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Le « gros marteau » de Merkel contre l’Etat social

La rédaction
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L’annonce par Angela Merkel, candidate des chrétiens démocrates à la chancellerie allemande, prévoyant de nommer l’« extrémiste fiscal » néo-conservateur Paul Kirchhof au poste de ministre des Finances en cas de victoire de la coalition libérale-conservatrice, a provoqué de fortes critiques au niveau populaire, y compris dans son propre camp. Kirchhof prévoit d’abolir tous les allègements d’impôts, ce qui se traduira par une chute des revenus de millions d’Allemands qui travaillent la nuit et le week-end ou sont obligés de faire de longs trajets entre leur domicile et le lieu de travail, ainsi que ceux qui font construire un logement.

Merkel a annoncé qu’elle allait mettre en œuvre la majeure partie des propositions de Kirchhof au cours des cent premiers jours de son gouvernement. Or face aux protestations populaires, elle s’est vu obligée de déclarer qu’elle n’appliquerait pas en une fois l’impôt au taux uniforme de 25%, mais « seulement par étapes ». D’autres dirigeants de la CDU ont aussitôt tenté, sans toutefois convaincre, de minimiser l’ampleur des mesures que prendrait un gouvernement Merkel dans les cent premiers jours.

La déclaration de Kirchhof selon laquelle il allait prendre un « gros marteau » pour démolir le « mur » des régulations fiscales allemandes a été largement répercutée dans les médias outre-Rhin. Elle a été particulièrement applaudie par le Daily Telegraph, qui se fait l’organe des intérêts financiers de la City de Londres. Dans le numéro du 24 août, Ambrose Evans-Pritchard écrivait : « Le parti [CDU] a choisi le professeur Paul Kirchhof pour conduire la politique économique, signalant une nouvelle volonté de réinventer l’économie allemande. Révolutionnaire fiscal, connu pour sa promotion d’un taux d’imposition sur le revenu de 25%, il a promis d’utiliser une massue contre le modèle rhénan corporatiste allemand. » Dans un article du 20 août, Evans-Pritchard avait cité ces propos de Kirchhof : « Nous abolirons les barrières fiscales. (...) Je serai moi-même de la partie avec une grosse massue . »

L’impôt à taux uniforme affaiblira l’économie

Selon les estimations de différents instituts de recherche économiques allemands, l’« impôt à taux uniforme » de 25% sur les revenus, proposé par Kirchhof, se traduirait par une chute d’environ 50 milliards d’euros des recettes fiscales annuelles. L’Institut d’économie mondiale de Kiel, qui ne voit pas d’un mauvais œil le plan de Kirchhof, arrive au chiffre estimé de 48,7 milliards d’euros et l’Institut économique DIW de Berlin avait évalué l’année dernière le manque à gagner potentiel au niveau fiscal à 53,2 milliards d’euros.

Suivant la logique de Kirchhof, les contribuables les plus riches placeront automatiquement, comme par magie, leur revenu non imposé dans des investissements créateurs d’emplois. Il estime aussi que la suppression de centaines d’exonérations fiscales - dont beaucoup favorisent d’importants secteurs économiques - compenserait la chute des recettes fiscales. Mais cette politique pénalisera les travailleurs, les secteurs de la santé, les hôpitaux, l’agriculture, etc.

L’« impôt à taux uniforme » n’est pas nouveau. Il est promu par un groupe dirigé par l’économiste synarchiste Robert Mundell, qui défend l’« économie de l’offre ». Dès 1974, l’impôt à taux uniforme était prôné par le Public Interest Quartely du néo-conservateur Irvin Kristol, ainsi que par Robert Hall et Alvin Rabushka, de la monétariste Hoover Institution à l’université de Stanford. En 1995, une proposition de loi en faveur de cet impôt avait été présentée au Congrès américain par l’ancien président du groupe républicain Dick Armey, un allié du « révolutionnaire conservateur » Newt Gingrich et du sénateur républicain Richard Shelby. En 1996, l’éditeur milliardaire Steve Forbes fit campagne en faveur de l’impôt à taux unique lors des primaires présidentielles, mais perdit devant Bob Dole qui refusa de l’adopter.

Il est utile de regarder de plus près cette mesure proposée par Armey, qui fixerait un impôt sur le revenu de 20% pour tout le monde, pouvant être éventuellement réduit à 17%. Armey prétend que cet impôt serait avantageux pour les catégories à faible revenu car elle accorderait une déduction de 32 000 dollars à une famille de quatre personnes. Mais ceux qui en profiteraient le plus sont les 20% les plus riches de la population. Actuellement, les plus forts revenus sont imposés à un taux allant de 26 à 37,6%. Non seulement ce taux serait réduit, mais Armey propose de soustraire à l’imposition les revenus « non gagnés » - soit des profits tirés d’actifs financiers. Actuellement, 87% de toutes les plus-values sont encaissées par les 5 % des ménages les plus riches, qui versent par conséquent 87,2% de l’impôt sur les plus-values. Pour ce qui est des revenus découlant d’intérêts et de dividendes, plus de la moitié sont encaissés par les 20% des familles en haut de l’échelle des revenus. Bref, l’impôt à taux unique serait une aubaine inouïe pour les plus riches. Les vrais perdants seraient la classe moyenne.

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