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Le jeu risqué de John Snow en Chine

La rédaction
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Face aux coûts grandissants de la débâcle en Irak et au chômage qui ne cesse de monter en interne, le gouvernement Bush cherche un bouc émissaire... et pense l’avoir trouvé avec la Chine, dont le taux de changes fixe serait responsable du triste état de l’économie américaine, à en croire le ministre américain des Finances, John Snow, et le Président lui-même. Cependant, malgré les pressions, Pékin a fait clairement savoir que les Etats-Unis sont eux-mêmes responsables de leurs problèmes économiques et que les Chinois n’accepteront jamais une nouvelle version de l’« accord Plaza », en référence au plan imposé au Japon en 1985, qui s’est traduit par l’envolée du yen par rapport au dollar et par la mise en place de l’« économie bulle » qui a dévasté le pays depuis lors.

Quittant la Chine pour se rendre en Thaïlande pour la réunion de l’organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), John Snow a annoncé le 4 septembre que « le moment est venu de passer à l’action ». Selon lui, non seulement la Chine et le Japon, mais tous les pays asiatiques doivent cesser d’intervenir sur le marché des devises, éliminer les contrôles de capitaux et permettre le libre flottement de leurs monnaies. Faute de quoi, dit-il, ces pays risquent de connaître une nouvelle version de la crise financière de 1997-98. « Les déséquilibres peuvent facilement se développer comme ils l’ont fait par le passé, provoquant des conséquences tout à fait négatives pour les pays de la région ». La « meilleure façon de faire face à ces déséquilibres est de laisser les capitaux entrer et sortir et les monnaies s’ajuster ». Les exigences de Snow sont si extrêmes que la Banque mondiale, le FMI, l’APEC (qui comprend les pays du bassin Pacifique) et même certains journaux américains comme le New York Times les refusent.

Le même jour, le président Bush a déclaré, dans une interview avec la chaîne CNN, que son ministre des Finances avait mis à profit ses rencontres à Pékin « pour transmettre un message fort de l’administration : nous voulons que nos partenaires commerciaux traitent nos citoyens de manière équitable - nos producteurs et nos travailleurs, nos agriculteurs et nos industriels - et nous ne pensons pas être traités de manière équitable lorsqu’un gouvernement contrôle sa propre monnaie ».

Cette revendication est en fait très dangereuse pour les Etats-Unis eux-mêmes. En effet, depuis que le yuan est couplé au dollar par un taux de change fixe, donc depuis 1994, le coût des importations américaines en provenance de la Chine n’a pas changé. Par conséquent, l’argument qui veut que le yuan soit fortement « sous-évalué » par rapport à la monnaie américaine est absurde d’un point de vue américain. De plus, la Chine est le deuxième pays du monde en termes de réserves de devises étrangères, après le Japon, et la plus grande partie de ces devises sont des dollars américains. La Chine figure donc parmi les plus importants acheteurs étrangers de bons du Trésor américains et d’autres actifs libellés en dollars. Si elle cesse de soutenir le billet vert, le résultat sera catastrophique... pour le gouvernement Bush.

Côté chinois, les autorités sont conscientes des risques qu’une monnaie flottante ferait courir à l’économie. Au cours des dernières années, la Chine a augmenté la part d’euros et d’or qu’elle achète, et le 2 février, le gouverneur de la Banque de Chine, Zhou Xiaochuan s’est montré ouvert à une discussion sur la possibilité de lier le yuan à un panier de devises au lieu du seul dollar. La presse chinoise souligne que le refus de dévaluer le yuan pendant la crise dite asiatique a permis, à l’époque, d’empêcher un désastre total dans la région. De plus, d’importantes quantités de capitaux affluent depuis un certain temps en Chine, pour spéculer sur une forte montée de la monnaie nationale. En 1998, les autorités de Hong Kong, soutenues par la Chine continentale, étaient les seules en Asie à pouvoir repousser une attaque massive de la part des spéculateurs internationaux sur les devises.

Pékin sait très bien que les attaques de l’administration Bush sont motivées par des considérations de politique intérieure, ce qu’il trouve inadmissible. Tous les dirigeants politiques, à commencer par le Premier ministre Wen Jiabao, ont clairement signifié qu’il n’y aura modification de la politique de taux de change que si le gouvernement de la Chine le juge utile.

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