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Le partenariat franco-russe prend son envol

La rédaction
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Par Christine Bierre

30 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) — La 14ème session du Séminaire intergouvernemental franco-russe qui a eu lieu à Rambouillet le 27 novembre, sous la direction du Premier ministre français, François Fillon, et de son homologue russe, Vladimir Poutine, s’est conclue par une excellente moisson d’accords économiques. La France a-t-elle voulu faire mentir un dicton russe selon lesquels les Français sont plus sympathiques, mais les Allemands plus sérieux en affaires ? En tout cas, plus d’une vingtaine d’accords et contrats ont été conclus par les deux pays, dont les plus importants concernent l’approvisionnement en gaz de la France par la Russie, de nouveaux accords d’exploitation de gisements pour Total en Russie, des accords dans le domaine de l’aérospatiale et de l’automobile. L’année prochaine sera aussi une année faste pour les deux pays puisque 2010 a été décrétée « année de la Russie en France et de la France en Russie » avec pas moins de 400 événements organisés dans les deux pays. A cette occasion, le Président Medvedev viendra en France, au mois de mars, pour inaugurer une exposition sur la « Sainte Russie », et Vladimir Poutine en mai pour l’inauguration de l’Exposition nationale russe au Grand Palais. La France sera, elle, l’invitée d’honneur du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

La haine des médias français

Fort contraste donc entre l’état d’esprit des deux gouvernements et celui de certains médias français, pour qui la Guerre froide ne semble toujours pas finie, et qui ont tenté d’empoisonner les débats en cherchant dans toutes les poubelles des conflits de personnes et des affaires de droits de l’homme. Premier sujet de controverse, les négociations ouvertes entre les deux pays pour le possible achat par la Russie d’un navire français de type Mistral, un porte-hélicoptère particulièrement prisé dans les milieux militaires qui l’ont surnommé le « couteau suisse », en raison de ses utilisations multiples et de sa qualité. De nombreux médias se sont fait les relais des craintes des pays Baltes, de la Pologne et surtout de la Géorgie, qu’un tel navire puisse être utilisé par les Russes à leur encontre.

Mais c’est Libération et Le Monde qui ont fait preuve d’un sentiment antirusse digne des plus forts moments de la Guerre froide. Libération consacra une bonne partie de sa une à une photo de Vladimir Poutine, au look ténébreux, avec en titre : « Poutine à Paris, meurtres à Moscou », alors que Le Monde se faisait le porte-parole d’un des oligarques russes les plus corrompus, Khodorkovsky, interviewé depuis sa prison ! Benjamin Sportouche, de l’AFP, a poussé le bouchon plus loin en sommant François Fillon, au cours de la conférence de presse conjointe qui suivit le séminaire, de réagir aux plaintes de Khodorkovsky !

Alliance des républiques de l’Europe à l’Oural ou vaste zone de libre-échange ?

Tout autre est l’attitude des autorités françaises à l’égard de la Russie. Soulignant l’étendue du chemin « parcouru par la Russie depuis vingt ans » pour devenir « une démocratie », François Fillon a enfoncé le clou en déclarant que « le choix de la France (…) est celui d’accompagner la Russie, d’être aux côtés de la Russie et de multiplier les accords économiques et les échanges humains… ». Pour ce qui est de la vente du navire de type Mistral, notre Premier ministre a bel et bien confirmé la volonté de la France d’engager une coopération avec la Russie en matière de défense, fustigeant « des réflexes qui n’ont plus rien à voir avec la réalité de la situation ».

La France est même à l’origine d’un sommet qui aura lieu en 2010, dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), où l’on débattra de la création de quatre espaces communs à l’Union européenne et à la Russie – économie ; liberté, sécurité et justice ; sécurité extérieure ; recherche et éducation. Cette proposition avait été faite par Nicolas Sarkozy lors du Sommet franco-russe d’Evian, en octobre 2008.

