’en obtenir. Malheureusement, ceux qui connaissaient la vérité ont gardé le silence, pour des raisons à la fois de corruption et d’obéissance. » A la question de savoir si Cheney et Bush ont manipulé le renseignement, Zinni répondit qu’ils avaient décidé de partir en guerre contre l’Irak avant même d’en demander l’autorisation au Conseil de sécurité.

Après la révolte des généraux, c’est au tour de la CIA

Selon le Harper’s Magazine Blog du 19 avril, la « révolte des généraux » au sein de l’Armée a un pendant à la CIA, où l’opposition au gouvernement et à ses tactiques se renforce, notamment chez des officiers qui veulent éviter d’éventuels déboires avec la justice. Selon un officier de haut rang de la CIA, « il semble exister une conspiration tranquille de la part des gens rationnels » pour éviter d’être impliqués dans certaines tactiques particulièrement vicieuses employées par le gouvernement, notamment le programme d’« extraordinary rendition », dans le cadre duquel la CIA envoie des terroristes présumés pour interrogatoire dans des pays où la torture est banalisée. Pour décrire le clivage qui existe, il explique qu’« il y a à l’intérieur de l’agence un groupe SS qui est prêt à tout et un groupe Wehrmacht qui ne veut pas y toucher. »

L’avocat Scott Horton a fait remarquer que la politique consistant à chercher des boucs émissaires parmi les officiers de rang inférieur « n’est pas pour inspirer confiance ». Par ailleurs, on a appris le 22 avril que Tyler Drumheller, officier de liaison de la CIA en Europe, a révélé qu’avant la guerre d’Irak, il avait informé le directeur George Tenet de l’absence d’armes de destruction massive. Ce dernier en avait parlé à Bush et à Cheney qui lui ont répondu qu’ils s’intéressaient moins au renseignement qu’à un « changement de régime ».

Selon une source dans la communauté juridique, il ne s’agit pas encore d’une révolte dans la CIA, mais d’une contestation centrée sur le programme de transfert de prisonniers, où les agents trouvent des « raisons médicales » ou autres pour ne pas participer au programme.

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