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Le « roi » Khalilzad décrète le nouveau gouvernement afghan

La rédaction
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Officiellement, la Loya Jirga, l’assemblée de délégués afghans réunie pour choisir un nouveau gouvernement, était présidée par l’ex-roi Zaher Chah. Mais en fait, c’est Zalmay Khalilzad, l’envoyé spécial des Etats-Unis en Afghanistan, qui a orchestré l’ensemble de la procédure de façon à assurer que l’homme des Américains, Hamid Karzai, conserve le pouvoir, cette fois-ci à titre de Président.

Deux autres candidats au poste, Zaher Chah et l’ancien président Rabbani, ont retiré leur candidature sous la pression de Khalilzad, baptisé en Afghanistan « le vrai roi ». Ce dernier a provoqué un scandale en annonçant le premier, deux heures avant la déclaration officielle de Zaher Chah lui-même, que l’ex-roi avait décidé de ne pas se présenter. Pourtant, malgré son âge et son état de santé, l’ancien monarque est soutenu par différents secteurs de la population, notamment la majorité pachtoune, tandis que Rabbani peut compter sur le soutien de l’Alliance du Nord, puissante sur le plan militaire et regroupant les non Pachtounes. En fait, Karzai n’aurait pas pesé lourd si ces deux hommes avaient participé à la course. Zaher Chah sera maintenant relégué à une position symbolique sans grand pouvoir.

Né en Afghanistan, Khalilzad a été formé dans des universités américaines. Devenu le protégé du géopoliticien de droite Albert Wohlstetter, il a ensuite fait carrière au Conseil national de sécurité (NSC) avant de travailler, pendant les années Clinton, pour la RAND Corporation et d’autres groupes de réflexion de droite. Sous George W. Bush, il avait réintégré le NSC.
Karzai continuera à représenter les intérêts américains dans le pays et dans la région, notamment la poursuite du projet d’oléoduc entre le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan, relancé une semaine auparavant lors d’une rencontre tripartite entre présidents des trois pays. Ce projet avait été lancé par l’entreprise américaine Unlocal, pour être abandonné en 1997. Ce n’est pas un hasard si Khalilzad a été pendant des années le lobbyiste officiel d’Unlocal et a mené, de ce fait, beaucoup de négociations avec le régime taliban. Ce n’est pas non plus un hasard si Karzai aussi était rémunéré par Unlocal.

Malgré la Loya Jirga, la guerre continue en Afghanistan. Au moment où les 1051 délégués se réunissaient, les troupes anglo-américaines étaient engagées dans des batailles avec les forces des talibans et d’Al-Qaida dans diverses parties du pays. Le 14 juin, un avion américain d’opérations spéciales MC-130 s’est écrasé - ou a été abattu - à l’est de l’Afghanistan. Le gouvernement allemand, en annonçant la prolongation du mandat de ses troupes au sein de la force de maintien de la paix, a déclaré que s’il les retirait, « la guerre civile éclaterait dans la capitale ».

Khalilzad a peut-être voulu éviter une lutte ouverte et acharnée entre Pachtounes et Tadjiks, mais en ne permettant pas aux Afghans de prendre leur destin en mains, il a jeté les bases d’un conflit plus grave. Le sentiment anti-américain parmi la majorité pachtoune s’accroît. Il se pourrait que les délégués de la Loya Jirga, de retour chez eux, défient Karzai.

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