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Le « plan Tremonti »

La rédaction
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Depuis que l’Italie a pris la présidence de l’Union européenne, le 1er juillet, le « plan Tremonti » pour un « New Deal européen » se trouve à l’ordre du jour. Selon ce plan, l’UE devrait investir 70 milliards d’euros par an dans des projets d’infrastructure transnationaux, afin d’engendrer une véritable reprise économique.

Ce plan ne sera pas adopté sans une vive opposition, comme on l’a vu avec la provocation montée contre le Premier ministre italien Silvio Berlusconi au Parlement européen, le 2 juillet. La couverture médiatique qui a suivi cet incident a malheureusement obscurci le contenu même du discours du chef de gouvernement italien.

Il avait pourtant présenté le plan Tremonti comme étant la priorité de la présidence italienne de l’UE. Etant donné l’état de « faiblesse prolongée » de l’économie, marquée par un « taux de croissance en dessous des attentes », l’UE « doit intervenir de plus en plus comme facteur de croissance économique et de stabilité ». Par conséquent, l’Italie « propose des initiatives concrètes ». La première priorité, ce sont les investissements dans l’infrastructure et « la nécessité d’un soutien plus actif à l’économie par l’accroissement des investissements publics et privés, en collaboration avec les institutions financières européennes, en premier lieu la Banque européenne d’investissements. A notre avis, cette stratégie doit être basée sur une politique de grands réseaux de transports européens. Il s’agit de réconcilier la demande légitime de stabilité monétaire et de rigueur financière - qu’il ne faut pas remettre en question - avec une relance accrue de la croissance économique grâce à des investissements non seulement dans l’infrastructure, mais aussi dans la recherche et les innovations technologiques. »

Le 5 juillet à Naples, les ministres des Transports de l’UE se sont réunis pour discuter du nouveau « rapport Van Miert », une liste de 22 nouveaux projets d’infrastructure qui viennent s’ajouter aux 14 « réseaux transeuropéens » du plan Delors de 1994. Sur ces 22 nouveaux projets, dont certains sont des projets de recherche, 18 devraient débuter avant 2010. Parmi eux, citons le satellite Galileo, la modernisation des liaisons ferroviaires de Sofia à Nuremberg, de Paris à Bratislava, de Gdansk à Brno, l’élimination des goulets d’étranglement sur le Rhin-Main-Danube, le pont sur le détroit de Messine et le pont franchissant de Fehmarn Belt entre le Danemark et l’Allemagne.

Derrière la provocation de Berlusconi au Parlement européen

Lors du débat qui a suivi le discours de Berlusconi, le chef du groupe social-démocrate allemand à Strasbourg, Martin Schulz, a lancé une provocation préméditée, accusant Berlusconi de répandre le « virus de la corruption » en Europe et insinuant qu’il serait actuellement sous les verrous si Nicole Fontaine, l’ancienne présidente du Parlement européen, ne lui avait pas accordé l’immunité.

Bien que cette provocation fût attendue, ayant été précédée d’une campagne sans précédent des médias internationaux contre le Premier ministre italien, Berlusconi est tombé tête baissée dans le piège en lançant une contre-provocation, comparant Schulz à un « kapo dans un camp de concentration ». Comme il fallait s’y attendre, il y eut une levée de boucliers et un début de crise diplomatique entre Berlin et Rome, qui fut résolue après que Berlusconi ait fait des excuses officielles au chancelier Gerhard Schröder.

Le véritable motif de cette provocation n’est cependant pas la corruption du chef de gouvernement italien, mais bien le plan Tremonti ! Il y a un an, Schulz avait soumis une demande écrite au commissaire européen aux Finances, Pedro Solbes, accusant le gouvernement italien d’enfreindre le Pacte de stabilité en créant un nouvel organisme de financement des projets d’infrastructure, Infrastrutture Spa (Ispa). Dans cette requête enregistrée le 27 juin 2002, Schulz affirmait que l’émission par l’Ispa d’obligations garanties par l’Etat « conduirait en pratique à un accroissement de la dette publique dans un pays qui est déjà l’un des plus endettés des Etats membres de l’UE. Il faudrait donc déterminer à temps si l’action proposée est bel et bien compatible avec l’adhésion au Pacte de stabilité et de croissance. »

Par contre, l’ancien ministre allemand des Finances, Oskar Lafontaine, a soutenu le plan Tremonti et mis en garde contre le sabotage de la présidence italienne de l’UE que constituerait une croisade anti-Berlusconi.

Quant au gouvernement français, en dépit des différends qui émaillent les relations franco-italiennes depuis l’arrivée au pouvoir de Silvio Berlusconi, le Quai d’Orsay a jugé opportun de publier un communiqué soulignant que « la France salue chaleureusement la présidence italienne et entend lui apporter tout son soutien dans la réalisation de ses objectifs ». Pour ce qui est du plan Tremonti, on lit : « Nous pensons que c’est à juste titre que la présidence met l’accent sur la croissance européenne et l’emploi, en particulier nous jugeons intéressante l’idée d’un plan encourageant notamment les grandes infrastructures ».

Les PMI allemandes soutiennent le Plan Tremonti

Lors d’un séminaire organisé le 2 juillet par l’Institut Schiller à Dortmund (Allemagne), un groupe de 23 dirigeants de PMI ont soutenu le plan Tremonti et son financement par la Banque européenne d’investissements (BEI). Le principal orateur de cette conférence était Helga Zepp-LaRouche, présidente de l’Institut Schiller.

Se référant aux récentes percées en Asie et aujourd’hui en Europe, Mme Zepp-LaRouche s’est montrée optimiste sur les chances d’en finir avec les politiques libérales désastreuses liées aux « conditions du FMI » et aux « critères de Maastricht ». En effet, il existe une chance réelle de réactiver l’économie physique en « générant du crédit productif ».

Le sénateur italien Oskar Peterlini a envoyé ses salutations, déclarant que « le monde a besoin d’un sommet - selon le modèle de Bretton Woods - et d’un grand plan d’infrastructure comme pont entre l’Est et l’Ouest » pour surmonter la crise économique et financière actuelle. C’est lui qui avait pris l’initiative de faire adopter par le Parlement italien, une résolution appelant son gouvernement à convoquer une conférence internationale pour discuter d’une « nouvelle architecture financière ».

Parmi les autres orateurs, mentionnons Jörg Langenohl, directeur de PME, qui a donné un aperçu de l’état désastreux de l’économie allemande, notamment de son « cœur » que sont les Mittelstand (PMI) de haute technologie. En effet, alors qu’elles n’obtiennent quasiment plus de crédits des banques, elles pourraient pourtant devenir un moteur très efficace du Pont terrestre eurasiatique dès que le gouvernement leur accorderait des crédits suffisants. Les participants ont voté à l’unanimité une « déclaration de Dortmund » qui appelle le gouvernement allemand à réaliser d’importants investissements dans l’infrastructure par le biais de la Kreditanstalt für Wiederaufbauet à soutenir le plan Tremonti, mentionnant le fait que cette politique ne peut marcher que dans le cadre de la réalisation d’un nouveau système monétaire international et du Pont terrestre eurasiatique.

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