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Le rationnement des soins au programme en Allemagne

La rédaction
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20 janvier 2010 (Nouvelle Solidarité) – Dimanche, le quotidien libéral Frankfürter Allgemeine Zeitung a ouvert un « débat » sur l’urgence de rationner les soins médicaux pour la population.

Friedrich Breyer, un économiste de la Santé de l’Université de Constance, est cité disant que « le débat sur le rationnement des soins doit avoir lieu maintenant », car la croissance économique est en berne et la population vieillit. « On ne peut plus financer l’augmentation des dépenses pour la recherche médicale et les dépenses de santé avec la croissance économique actuelle ». Christian Woopen, un « expert » du Conseil éthique du gouvernement, se plaint amèrement qu’« en Allemagne, débattre quelles pathologies nécessitent un traitement, et dans quel ordre de priorité, reste un tabou ».

Pour sa part, le professeur Jürg-Friedrich Hoppe, à la tête de la Bundesärztekammer (L’ordre fédéral des médecins allemands), révèle qu’il existe déjà, sous pression budgétaire, une « politique dissimulé derationnement » des soins dans les hôpitaux allemands, en particulier pour les cancéreux. Certains ont droit à des soins de haut niveau, d’autres reçoivent des traitements peu onéreux.

Hier, sur la première chaîne de télévision ARD, Birgit Fischer, à la tête de la Barmer Ersatzkasse (caisse d’assurance maladie), a tenté de réfuter les accusations de Hoppe en affirmant que son argumentation n’exprimait que celle de « l’éthique médicale » et répandait bêtement la panique parmi les assurés. Il s’agit pour l’heure, disait-elle, de trouver, après un bilan médical, le type de traitement « qui convient le mieux » à chaque patient.

Le rationnement n’est pas à l’ordre du jour, d’après elle. Cependant, en affirmant que à l’avenir des bilans médicaux améliorés devraient permettre de meilleurs traitements et « une réduction des coûts », sa démarche fini par rejoindre celle des partisans du rationnement.

En réalité, les assureurs privés sont fortement sollicités pour faire partie d’un groupe de travail sur le financement du système de santé, mis sur pied par le ministre allemand de la Santé Philipp Rösler, chargé de formuler un avis en mars. Prenant la parole le 16 janvier devant une réunion du parti libéral FDP en Basse Saxe, Rösler a répété que pour lui les coûts de la santé restent un problème prioritaire et qu’il envisage de forcer les médecins à présenter aux patients une facture détaillée de leurs soins afin que ces derniers puissent « contribuer à une vraie compétition sur le marché de la santé ». C’est ainsi qu’on impose le rationnement, quoi que Rösler puisse en dire.

Quant au Professeur Hoppe, il estime dans son cri d’alarme, que ce n’est pas aux équipes hospitalières d’arbitrer de tels choix. Selon lui, ce sont les politiques qui doivent fixer les critères !

Le danger est donc réel que l’Allemagne, tout autant que les autres pays ayant choisis de s’engager sur cette pente savonneuse, nous ramèneront aux pratiques les plus monstrueuses des années trente.



Voir les 8 commentaires

  • Gaïagénaire • 20/01/2010 - 17:15

    " On ne peut plus financer l’augmentation des dépenses POUR LA RECHERCE MÉDICALE "

    Cessez donc de faire de la recherche médicale qui ne sert qu’à patenter des brevets et instruisez les personnes souffrantes selon les médecines douces, alternatives et nouvelles. Des cliniques de jeûne intégral, cela ne coûte pas cher et accompli bien des petits " miracles ".Certains en mourront ? Des millions meurent sous traitements médicaux, et tous l’acceptent, alors ???

    Le problème est dans la prise de conscience que chacun fera et qui le mettra hors d’atteinte des " peurs ".

    • Un ami • 23/01/2010 - 13:02

      C’est sûr, il vaut sans doute mieux financer les places fortes spéculatives et détourner l’argent de la santé vers la City de Londres. Tony Blair et ses évaluations comptables des maladies pourra servir longtemps de chef kapo dans le camp de concentration européen où nous vivons……

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  • Senec • 20/01/2010 - 17:32

    Je trouve inutile d’employer des sommes folles pour prolonger de quelques jours les souffrances des malades en phase terminale. Il en est de même pour des gens condamnés à court terme. Personnellement, je suis volontaire pour ne pas prolonger inutilement les soins qui me seront dispensés. Je sais que certains médicaments coûtent beaucoup plus chers que ce qu’ils apportent en réalité.
    Je ne suis pas pour l’acharnement thérapeutique.

    • plusieurs • 20/01/2010 - 18:45

      Des sommes folles n’ ont pas été employées pour prolonger d’ un jour ou deux l’ agonie de mon père atteint de leucémie.

      - Il en est de même pour des gens condamnés à court terme

      Qu’ en savez-vous, êtes-vous médecin ?

      En tout cas avec votre raisonnement favorable au suicide médicalement assisté c’ est sûr, les malades n’ en auraient plus pour très longtemps !

      Moi non plus, je ne suis pas pour l’ acharnement thérapeutique, et alors ?

    • Un ami • 22/01/2010 - 21:10

      Je crois que les personnes qui pensent « organiser » le scénario de leur fin de vie sont en général encore en bonne santé. Il n’est pas rare que des personnes qui ont fait des « testaments de vie » est à le regretter lorsqu’ils s’aperçoivent que face aux décisions budgétaires, l’administration comptable de la santé a une tendance fâcheuse à accélérer le départ d’un malade (trop coûteux) vers le cimetière.

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  • plusieurs • 20/01/2010 - 18:51

    Fermer le robinet des soins d’ un malade parcequ’ il est pauvre, je trouve ça dégueulasse.

    Si en plus c’ est pour enrichir des banksters alors, je laisse la parole aux oiseaux...

    • mimiche • 22/01/2010 - 17:58

      à mon avis (infirmier en réanimation puis en soins palliatifs) on confond deux débats, et il faudrait toujours savoir de quoi on est en train de parler : l’acharnement thérapeutique a depuis quelques années cédé le pas à l’acharnement diagnostique, qui est aussi préjudiciable pour le patient et qui coûte encore plus cher à la communauté ! les soins restreints (sans escalade) sont parfaitement licites et sont un bon compromis en fin de vie, sans qu’il soit question de dérive fasco.
      autre chose est le non accès aux soins pour les démunis tel qu’il est pratiqué depuis bien longtemps en Grande Bretagne (Médecine publique qui entraîne l’apparition d’une médecine à deux vitesses)...

    • Agnès • 22/01/2010 - 21:00

      Dans un contexte du respect du patient en fin de vie, il est bien sûr inutile de démultiplier les actes médicaux qui sont non seulement coûteux mais ajoute une souffrance inutile pour le malade. Celui-ci ne doit simplement plus souffrir. Aussi une bonne thérapeutique de la douleur est fort bien appliquée dans les unités de soins palliatifs. Il faut souligner le nombre trop restreint de ces unités. Il faudrait investir d’urgence dans ce secteur.

      Je conclurais donc en disant que le commentaire de mimich serait de bon aloi dans un contexte de prospérité hospitalière, mais dans une situation de coupes budgétaires, il reste préjudiciable de faire hâtivement des comparaisons des coûts financiers sur deux approches de la vie qui sont diamétralement opposées tant au niveau philosophique qu’éthique.

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