Si l’on ne peut que se réjouir de la volonté de la France et d’autres pays européens de poursuivre leur coopération à long terme avec la Russie, à un moment où les Anglais et leurs alliés dans l’entourage de Barack Obama ne relâchent pas leur pression pour faire reculer l’ancienne Union soviétique jusque dans ses derniers retranchements, nous nous élevons contre le caractère ultralibéral de cette proposition. Car l’objectif final de ce projet, nous dit François Fillon, serait « de construire, à terme, avec la Russie, un espace fondé sur la liberté complète de circulation des hommes, des biens et des capitaux, et des services ». François Fillon a même promu dans ce contexte « une adhésion rapide de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce ». Il ne faudrait pas qu’avec de douces paroles, la France obtienne de la Russie avec la carotte ce que les Anglais et leurs alliés outre-Atlantique n’ont pas réussi à obtenir avec le bâton, même si François Fillon expliqueque ce nouvel espace serait « un instrument extrêmement puissant pour infléchir une mondialisation qui n’est pas toujours respectueuse des droits de l’homme ».

De Margerie : « L’Europe ne doit pas avoir peur des Russes dans les accords de gaz »

Sur le plan économique, les autorités françaises semblent avoir entendu cette déclaration de Christophe de Margerie, dirigeant du groupe Total, à l’issue du séminaire.En effet, c’est dans le domaine du gaz qu’ont été conclus les principaux accords. Après l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays européens, la France rejoint à son tour les deux gazoducs pilotés par Gazprom, qui achemineront le gaz russe vers l’Europe en contournant les zones de conflit telles que l’Ukraine, à l’origine de coupures importantes en 2008. Au cours du Séminaire franco-russe, EDF a signé une prise de participation à hauteur d’environ 10% dans le projet « South Stream », conduit par Gazprom et le groupe pétrolier italien ENI, qui achemine le gaz via la mer Noire par une double route vers l’Italie et l’Autriche. En outre, depuis la fin du séminaire, GDF-Suez a annoncé être près d’aboutir à une prise de participation de près de 9% dans le gazoduc « North Stream » reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique. Il faut le souligner, Poutine et la Russie ont négocié de main de maître, réussissant à contourner non seulement leurs anciennes républiques, sources de conflits potentiels, mais surtout la méfiance de l’Union européenne dont le projet Nabucco, passant par la Géorgie, l’Iran et la Turquie, visait à court-circuiter les ambitions russes.

Autre accord très important, celui signé entre Total et le groupe russe Novatek pour la création d’une entreprise spécialisée dans la mise en valeur d’un gisement de condensation de gaz dans la péninsule d’Iamal. Après avoir été choisi par les Russes comme l’un des principaux et rares partenaires dans l’exploitation des énormes gisements de gaz naturel de Chtokman, en mer de Barents, ils viennent ainsi d’offrir à Total une participation de choix dans les immenses réserves gazières de cette région de l’Arctique.

Enfin, au-delà des accords signés pour un projet d’autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg avec le groupe Vinci, dans l’innovation thérapeutique avec Sanofi ou dans des projets civilo-militaires dans l’aérospatiale avec le groupe Safran, la grande priorité russe était le sauvetage d’Avtovaz, principal constructeur automobile russe pratiquement mis en faillite par la crise. Un accord a été signé par la Russie et Renault-Nissan, détenteur de 25% de cette compagnie, pour une injection de 1,67 milliard d’euros par la Russie pour éponger les dettes à la fin de l’année, et un apport en nature par Renault d’environ 240 millions d’euros, sous forme d’un transfert de technologies destinées à utiliser le potentiel de production de l’usine de Togliatti pour fabriquer, à partir de 2011, de nouveaux modèles pour le marché russe, notamment deux modèles de Lada, deux Renault et un Nissan. 900000 véhicules par an devraient ainsi être mis sur le marché à partir de 2015.

Voici donc un bel exemple de collaboration avec ce grand pays, la Russie, qui n’aboutira cependant que dans la mesure où « l’Accord des quatre grandes puissances » envisagé par LaRouche pourra voir le jour, avec en prime, une Europe des nations que la France et l’Allemagne auront libérée des chaînes du Traité de Maastricht. Un rêve, diront certains. Nos hommes politiques devront comprendre que c’est le moment de trancher dans le vif ou de succomber.

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