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Le sauvetage de Freddie et Fannie menace la Chine

La rédaction
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16 septembre 2008 (LPAC) — La décision de renflouer Fannie Mae et Freddie Mac touche très directement la Chine, qui compte parmi les premiers détenteurs de dollars et de bons du Trésor américains. En réalité, les intérêts fondamentaux de la Chine s’accordent avec une politique saine pour les Etats-Unis eux-mêmes, incluant une réorganisation en redressement judiciaire suivant le modèle de Franklin Roosevelt. Dans ce cadre, les bons du Trésor, qui constituent de la dette du gouvernement, seraient intégrés à un programme de reconstruction économique de type New Deal, qui aurait des effets bénéfiques pour les Etats-Unis, la Chine et le reste du monde. Les pertes que les investisseurs chinois pourraient subir sur l’énorme dette non gouvernementale, qui incluent en fait les titres de Fannie Mae et Freddie Mac, seraient mineures par rapport aux fruits d’une politique rooseveltienne.

Bien que la Banque populaire de Chine, comme tant d’autres institutions dans le monde, ait soutenu l’effet « stabilisateur » du renflouement des deux géants hypothécaires, nombre d’économistes chinois ont émis des réserves. Le renflouement aggrave encore le dilemme de la Chine, puisque la majorité de ses réserves en devises (équivalant à 1400 milliards de dollars) sont des dollars ou des actifs libellés en dollars. Le billet vert est en baisse par rapport au yuan et les exportations chinoises vers les Etats-Unis, déjà frappées par la chute du niveau de vie outre-Atlantique, reculent rapidement. Or, sortir du dollar n’arrangerait rien.

Un économiste de l’Académie chinoise des Sciences sociales, Dong Yuping, a reconnu dans le Quotidien du peuple du 9 septembre que des investisseurs chinois pourraient perdre beaucoup, si Fannie et Freddie font faillite. Cependant, le renflouement immédiat ne permettra pas d’améliorer la situation fondamentale du marché immobilier américain, il aura seulement « pour effet temporaire de stabiliser le sentiment du marché ».

Le gouvernement américain devra injecter davantage de fonds, mais où les trouver ? Il pourrait « émettre de nouveaux bons du Trésor, dit Dong, mais dans ce cas-là, la Chine devrait-elle en acheter ? Déjà, les bons du trésor détenus par la Chine, estimés à quelque 500 milliards de dollars, voient leur valeur diminuer à cause de la baisse du dollar. La Chine et le Japon, principaux détenteurs de bons du trésor, doivent prendre une décision difficile, dit Dong. S’ils augmentent leur portefeuille, personne ne sait ce que fera le marché. S’ils ne le font pas, la valeur de leurs actifs pourrait continuer à baisser. »

Fin juin, les banques commerciales chinoises détenaient pour 24 milliards de dollars de dettes de Fannie et Freddie. Selon l’agence AP, la Banque de Chine, qui a réduit son portefeuille de quelque 25%, a déclaré en août posséder 7,5 milliards de dollars de leurs titres et 5,2 milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires. La plus grande institution de prêt commercial est la banque industrielle et commerciale de Chine, qui a fait savoir, à la fin du mois dernier, qu’elle détient 465 millions de dollars de ces dettes de Fannie et Freddie, plus 2,2 milliards de titres adossés à des crédits hypothécaires.

Bien que Pékin espère réduire sa dépendance envers les exportations pour favoriser le développement national, cela demandera beaucoup de temps et d’investissement. Entre-temps, le déclin rapide des exportations frappe l’ensemble de l’économie, entraînant la fermeture de nombreuses usines produisant pour l’exportation et le licenciement massif d’ouvriers dont les salaires font vivre des régions rurales entières. C’est une des principales raisons pour lesquelles l’écart de revenus entre les populations urbaines et rurales de la Chine est le plus fort depuis le début de sa période de réforme et d’ouverture, il y a 30 ans.

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