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Le rôle des Anglo-Américains et des Français dans la crise allemande

La rédaction
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Les événements récents ont clairement montré que les « affaires de corruption » frappant la classe politique allemande ont un enjeu bien plus important que le simple problème du financement des partis. Alors que la situation politique et financière internationale est des plus instables, l’Allemagne -et avec elle l’Europe continentale - se trouvent en grande partie paralysées. Les véritables origines des scandales allemands recoupent des événements cruciaux dans la politique internationale de ces quinze dernières années :

  1. l’affaire Iran-Contra des années 80, dans laquelle l’ex-président Bush a joué un rôle central
  2. les accords géopolitiques autour de la réunification allemande, impliquant les « quatre puissances » - Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Union soviétique 
  3. la guerre du Golfe de 1991, le traité de Maastricht de 1992 et leurs liens avec l’Allemagne réunifiée.

La dimension géopolitique internationale de ces scandales a été mise en relief dans une « Lettre ouverte aux citoyens allemands » rédigée le 21 janvier par Helga Zepp-LaRouche, présidente du Mouvement des droits civiques-Solidarité. Elle exhorte ses concitoyens à ne pas se fixer sur les révélations quotidiennes partielles faites dans les médias. Pour comprendre le fond de l’affaire, on doit d’abord se rappeler que « jusqu’en 1989, l’Allemagne était un pays occupé », où aucun homme politique ou parti représenté au Bundestag n’osait prendre la moindre initiative importante sans avoir obtenu le consentement des establishments anglo-américains. Comme en Italie, le système politique allemand de l’après-guerre comprenait depuis le début des formes illégales et secrètes de financement des partis. Aujourd’hui, selon Mme Zepp-LaRouche, « les mêmes puissances anglo-américaines qui ont mis en place ce système politique (...) ont décidé de le démolir ».

La chute du mur de Berlin, en 1989, a présenté à l’Allemagne unifiée une possibilité de rétablir sa souveraineté nationale. Pour George Bush, Margaret Thatcher et François Mitterrand, ce fut un « cauchemar géopolitique ». Thatcher lança sa fameuse propagande contre le « Quatrième Reich », tandis que des proches de George Bush, dont Brent Scowcroft, Lawrence Eagleburger et Vernon Walters, conseillèrent au Président américain de ne pas s’opposer à la réunification, mais de chercher à l’endiguer - position proche de celle de Mitterrand. L’assassinat le 30 novembre 1989 du PDG de la Deutsche Bank, Alfred Herrhausen, un proche conseiller de Kohl en matière de réunification, se voulait un message sans ambiguïté pour le chancelier. Ayant accepté cet assassinat sans en dénoncer les vrais auteurs, Kohl et la classe politique allemande allaient abandonner la perspective de reconstruction économique des pays de l’Est et se résigner à l’auto-endiguement voulu par les quatre puissances. Ainsi :

  • le deutschmark fut abandonné et le traité de Maastricht sur l’Union monétaire européenne fut accepté
  • les meurtres de Herrhausen, d’Uwe Barschel (impliqué dans le scandale Iran-Contra) et de Detlev Rohwedder n’ont jamais été élucidés
  • de grandes quantités d’argent allemand furent transférées en Russie
  • et l’Allemagne a soutenu la guerre du Golfe par quelque 25 milliards de marks versés à ses alliés occidentaux et à Israël.

Dans sa déclaration, Helga Zepp-LaRouche se demande si ces mystérieux donateurs à la CDU étaient réellement des « hommes d’affaires allemands ». Ce financement occulte n’était-il pas plutôt destiné à s’assurer que Kohl respecterait ses accords avec les quatre puissances ? Sans doute est-ce la raison pour laquelle Kohl parle tant aujourd’hui de sa « parole d’honneur » qu’il ne trahira pas.

Selon des révélations en provenance de Paris le 22 janvier, l’ancien Président Mitterrand aurait personnellement ordonné le transfert de 30 millions de marks à la CDU, par le biais de réseaux liés aux services secrets. Apparemment, cet argent n’était pas lié au rachat de Leuna par Elf en tant que tel, mais devait amoindrir la forte résistance allemande au traité de Maastricht. Dans une émission commune, les chaînes allemande ARD et française France 2 ont cité un ancien conseiller anonyme de Mitterrand qui disait : « Ce n’était pas un pot-de-vin, mais de l’argent pour la campagne électorale de la CDU, un versement fait pour la raison d’Etat, pour l’Europe. »

Autre indice allant dans le même sens, le « suicide » le 20 janvier d’un directeur financier de la CDU, Wolfgang Huellen, et la disparition de fichiers importants qu’il détenait. Signalons aussi la révélation tardive d’un autre événement : la « disparition » (suicide ?) en décembre dernier, de Maro Meschkat, membre de la direction de la CDU dans le Schleswig-Holstein de 1981 à 1999, qui en savait sans doute beaucoup sur la mort de Barschel. Dans ce contexte, une attention particulière doit être portée aux révélations du trafiquant d’armes germano-canadien Karlheinz Schreiber, qui s’est vanté dans une interview au magazine Stern de pouvoir « entrer et sortir du Pentagone sans qu’on lui demande ses papiers d’identité ».

Aujourd’hui, comme le note Helga Zepp-LaRouche, l’Allemagne a « une classe politique discréditée, obsédée par ses propres scandales, et une population démoralisée. C’est une situation bien dangereuse surtout en un moment de crise où l’Allemagne aurait besoin de dirigeants éclairés. »

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