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Les Néo-cons à l’œuvre pour lancer la guerre contre la Syrie

La rédaction
1765 visites | 7 commentaires

Par Christine Bierre,
rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité.

Résultat de la forte offensive menée par la Russie contre le scénario de guerre anglo-américano-français, du véto Russe et Chinois au Conseil de sécurité des Nations-Unis, des divisions au sein de la Ligue Arabe et de fortes dissensions venant des militaires américains, l’offensive militaire contre la Syrie et l’Iran semble s’essouffler, au moins temporairement, et les signes de désarroi au sein du parti de la guerre se multiplient.

Il n’y a plus désormais que les milieux les plus réactionnaires, liés à l’Arabie Saoudite, au Qatar, et aux vieux néo-cons, désespérés de pouvoir reprendre du service et d’aller détruire quelque part pour exiger une opération militaire directe contre Bachar.

Notons, en passant, le rôle désormais central, attribué par l’oligarchie de la City de Londres et de Wall Street, au Qatar dans la conduite des politiques de l’Empire dans la région, un Qatar qui avait introduit dans le jeu régional depuis la médiation sur le Liban de 2008, comme la Turquie auparavant, pour petit à petit installer la confiance qui leur permettrait de jouer plus tard le rôle des supplétifs de l’Empire. Pour compléter la mue, le Qatar vient d’annoncer l’adoption du wahhabisme comme religion officiel de l’Emirat !

Évoquons cependant une série d’événements qui montrent des désaccords certains sur une option militaire, à la Libyenne, en Syrie. Il s’agit peut-être de désaccords au niveau du timing d’une guerre, ou plutôt du type de guerre à mener, certains analystes de la région notant le fait que l’objectif de l’Empire est désormais de provoquer l’implosion du régime de Bachar el-Assad, et de la Syrie, grâce à une guerre économique accrue et à des actes de sabotage contre les installations militaires et les infrastructures du pays.

Parmi les évolutions importantes :

  • Le gel des relations militaires entre deux acteurs clés de l’offensive militaire, la France et la Turquie, provoqué par des considérations électorales d’un Sarkozy, à la recherche de toutes les voix nécessaires pour gagner, y compris celles de la communauté arménienne qui a obtenue une loi condamnant le génocide du régime Ottoman contre l’Arménie ;
  • La signature d’un accord parmi les deux groupes principaux de l’opposition syrienne, le Conseil national syrien (CNS) et le Comité de coordination national pour le changement démocratique (NCC), décrit comme l’accord des « 3 non » — non à une intervention étrangère, non à utilisation de la violence contre le gouvernement d’Assad, et non aux provocations de conflits ethniques. Bien que tous les courants ne soient pas d’accord, ce texte est le premier sur lequel un certain accord s’exprime, et devrait être présenté à la Ligue Arabe ce mois.

Dans une interview à Al-Akhbar au Liban, Haytham al-Manna, un dirigeant du NCC a incité l’opposition syrienne à chercher de l’aide pour les des réformes légitimes auprès de la Russie, la Chine et l’Iran – plutôt qu’auprès des pays occidentaux comme la France et la Grande Bretagne qui ne sont pas fiables. « Nous n’avons pas encore vu venir le père Noël qui sauve les pays des dictatures puis dit au-revoir et s’en va de façon pacifique. L’intervention militaire occidentale n’est tout simplemetn pas une solution », a-t-il dit.

  • Le 1er janvier, en marge de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), à Jeddah en Arabie Saoudite, Ekmeleddin Ihsanoglu, le responsable turque de l’organisation a déclaré que l’OCI s’oppose à toute intervention étrangère dans la crise syrienne et a appelé au dialogue pour résoudre les problèmes, y compris ceux qui se posent dans le Detroit d’Hormuz.

Londres et les néo-cons incitent à la guerre

Qui sont donc ceux qui poussent à la guerre ? Trois centres basés à Londres : l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le Centre de ressources stratégiques et de communications (CRSC), et la télévision satellitaire, Barada TV.

L’OSDH est la « seule » source des informations diffusées par la « résistance syrienne », y compris des décomptes de prétendues victimes, aux médias et aux institutions internationales. Les statistiques lui sont fournies par le CRSC dirigé par Ausama Monajed.

Qui est cet homme qui semble jouer aujourd’hui le rôle d’Ahmed Chalabi et de son Congrès national irakien dans la guerre contre l’Iraq, c’est-à-dire celui d’opposants qui gonflent les chiffres à souhait pour justifier les attaques militaires coloniales. Monajed représente l’opposition syrienne à Chatham House, le principal think-tank de l’oligarchie britannique.

Il est en contact avec Project Democracy, aux Etats-Unis, les éléments chargés de déboulonner les ennemis des Etats-Unis via des révolutions à couleur. Il est aussi l’invité de séminaires de l’USIP (US Institute for Peace) à Washington. Monajed a quitté la Syrie en 2005 pour s’installer à Londres sous la houlette de Tony Blair. A l’époque l’objectif était de déstabiliser la Syrie alors qu’elle occupait encore le Liban et qu’elle avait été accusée d’avoir assassiné Rafik Hariri.

Aux États-Unis, les opérations contre la Syrie sont coordonnées en partie par Steve Simon, du Conseil national de sécurité, avec un petit groupe de responsables du Département d’Etat, de la Défense, du Trésor.

