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Le synarchisme et Felix Rohatyn

La rédaction
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Dans un discours prononcé le 2 décembre 2005 à l’université de Harvard, la présidente du groupe démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a présenté une proposition pour relancer l’économie américaine à l’aide d’un effort conjoint d’investissements publics et privés. Son discours témoigne de l’écho que rencontre la théorie économique de Lyndon LaRouche (crédits productifs à long terme et à faibles taux d’intérêt) chez les dirigeants démocrates américains. Peu après la prochaine conférence internet de LaRouche, le 12 janvier à Washington, qui traitera des questions économiques et financières, différents dirigeants démocrates se réuniront les 19 et 20 janvier dans la capitale américaine pour une conférence extraordinaire sur la politique économique.

Dans ce contexte, le banquier Felix Rohatyn, qui se dit démocrate, tente à nouveau de coopter le ferment en germe dans le Parti démocrate. Dans le Washington Post du 13 décembre, Rohatyn présentait sa propre contre-proposition, intitulée « Il est temps de rebâtir l’Amérique : un plan pour dépenser plus - et sagement - pour notre infrastructure en décrépitude ». Dans son commentaire, il appelait à la création d’une entité financière privée pour émettre des obligations destinées à financer avec des fonds privés des projets d’infrastructure. Pour Lyndon LaRouche, cet article est un exemple typique de « sophisme » de la part d’un porte-parole du « synarchisme européen ». De quoi s’agit-il réellement ?

Pour donner une réponse satisfaisante à cette question, un rappel historique est nécessaire. Bien que le terme de synarchie ait été inventé par Joseph-Alexandre Saint-Yves, alias D’Alveydre (1842-1909), ses origines remontent aux années 1770 en France. A l’époque, on utilisa des organisations franc-maçonnes secrètes, parrainées depuis Londres, fief de Jeremy Bentham, pour s’assurer que la Révolution et la République américaines ne soient reproduites sous quelque forme que ce soit en Europe, notamment en France. Suite à ces manipulations, la Révolution française se transforma en tragédie sanglante, se prolongeant dans le règne de Napoléon Bonaparte puis celui de son neveu, Napoléon III. Un acteur essentiel des débuts du synarchisme fut le savoyard Joseph de Maistre, qui conçut le rôle de dictateur joué par Napoléon 1er comme modèle des futurs dirigeants fascistes.

Passons rapidement au XXème siècle ; la plus puissante organisation synarchiste française, le Mouvement synarchiste d’Empire (MSE) et son aile militaire, la Convention synarchique révolutionnaire (CSR), furent fondés en 1922, au moment de la marche sur Rome de Mussolini. Dans La France Intérieure de février-mars 1945, l’enquêteur Robert Husson écrivait que le MSE était la grande société fasciste secrète française. Depuis sa création, affirmait-il, cette institution recrutait, patiemment et prudemment, les hommes destinés à prendre le pouvoir après la révolution qui devait détruire, coûte que coûte, « toutes les institutions républicaines ».

Dans une lettre au président Franklin Roosevelt, datée du 7 janvier 1942 à Londres, l’ambassadeur américain Anthony Drexel Biddle décrivait la « clique de la Banque Worms » qui contrôlait le gouvernement de Vichy en France. « Ce groupe ne devrait pas être considéré comme français, pas plus que ses homologues en Allemagne ne devraient être considérés comme allemands, car les intérêts de ces deux groupes sont si mélangés qu’on ne les distingue pas », ne s’intéressant, d’après Biddle, qu’au « développement de leurs investissements industriels et financiers ».

La Banque Worms avait été créée pour servir de véhicule politique et financier au réseau étroitement intégré des banques Lazard Brothers de Londres, Lazard Frères de Paris et Lazard Freres de New York. André Meyer, le patron de Rohatyn, fut un collaborateur important, puis directeur associé, de Lazard Frères Paris. Il était proche des conspirations synarchistes centrées en France, à l’origine du fascisme en Italie (1922), au Portugal (1932), en Allemagne (1933), en Espagne (1939) et dans d’autres pays. En France même, la synarchie tenta sans succès de renverser la Troisième République à l’occasion de trois tentatives de putsch : en 1928 avec le maréchal Lyautey, en 1934, avec les Croix de Feu du colonel de LaRocque et l’Action Française de Charles Maurras, et en 1937 avec les Cagoules d’extrême-droite, tout en « sapant de l’intérieur » et en infiltrant les gouvernements successifs. En 1940, le synarchisme permet d’expliquer le grand « mystère » de la débâcle de l’armée française face à la Wehrmacht en seulement six semaines.

En 1933, H.G. Wells et Aldous et Julian Huxley avaient déjà créé à Londres une organisation synarchiste britannique sœur, appelée « Fédération de la société et des individus progressistes ». Dans leur Manifesto, ils écrivaient : « En 1931, il y eut une opération destinée à amener l’Allemagne dans le projet de dictature et d’empire mondiaux. La monarchie britannique était derrière ; d’autres étaient derrière ; des gens à New York étaient derrière. (...) Ce projet était basé en France, autour de sociétés comme Lazard Frères (...). L’objectif était le réarmement de l’Allemagne pour détruire l’Union soviétique. Tandis que l’Allemagne serait embourbée en Russie, (...) les alliés - la France et la Grande-Bretagne - comptaient attaquer l’Allemagne par derrière, l’écraser, et en même temps se débarrasser de l’Union soviétique, et établir une dictature mondiale. »

Enfui à New York en 1940, André Meyer allait prendre plus tard sous son aile le réfugié juif viennois Felix Rohatyn, pour lui succéder à la place de son propre fils Philippe.

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