Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Le scandale des tortures : un mauvais signe pour Gonzales

La rédaction
visites
758

Les rebondissements du scandale sur la torture systématique dans certaines prisons américaines risquent de compromettre la confirmation d’Alberto Gonzalez comme nouveau ministre de la Justice. En effet, celui-ci, alors qu’il était conseiller juridique de la Maison-Blanche, a joué un rôle capital dans l’adoption de ces méthodes et en le nommant ministre, George W. Bush affiche une nouvelle fois son profond mépris pour la justice et les droits civiques. Le gouvernement espère que le nouveau Sénat approuvera sans délai sa nomination dans les premiers jours de janvier, sans débat véritable. Cependant, si certains démocrates comme le sénateur LEVIN et des républicains proches de l’Armée agissent selon leur conscience, ils pourraient la bloquer.

En tout cas, la mobilisation est lancée. C’est ainsi que 126 médecins, actifs dans des organisations de droits de l’homme et qui ont eu à traiter des victimes de tortures, ont envoyé une lettre à la Commission judiciaire lui demandant de rejeter résolument la candidature de Gonzales. Par ailleurs, dans l’International Herald Tribune du 22 décembre, le journaliste William Pfaff fustige l’immoralité de la politique de sévices approuvée par l’administration Bush.

Dans son numéro double de fin d’année, le magazine Newsweek publie un article exclusif sur Gonzalez rédigé par deux journalistes d’investigation, Isikoff et Hersh. Il révèle en particulier que le conseiller juridique de la Maison-Blanche avait demandé à un subalterne, John Yoo, du ministère de la Justice, de rédiger un mémo préparant le terrain à l’adoption de pratiques de torture envers les prisonniers - sans toutefois mentionner le mot « torture » et en redéfinissant la notion de détenu. Selon des participants à des réunions à la Maison-Blanche sur ce thème, ce langage orwellien était une idée de Gonzales. « Une technique, le simulacre d’enterrement, était considérée comme trop dure, rappelle l’un des participants à la réunion », peut-on lire dans l’article. « Une autre, consistant à gifler les suspects, a provoqué beaucoup de discussions. Gonzales et les avocats ont discuté en détail d’une justification juridique de ces méthodes . »

Par ailleurs, dans une interview accordée à l’EIR, le général Joseph Hoar (cr) (voir ci-dessous) appelle le sénateur Leahy et d’autres membres de la Commission judiciaire du Sénat à « cuisiner » Gonzales à propos de son implication dans les mémos sur la torture. Le général Hoar fait partie d’un groupe d’officiers à la retraite, comprenant de nombreux anciens avocats généraux militaires, qui exige de l’administration Bush qu’elle renonce à ces pratiques. Ce groupe ad hoc devait tenir une conférence de presse à Washington le 4 janvier afin de rendre publiques leurs revendications.

Le général Hoar interviewé dans l’EIR

Lors d’un entretien le 1er janvier 2005, Jeffrey Steinberg, de l’Executive Intelligence Review, a demandé au général Joseph HOAR (cr), ancien chef du commandement central de l’Armée américaine (CENTCOM - qui comprend l’Asie du sud-ouest), ce qu’il pensait de la nomination d’Alberto Gonzalez comme nouveau ministre de la Justice, vu son rôle dans le cautionnement de la torture dans le cadre de la guerre au terrorisme.

Sa réponse : « Tout d’abord, sur le plan personnel, je peux dire que mon opposition à cela remonte au tout début de la guerre d’Irak, et même avant, à la guerre d’Afghanistan, pour laquelle Gonzalez avait rédigé le célèbre mémorandum pour le Président, dans lequel il qualifiait les Conventions de Genève de "dépassées et peut-être surannées". Je pense que c’est le mot qu’il a utilisé. Et je trouvais extraordinaire qu’un avocat, qui est en poste à la Maison-Blanche, puisse considérer ces Conventions, qui ont force de loi puisqu’elles ont été ratifiées par le Sénat, comme surannées et démodées, étant donné que la signature de ces Conventions a été motivée par la protection de soldats américains qui risquaient d’être faits prisonniers de guerre. (...)

« Je pourrais ajouter que les Français en Algérie avaient justifié la torture de prisonniers en se basant sur l’importance d’obtenir très vite les informations qu’ils cherchaient, mais rien ne prouve qu’ils aient obtenu de meilleurs résultats que les autres. (...) Un point intéressant aujourd’hui est le film La bataille d’Alger. C’est en quelque sorte un documentaire extrêmement puissant. Pour ceux d’entre nous qui ont servi dans l’Armée, c’est un grand exemple de comment le militaire français, qui a gagné la bataille d’Alger, a perdu son honneur et, en fin de compte, la guerre. Parce que toutes ces choses sont politiques, et non militaires, et que le miliaire doit servir les fins politiques du gouvernement. M. de Gaulle, en sa qualité de Président de la République et sur la base de sa longue expérience militaire, en était conscient. Il était sans doute la seule personne en France qui ait pu prendre la décision de se séparer d’Algérie et de lui accorder son indépendance . »

Quant à la guerre d’Irak, le général Hoar a été et reste l’un des adversaires les plus éminents de cette politique. A propos de la situation actuelle, il a commenté : « Laissez-moi commencer par Falloudjah. Je pense que cette ville sera déterminante dans le succès de la contre-insurrection. (...) L’objectif déclaré du Président, à ce que je crois, est la création d’un Irak libre et démocratique, ce qui inclut un Etat de droit et la protection des minorités. Si c’est cela notre objectif opérationnel, la destruction d’une ville de près de 300 000 habitants n’a aucun sens. Il existe une telle déconnexion entre le niveau stratégique et le niveau opérationnel que je crois que nous avons perdu. La manière dont nous avons perdu reste à déterminer, car les enjeux dépassent de loin les seules élections, qui sera élu et qui rédigera la nouvelle Constitution. Il y a des questions régionales auxquelles il faut réfléchir, par exemple ce qui se passera si une guerre civile éclate après les élections et ses effets sur nos amis dans la région. (...)

« Vous savez, en regardant en arrière, on doit dire qu’il n’y a pas eu d’effort perceptible d’autocritique. Aucun effort perceptible de reconsidérer les diverses phases de ce qui s’est passé ces deux dernières années, de s’asseoir ensemble et d’examiner ce qui s’est bien ou mal passé. On aurait dû prendre des mesures en conséquence, ce qui veut dire que certaines personnes auraient perdu leur poste. Je dis publiquement, depuis plus d’un an maintenant, que M. Rumsfeld et M. Wolfowitz devraient tous deux être remerciés. »

Contactez-nous !