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Le gouvernement russe aura sa propre banque

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par Anatoli Gorev, analyste financier pour RIA Novosti

La décision de créer une Banque pour le développement n’a toujours pas été prise bien qu’il ait été prévu initialement que la loi réglementant ses activités soit soumise au vote du parlement et signée par le président Poutine en 2006. Mais, estiment les experts, le retard pris dans la réalisation du projet ne signifie pas l’abandon du projet lui-même. La question est repoussée à plus tard, pas oubliée. La plupart des analyses sont convaincus que la Banque pour le développement verra le jour, sous une forme ou une autre. Ne serait-ce que parce qu’il est manifestement nécessaire de créer une puissance institution d’Etat, contrôlée par le gouvernement, qui assure la réalisation de la politique industrielle, finance les projets à long terme de cinq ans et plus, offre un soutien aux exportations.

Certes, la Russie possède déjà plusieurs banques remplissant ces fonctions et le terme même de « banque pour le développement » n’a rien de fondamentalement nouveau pour notre pays (comme,d’ailleurs, pour les pays économiquement développés). Trois grandes structures financent aujourd’hui les gros projets industriels et agricoles à long terme, assurent le soutien des exportations. Il s’agit de la Banque agricole de Russie (Rosselkhozbank), de la Banque russe pour le développement (RosBR) et de la Banque russe d’import-export (Roseximbank). Mais elles se heurtent toutes les trois à un problème que ne devrait pas avoir une mega banque pour le développement, c’est-à-dire qu’elles souffrent d’une capitalisation insuffisante. Selon des experts indépendants, à la date du 1er juin 2006, leur capital propre se montait à un peu plus de 6 milliards de roubles pour RosBR, à peine plus de 5 milliards pour Rosselkhozbank et n’atteignait pas 2 milliards pour Roseximbank.

Mais si le gouvernement parvient à réaliser son projet et que ces trois banques fusionnent, le capital statutaire de la nouvelle structure sera à lui seul de l’ordre de 2,5 milliards de dollars. Comme le souligne Elena Matrossova, directrice du centre de recherches macroéconomiques Younikon, la nouvelle Banque pour le développement bénéficiera d’un accès permanent aux sources étatiques de financement, ce qui lui permettra de mettre en œuvre la politique de soutien aux entreprises russes bien plus efficacement que ses trois prédécesseurs.

Le haut niveau de capitalisation ne sera d’ailleurs pas son seul avantage. Comme le notent les experts, le projet de loi rédigé par le ministère du Développement économique lui confère un statut particulier. Cette structure financière aura le statut juridique d’une corporation d’Etat et ne sera pas soumise aux normes habituelles de la réglementation, c’est-à-dire qu’elle échappera au contrôle de la Banque centrale. Cela lui laissera une plus grande liberté de mouvement que celle dont disposent aujourd’hui les banques commerciales en Russie. A la différence de ces dernières, la Banque pour le développement n’aura pas pour but de faire des bénéfices. Il est clair que cela lui permettra de proposer des taux inférieurs aux taux moyens du marché.

Une spécialisation étroite, doit aussi différencier la Banque pour le développement des banques commerciales. Ce qui signifie, dans le cas présent, qu’elle devra refuser toute prestation aux personnes privées. Aux dires des experts, c’est ce point qui aurait joué le rôle de pomme de discorde à un certain moment : la future mega structure aura pour socle la Vnesheconombank (VEB), qui gère aujourd’hui l’épargne retraite de la population. Renoncer à ces placements représente un gros sacrifice. Ce peut toutefois être le prix à payer pour un compromis entre la VEB et la Vneshtorgbank (VTB), autre banque d’Etat. La rivalité entre ces deux organisme est manifeste et nul n’ignore que la VTB aimerait bien jouer le rôle d’entreprise d’Etat gérant l’épargne retraite. Si la Banque pour le développement (et donc la VEB) se voit retirer le droit de réaliser des opérations avec l’argent des personnes physiques, la VTB aura une chance de succéder à son rival de toujours et de lui prendre la gestion de l’épargne retraite.

Il semblerait que les avantages de la Banque pour le développement soient évidents : la naissance de la nouvelle structure permettra de résoudre les problèmes de financement des projets d’investissement à long terme et fera disparaître par la même occasion les tensions entre les deux « monstres » - la VEB et la VTB - du marché bancaire national. Mais les experts pensent déjà aux difficultés que pourrait engendrer la fusion de plusieurs banques d’Etat en une seule méga structure financière. Au ministère du Développement économique, par exemple, on est parfaitement conscients que la VEB, la RosBR et la Roseximbank ne se distinguent pas uniquement par leur management et leur structure mais aussi par leur gestion. Les experts indépendants ajoutent que les structures qui constitueront la Banque pour le développement pourraient lui léguer les défauts bien connus des banques d’Etat : gestion corporatiste manquant d’efficacité, manque de transparence et lenteur de la prise de décisions, etc.

La plupart des analystes voient néanmoins dans la création de la Banque pour le développement une démarche positive des autorités russes. D’un côté, elle correspond à la pratique internationale puisque de telles institutions fonctionnent avec succès dans de nombreux pays (la banque de crédit pour la reconstruction en Allemagne, la banque d’import-export aux Etats-Unis, la Banque pour le développement en Chine, etc.). D’un autre côté, l’économie russe a depuis longtemps besoin d’une politique industrielle correcte qui assure la diversification de l’économie, notamment grâce aux hautes technologiques. On peut espérer que la Banque pour le développement (en fait, un Fonds d’investissement d’Etat), créée sur la base d’organismes ayant une grande expérience du financement des différents secteurs de l’économie, pourra venir à bout de ces tâches.

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