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Le mouvement syndical chilien dénonce la privatisation du système de retraites

La rédaction
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Le président Bush base son plan de privatisation des caisses de retraites aux Etats-Unis sur la prétendue réussite du modèle chilien, dont il s’est récemment félicité lors de sa participation au sommet de l’APEC. Or nombre de personnalités politiques chiliennes estiment que le plan chilien, imposé sous la dictature d’Augusto Pinochet, a été un échec et une escroquerie. L’EIR a demandé à Arturo Martinez, président de la Confédération unie des travailleurs (CUT), ce qu’il dirait au Congrès américain de l’expérience chilienne, s’il en avait l’occasion.

« Je leur dirais de ne pas répéter les erreurs du Chili. Ici, le système a échoué. Les Etats-Unis ne doivent en aucun cas essayer de mettre en œuvre ce régime de retraite, que Pinochet a imposé par la force. Ils doivent absolument engager une discussion avec la population sur la question des retraites et n’imiter en aucun cas un modèle fasciste, un modèle de capitalisation individuelle, dont le seul objet est d’assurer des profits aux investisseurs. Les travailleurs placent leur argent dans quelques fonds, mais en fin de compte ce sont les investisseurs qui en profitent, et non les travailleurs . »

En janvier 2005, d’ailleurs, le débat sur une réforme du régime de retraites sera relancé au Chili. Le gouvernement soumettra un projet de loi sur un nouveau système, car celui en vigueur - celui-là même que Bush veut imposer aux Etats-Unis - est au bout. La CUT rendra publiques ses propres propositions le 10 janvier prochain.

Selon Martinez, le système Pinochet est inefficace, tant pour la couverture sociale que pour la pension-retraite, et il coûte très cher à l’Etat. Sur une population active de 6,2 millions, seuls 2,9 millions versent normalement leur cotisation mensuelle à ce régime, soit moins de la moitié. Et encore, souligne-t-il, sur ces 2,9 millions, 58% ne rempliront pas les conditions nécessaires pour toucher un minimum après 20 années de cotisations et c’est l’Etat qui devra couvrir la différence.

Les autres seront laissés dans l’indigence et devront se contenter d’une aide de l’Etat. C’est un gros problème pour ceux qui ont des emplois temporaires (la majorité des travailleurs chiliens), alternant un contrat de trois mois, suivi par une période de chômage de quatre mois, puis à nouveau un emploi à court terme, etc. Selon Martinez, 2,6 millions de travailleurs saisonniers n’ont même d’assurance médicale, sans parler d’une pension future. L’Etat doit donc prendre en charge leurs frais médicaux puis, plus tard, leurs allocations vieillesse.

Cette masse de travailleurs temporaires, qui a coulé le régime privé de retraites, résulte de la politique de « flexibilité du travail » poussée par la Banque mondiale et qui a d’abord été mise en œuvre au Chili par Jose Pinera. C’est une politique « sauvage », selon Martinez. Ce système a été testé au Chili, puis exporté à d’autres pays, mais un peu moins brutalement.

Et Martinez de commenter : « Nous, nous discutons de comment réformer les pensions-retraites, parce que ce modèle s’est cassé la figure ! Je ne comprends pas que Bush puisse vouloir prendre ce modèle en exemple pour son propre pays. Il n’est bon que pour ceux qui gagnent beaucoup d’argent, et extrêmement mauvais pour ceux qui touchent un salaire minime ou n’occupent que des emplois précaires ou temporaires ! »

L’opposition à la privatisation des retraites

Le projet de privatisation des retraites de Bush-Cheney a provoqué un tollé chez les organisations syndicales et civiques, certains cercles politiques et médias. Lyndon LaRouche appelle à s’opposer à cette mesure afin de barrer la route à la mise en oeuvre d’une politique économique de type fasciste en Amérique.

Le 16 décembre, Roger Hickey, co-directeur de Campaign For America’s Future, a organisé une conférence de presse avec des organisations syndicales et de droits civiques qui sont opposées à la privatisation. Dans ses remarques introductives, Hickey nota que la conférence économique de la Maison-Blanche, qui se déroulait au même moment, était composée essentiellement d’individus et d’entreprises qui soutiennent Bush et le Parti républicain et qui estiment que l’économie va très bien, alors que les caisses de retraites sont dans un état critique. Selon lui, Bush a tort de prétendre qu’il a un mandat pour privatiser les retraites, alors que les sondages indiquaient que les gens y étaient hostiles dès lors qu’ils comprenaient ce que signifiait cette réforme.

Julian Bond, président du NAACP, a souligné que la pension actuellement versée dans le cadre du régime public de retraites constitue la seule source de revenus d’une personne sur trois âgée de plus de 65 ans. George Kourpias, président de l’Alliance for Retired america ns, a affirmé que le combat contre la privatisation « sera le combat de notre vie » et que « nous devons résister aux efforts de pousser la privatisation comme seule réponse » au problème des caisses de retraite. Marty Ford, avocat des handicapés, nota qu’un tiers des allocations versées n’allait pas aux retraités, mais à d’autres, surtout des handicapés, et que sans cette pension, 55% de ces personnes auraient des revenus inférieurs au niveau de pauvreté. William Spriggs, de l’Economic Policy Institute, a précisé que les cotisations retraites n’étaient pas un investissement, mais un programme d’assurance et un avantage familial.

Tous les orateurs, comme John Sweeney, président de l’AFL-CIO, et Kim Gandy, présidente de la National Organisation for Women, se sont prononcés en faveur de différentes mesures : supprimer les réductions fiscales pour les 1 % de la population qui gagnent le plus, alimenter le Social Security Trust Fund avec des recettes provenant de l’impôt sur la succession et des droits de mutation et hausser le plafond des revenus imposables, afin de maintenir le système à flot à l’avenir.

Dans une chronique publiée le 15 décembre dans le Post-gazette.com, John Sweeney écrivait que le sommet économique de la Maison-Blanche n’aborderait pas les problèmes économiques réels, mais s’intéresserait uniquement au dangereux projet de privatisation des retraites et de réforme fiscale. Or cette privatisation se traduirait par un déficit bien plus lourd et une plus grande insécurité pour les retraités, tandis que seules les institutions financières en profiteraient. Quant à l’exemple du Chili, il précisa que les sociétés gérant les fonds de retraite prennent 15 à 20% de commission sur les cotisations.

Par ailleurs, un rapport du Joint Economic Committee Report, publié en décembre par le député démocrate Pete Stark qui est membre de la commission du même nom, dénonce les mensonges autour de la prétendue faillite prochaine du régime actuel des retraites et montre que le vrai problème est la rhétorique du gouvernement.

Selon ce rapport, le manque à gagner des caisses de retraites s’élèveraient à 3700 milliards de dollars, soit 0,7% du PIB actuel, d’ici 75 ans. Si les allègements fiscaux de Bush devenaient permanents, les impôts non perçus représenteraient l’équivalent de 2% du PIB, soit deux fois plus que le « trou » du Social Security Trust Fund. Si un système de comptes d’épargne privés est adopté, ce manque à gagner s’élèvera à 2200 milliards de dollars, passant de 3700 milliards à 5900 milliards.

L’opinion publique, de son côté, est résolument opposée à la privatisation des retraites, d’après le Wall Street Journal qui écrivait le 16 décembre que 50% de la population contre 38% pense que c’est une « mauvaise idée » de laisser les salariés investir leurs cotisations retraite dans le marché boursier.

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