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Le sommet Bush-Sharon

La rédaction
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« Nous sommes parvenus à une dangereuse croisée des chemins. (...) Ce plan est absolument inacceptable et allumera dans la région un incendie plus intense que celui dont nous sommes aujourd’hui témoins en Irak. » C’est ainsi que l’ancien ministre palestinien, Yasser Abed Rabbo, a commenté le désastreux sommet du 14 avril entre le président George W. Bush et le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Rappelons que Rabbo est le co-initiateur, avec le président du Yahud israélien, Yossi Beilin, de l’accord de paix de Genève et qu’il est considéré comme un dirigeant palestinien modéré. Ses avertissements doivent être pris particulièrement au sérieux.

D’un trait de plume, Bush a renié la pierre angulaire de la politique américaine au Proche-Orient depuis quatre décennies, jetant unilatéralement aux orties 40 résolutions des Nations unies, dont plusieurs avaient été co-initiées par les Etats-Unis. Dans une lettre officielle, le Président des Etats-Unis affirme que l’Amérique n’est plus un médiateur à la recherche d’une solution au conflit arabo-israélien, mais un partenaire à part entière de la politique de Sharon consistant à dicter aux Palestiniens un règlement unilatéral. Cette politique ne peut que mener à la guerre.

L’assassinat du dirigeant du Hamas, Abdel Aziz Rantisi, dans les 24 heures qui suivirent le retour de Sharon de Washington, accompagné de la menace d’attaquer des agents du Hamas en Syrie, confirme que le plan de « désengagement » de Sharon est en réalité un plan de guerre. Des Israéliens de haut niveau craignent que Sharon ne soit revenu de Washington avec un « feu vert » pour l’assassinat non seulement de Rantisi, mais du président palestinien Yasser Arafat.

Dans sa lettre, Bush accorde à Sharon tout ce qu’il voulait. Malgré une mention pure formelle de la Feuille de route pour une paix au Proche-Orient, Bush a clairement fait comprendre que ce n’est plus qu’un chiffon de papier. En voici les points principaux :

  • négation de toute légitimité à l’Autorité nationale palestinienne (AP). Cette dernière, qui est reconnue comme représentative de la population palestinienne par l’ensemble de la communauté internationale, y compris les Etats-Unis, n’est pas mentionnée une seule fois dans la lettre ; on y parle uniquement de « Palestiniens » ou d’« institutions palestiniennes » sans les nommer. Ainsi, Bush fait sienne l’affirmation de Sharon selon laquelle « il n’y a aucun partenaire palestinien ». Le Président américain va jusqu’à déclarer que les Etats-Unis s’efforceront d’établir une « nouvelle direction » palestinienne, tout en acceptant le préalable de Sharon selon lequel le terrorisme doit s’arrêter avant l’engagement de toutes négociations avec les Palestiniens.
  • soutien total à Sharon sur la question des réfugiés palestiniens, à savoir qu’ils ne pourront plus rentrer dans leur foyer si celui-ci se trouve dans ce qui est actuellement l’Etat d’Israël. La lettre de Bush affirme que la solution au problème des réfugiés est à chercher « dans l’établissement d’un Etat palestinien, et l’installation des réfugiés palestiniens là, plutôt qu’en Israël ». Chacun sait que c’est une des questions les plus sensibles dans le conflit actuel et qu’elle doit être traitée, non par les Etats-Unis, mais par le biais de négociations entre Israël et l’AP. C’est ce qu’affirme la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, dont les Etats-Unis sont signataires, ainsi que la Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU.
  • légitimisation totale des colonies israéliennes en Cisjordanie. Bush rejette ainsi la Résolution 242, qui est la pierre angulaire de la politique proche-orientale de l’Amérique et de la communauté internationale. La lettre précise : « A la lumière des nouvelles réalités sur le terrain, notamment des importants centres de population israéliens déjà existants, il est irréaliste de penser que le résultat des négociations sur le statut final se traduira par un retour complet aux lignes de l’armistice de 1949 [les frontières de 1967]. (...) Tout accord sur un statut final ne pourra être conclu que sur la base de changements mutuellement acceptés reflétant ces réalités. » Pourtant, en vertu du droit international, ces colonies israéliennes sont illégales et la politique des Etats-Unis défend cette position depuis la guerre de 1967.
  • L’administration Bush a annoncé qu’une équipe serait envoyée d’ici quelques jours pour déterminer les limites des colonies, ce qui permettra à Sharon de lancer une campagne massive d’extension des colonies qui, pour la première fois depuis 1967, seront sanctionnées par le président des Etats-Unis et financées par les contribuables américains.

    En échange de tout ceci, Sharon a promis à Bush qu’Israël se retirerait de la Bande de Gaza. Le président américain a soutenu ce plan de désengagement avant même qu’il soit accepté par le cabinet israélien. En outre, Sharon a déclaré que ce retrait ne s’effectuerait pas avant juin ou juillet 2005. Dans l’intervalle, Sharon aura tout loisir de lancer une guerre régionale afin de mettre en œuvre sa véritable politique : « la Jordanie, c’est la Palestine » et de renvoyer les Palestiniens au-delà du Jourdain.

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