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Les Américains votent contre Wall Street

La rédaction
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15 juin 2010 (Nouvelle Solidarité) — Les primaires démocrates et républicaines du 8 juin ont infligé une défaite à la plupart des candidats sortants. Seule exception notable, la victoire au deuxième tour de la sénatrice démocrate Blanche Lincoln, dans l’Arkansas. A l’origine d’un amendement pénalisant les produits dérivés, désormais inclus dans la loi dite de réforme financière du sénateur Christopher Dodd, Mme Lincoln avait fait l’objet d’une contre-attaque du lobby des banques, par l’intermédiaire de MoveOn.org et du SEIU (syndicat dissident des salariés des services), deux organisations bénéficiant des largesses de George Soros. Malgré cet appui financier de poids, leur candidat favori, Bill Halter, n’a obtenu que 48 % des voix contre 52 % pour Mme Lincoln.

Au cours de sa campagne, celle-ci souligna qu’elle s’en prenait effectivement à Wall Street, par exemple avec son amendement qui prévoit l’échange en Bourse pour la plupart des produits dérivés ainsi que leur autorisation, la régulation prudentielle des principaux traders de swaps, y compris des règles concernant les fonds propres et de bonne conduite, la cession par les banques à risque systémique des guichets de swaps à risque et l’autorité pour les régulateurs d’interdire des swaps susceptibles de provoquer l’instabilité et dépourvus d’utilité économique.

Suite à sa victoire, Lincoln a immédiatement défendu cette mesure avec des arguments nets et incisifs, lors de la session d’ouverture de la commission chargée de concilier les deux propositions de réforme financière adoptées réciproquement par la Chambre et le Sénat. Elle a noté que les produits dérivés, une décennie après leur dérégulation, représentait un marché de 600 000 milliards de dollars. En outre, au coeur du problème des banques "too big to fail", on constate que 97 % du volume des swaps aux Etats-Unis se concentre dans les mains de seulement cinq banques.

Lincoln a bénéficié du soutien de l’ancien président Bill Clinton, qui mobilisa ses partisans et fit personnellement campagne pour elle au cours des trois dernières semaines. Elle fut aussi soutenue par Tom Harkin, sénateur démocrate de l’Iowa, qui a souligné comment la loi Glass-Steagall Act de 1933 avait protégé le pays des crises financières depuis sa mise en vigueur jusqu’à son affaiblissement progressif, puis son abrogation définitive dans les années 1990. Pour lui, ce « ragoût » composé de banques commerciales, de banques de placement et de sociétés d’assurance « nous a rendus malades. (...) On peut remettre le génie dans la bouteille, affirme-t-il. La seule solution consiste à revenir au Glass-Steagall ». Harkin, qui fut à l’époque l’un des huit sénateurs s’étant opposés à l’abrogation de cette loi, parraine actuellement une proposition de loi prévoyant son rétablissement.

Deux présidents régionaux de la Réserve fédérale, Thomas Hoenig du Kansas et Richard Fisher du Texas, ont également écrit à Blanche Lincoln pour soutenir les dispositions de sa loi contre les produits dérivés. De son côté, Hoenig écrivit : « Comme vous le savez, les banques commerciales sont le gardien des fonds des déposants, à qui l’on fait confiance, ainsi que le principal intermédiaire du système national et international de règlements – un rôle décisif pour la stabilité financière et économique. Je maintiens depuis longtemps que l’activité des banques commerciales en matière de produits dérivés devrait se limiter à celles destinées à atténuer le risque sur le bilan de l’institution en question. Par conséquent, je soutiens la réintroduction de lois de type Glass-Steagall afin de séparer les activités à plus fort risque, et souvent à plus fort effet de levier, des banques de placement, de celles des banques commerciales."

Trois propositions de loi actuellement déposées au Congrès prévoient un genre de Glass Steagall, l’une au Sénat parrainée par le républicain John McCain et la démocrate Maria Cantwell, et deux à la Chambre, l’une déposée par John Dingell du Michigan et l’autre par Maurice Hinchey de New York, tous deux démocrates.

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