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Le scrutin du Bade-Wurtemberg cache-t-il une « Tea Party » allemande ?

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Que le parti allemand des Verts, qui a vu son score doubler lors des élections régionales du Bade-Wurtemberg, passant de 11,7 en 2006 à 24,2%, a bénéficié de « l’effet Fukushima » ne laisse guère de doute. Depuis des mois, bien avant l’accident nucléaire au Japon, les Verts avaient réussi à mobiliser des milliers de manifestants pour s’opposer à la réalisation de « Stuttgart 21 », un grand projet de réaménagement ferroviaire impliquant la destruction de l’ancienne gare et l’arrachage d’une centaine d’arbres au centre de cette capitale très bourgeoise où les Verts raflent 42,5%.

Avec les sites de production de Porsche et de Daimler, la région du Bade-Wurtemberg, où la CDU régnait depuis 58 ans, est par excellence le land « de l’automobile » et le cœur des PME/PMI allemandes, exportatrices dans le secteur de la machine-outil.

Cependant, à part le nuage de l’hystérie anti-nucléaire, l’électorat allemand a également lourdement sanctionné l’inconsistance répétée d’Angela Merkel.

D’abord populaire car opposée aux renflouements de la Grèce et de l’Irlande, Mme Merkel a perdu tout crédit auprès de son électorat de droite en cédant aux pressions de Sarkozy et de l’UE qui ont fait valoir que la « solidarité » allemande est existentielle pour « sauver » l’euro, c’est-à-dire « l’Europe ».

Ensuite, sur la question du nucléaire, reconnaissons que Mme Merkel a eu le cran de décréter l’automne dernier une pause dans la sortie du nucléaire imposée par le gouvernement précédent du Chancelier socialiste Schroeder et les Verts.

Hélas, moins d’une semaine après Fukushima, Mme Merkel, dans une pure manœuvre électorale, a annoncé qu’elle revenait sur cette « pause » pour appliquer infailliblement la politique décidée par ses successeurs. Elle a aussi immédiatement décidé que l’Allemagne fermerait les plus anciennes centrales nucléaires allemandes, c’est-à-dire 7 sur 17, dont 2 parmi les 4 du Bade-Wurtemberg.

Enfin, troisième reniement : le fait que l’Allemagne ait voté, lors du vote sur la résolution 1973 à l’ONU, aux cotés de la Chine et de la Russie, contre le départ en guerre contre la Libye de Kadhafi n’a pas fait affluer les électeurs. Certes, 80% des Allemands ne souhaitent pas que le pays s’engage dans une nouvelle aventure militaire s’ajoutant à celle en Afghanistan, mais la position allemande à l’ONU, opposée à celle des Etats-Unis et de la France, est sans précédent dans l’histoire d’après-guerre. Les observateurs rappellent que lorsque Mme Merkel était à la tête de l’opposition, elle avait vigoureusement critiqué le Chancelier socialiste Schroeder quand il s’était opposé aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne en s’alignant sur la position française et russe contre l’intervention militaire en Irak.

Toutes ces ambigüités n’ont par permis de galvaniser un électorat conservateur qui s’accommode de plus en plus de la vision aristo-féodale des écolo-bobos d’aujourd’hui.

Alors qu’entre 1968 et 1980 la plupart des écologistes étaient des zazous, des va-nu-pieds et des jeunes aux cheveux crasseux choisissant la marginalité pour contester le système, l’écolo allemand type d’aujourd’hui est plutôt la femme médecin qui se rend en 4x4 chercher les gosses à la crèche au coin de sa rue et qui nourrit son toutou avec des produits bio haut de gamme, mais totalement hors de prix pour l’ouvrier lambda.

C’est le profil de celui qui sera désormais le premier ministre-président de l’histoire allemande, Winfried Kretschmann. Ce professeur de physique-chimie âgé de 62ans se présente comme « l’inventeur du réalisme » en écologie tout en affirmant que le nucléaire est son « casus belli ».

Un profil du Figaro le décrit : « Cheveux blancs en brosse, yeux bleus et lunettes fines, ce père de trois enfants n’avait pas l’ambition de devenir patron de région. Chef des Verts au Landtag de Stuttgart depuis 2002, adepte de l’orthodoxie financière, Kretschmann avouait même vouloir occuper le poste de ministre des Finances dans un gouvernement régional associant les écologistes aux conservateurs d’Angela Merkel. (…) Membre éminent de l’association des chasseurs de sa petite ville de Laiz, située à côté de Sigmaringen en Souabe, Kretschmann siège aussi au Conseil central des catholiques allemands et ne fait pas mystère de ses idées conservatrices. »

« Kretschmann offrait l’alternative idéale à Stéfan Mappus (le maire CDU pro-nucléaire de Stuttgart), estime le maire écologiste de Tübingen, Boris Palmer. Son discours est fondé sur des arguments solides et il colle donc très bien au Bade-Wurtemberg. »

Pour sa part, l’Humanité constate que « L’échec est lourd pour Die Linke [équivalent du Front de gauche outre-Rhin], qui ne tire aucun profit d’une campagne très offensive sur le front antinucléaire ou sur celui de la lutte contre la nouvelle gare de Stuttgart. Elle rassemble seulement 2,8 % des suffrages en Bade-Wurtemberg (3,1 % en 2006) et 3 % en Rhénanie-Palatinat (2,6 % en 2006). »

Et oui, Sarkozy et le Front de Gauche semblent l’ignorer, mais les électeurs préfèrent toujours l’original à la copie. Faire du populisme vert, noir, ou bleu marine, c’est toujours leur offrir un large boulevard.

Helga Zepp-LaRouche, de notre parti frère allemand, le Büso (Mouvement des droits civiques-Solidarité), estime que la situation actuelle est extrêmement instable et peut rapidement se retourner. L’aggravation de la crise financière et la réalité d’une économie physique qui s’écroule, risquent de rapidement redistribuer les cartes. C’est ce phénomène que l’on constate aux États-Unis, au Wisconsin en particulier. Les mêmes électeurs, qui avaient porté au pouvoir, il y a encore quelques mois, des républicains libertariens du Tea Party, manifestent désormais chaque jour dans la rue pour les chasser ! C’est cela, une dynamique de grève de masse. Souvent, elle sait ce dont elle ne veut pas, sans savoir pour autant où elle veut aller.

Allemagne, Etats-Unis, France : la vraie question du leadership est posée. On prend rendez-vous ?


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