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Le monde du travail mobilise contre la directive Bolkestein

La rédaction
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Le 14 février s’ouvre au Parlement européen un débat de trois jours sur la directive des services de la Commission européenne - baptisée directive Bolkestein, du nom de son auteur, l’ancien commissaire Frits Bolkestein. Ce texte prévoit, d’ici 2010, la libéralisation et la dérégulation totales de tous les services dans l’Union européenne qui représentent, actuellement, environ 70 % de l’ensemble de l’activité économique en Europe.

Une mobilisation à grande échelle a été lancée par différents syndicats, associations d’artisans et organisations de professions libérales qui craignent, à juste titre, le dumping social suite à la concurrence venant des Etats membres est-européens, où les salaires sont plus bas et les régulations beaucoup moins strictes. La directive Bolkestein repose sur le « principe du pays d’origine », en vertu duquel le droit social, les régulations et le niveau de salaires appliqués dans le pays dont le prestataire de services est originaire, s’appliqueront aussi dans tout pays membre de l’UE où il fournit des services, quelles que soient les conditions du pays en question. Un grand rassemblement européen est prévu pour le 14 février à Strasbourg.

Entre-temps, les protestations sociales, notamment dans le secteur public (transports, médecine, services municipaux), se sont durcies depuis une semaine dans plusieurs pays de l’Union. En Allemagne, la manifestation du syndicat national DGB à Berlin, le 11 février, a rassemblé 30 000 syndicalistes contre la directive Bolkestein, et une importante délégation sera présente à Strasbourg le 14.

La Commission européenne, quant à elle, espère éviter une nouvelle défaite aussi cinglante que le rejet par le Parlement il y a quatre semaines, à 75 % des voix, du plan de libéralisation des ports. Dans cette optique, elle a proposé quelques « compromis » sur le principe du pays d’origine qui semblent plutôt superficiels ; la substance ultra libérale en reste intacte.

D’importants eurodéputés des partis socialistes et conservateurs ont accepté la formule de compromis, mais les syndicats continuent de s’y opposer et appellent le Parlement à éviter le piège. Quelle que soit l’issue du vote du 16 février, certains syndicats se sont engagés à combattre la politique ultra-libérale de la Commission. Dans un nouveau tract diffusé massivement, le mouvement politique associé à Lyndon LaRouche, tout en soutenant les protestations contre la directive sur les services, propose de les transformer en un vaste mouvement pour l’abolition du véritable monstre derrière la politique de la Commission : le traité de Maastricht.

En Allemagne, le syndicat des services publics ver.di, le deuxième du pays avec ses 2,4 millions de membres inscrits, a lancé le 6 février une grève illimitée dans le Land de Bade-Wurtemberg, qui devrait s’étendre à neuf autres Länder à partir du 13 février. Il proteste contre les plans des seize Länder et des municipalités visant à faire passer la semaine de travail de 38,5 à 40 heures. Mais au-delà, c’est toute la politique qui est contestée (manque d’emplois et d’investissements, externalisations et privatisations). Les actions de ver.di sont soutenues par l’association des fonctionnaires (DBB), qui a mis des annonces dans de grands quotidiens allemands pour dénoncer les coupes budgétaires qui se sont traduites, entre autres, par la suppression de 1,2 million d’emplois dans le secteur public depuis 1992.

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