Le lien entre Monajed et les néoconservateurs est assez évident. Monajed vient de publier un document intitulé Safe Area for Syria appelant à une intervention armée contre la Syrie.

Ce document a été préparé par Michael Weiss, le directeur en communication pour la Henry Jackson Society à Londres. Il reprend mot par mot l’appel à la guerre lancée par la Henry Jackson Society début décembre.

Or qui fait partie de cette société ? Richard Perle, James Woolsey, William Kristol, Joshua Muravchik, la crème de la crème des néo-conservateurs, tous parrains aussi d’Ahmed Chalabi !

On y trouve également le nouvel ambassadeur nommé par Obama en Russie, Michael McFaul ! Du côté britannique, la liste n’est pas piquée de hannetons. On y trouve le 13eme Marquis de Lothian, Michael Ancram, petit fils du fondateur de la Table Ronde britannique, Philip Kerr, ainsi que Sir Richard Dearlove que Tony Blair avait nommé à la tête des services secrets britanniques entre 1999 et 2004.

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Vos commentaires

  • Le 2 février 2012 à 03:03
    par profane

    Les néo-conservateurs empruntent des voies quand même plus légitimes et légalistes que de tout temps pour se débarrasser des dictateurs indélicats, sont-ils bien des néo-conservateurs ?

    L’article est instructif sur quelques "check-holders" mais il ne faudrait pas appliquer toujours simplement l’unique grille de lecture "néo-conservateurs" pour analyser chaque crise dans les dictatures. C’est réducteur et relève du langage de propagande.

    Pour ma part j’y vois le retour à la diplomatie du compromis, où l’ensemble des acteurs interviennent légitimement ,car dans la défense de leurs intérêts respectifs, du local (Etat et opposition syrienne, Ligue Arabe, Iran) au global (ONU, Occident, Russie, Chine) avec une recherche de cadre légal au traitement de la crise. La guerre reste une option, mais n’est qu’une option.

    Répondre à ce message

  • Le 12 janvier 2012 à 02:14
    par Revolutionair_arab

    je respecte ce que fait solidarité et progrès mais sur le sujet de la situation en Syrie, je pense que vous faites une injustice intellectuel. Le peuple syrien souffre vraiment de la dictature criminel du régime Bachar Assad, donc inutile de réduire le problème a un complot international. Même si le malheur de ce peuple réside aussi dans ces marchands de guerre qui se présentent à son aide.

    • Le 13 janvier 2012 à 09:13
      par Barca

      Énorme méconnaissance de la Syrie, et sans doute aussi du monde en général.
      Vous êtes allés dans ce pays voir comment les gens "souffres" ?
      Vous croyez qu’ils sont malheureux parce qu’ils ne peuvent pas se payer une grosse voiture, un ipad, et autres conneries matérialistes typiquement Occidentales ?

      Mais regardez aussi du côté de la France, là vous en trouverez des miséreux !! Allez-y faire un tour en banlieue, parler aux petites gens, comme ces personnes âgées que la France écrase de tout le poids de son injustice sociale.

      A l’instar de la Libye, la propagande veut nous faire croire que les gens souffrent massivement dans ces dictatures ("assumées", alors que chez nous on parle de "dictature molle" car bien plus perfide) afin de pouvoir intervenir et renverser le Régime qui n’est pas favorable à l’expansion des USA dans le monde.

    • Le 13 janvier 2012 à 15:48
      par Revolutionnair_arab

      Je vois que le syndrome d’iceberg explique mieux les discussions à ce sujet. Chacun à une perception qui dépend de lui pour la partie visible au dessus de l’eau et qui représente 10% seulement de l’iceberg. mais la réalité se trouve sous l’eau et vous ne le voyez pas si vraiment vous ne faites pas l’effort ou si vous ne rentrez pas quasiment dedans lorsque vous passez dessus. Alors moi je suis Tunisien, et en Tunisie, on a déjà touché l’iceberg et je sais de quoi il s’agit lorsque je parle de dictature dans les pays arabes. ce n’est pas seulement de la géopolitique qu’il s’agit mais c aussi une gouvernance interne corrompu et dirigé par des familles mafieux, c sa la réalité

    Répondre à ce message

  • Le 11 janvier 2012 à 20:32
    par soubise

    Bien sur il faut absolument déstabiliser, avoir la peau de Bachar et détruire ce pays pour mieux le détrousser et s’offrir de le reconstruire.
    Avec la double avantage de faire de l’air à ce pays de rognures qu’est Israël.
    Justement, comme vous le dites si bien,l’offensive militaire contre la Syrie et l’Iran semble s’essouffler, alors un petit attentat ciblé sur un journaliste pour relancer la campagne de désinformation.
    Les journaleux sur place, ne font que jouer le jeu des porteurs de guerres, je préfère de loin l’analyse que nous offre Thierry Meyssan :http://www.voltairenet.org/Thierry-Meyssan-La-recolonisation.

    • Le 12 janvier 2012 à 10:58
      par Julien Lemaître

      @Soubise
      je crois que s’en prendre à un pays est toujours tomber dans le piège des empire, qui n’ont rien à voir avec les États-Nations.

    Répondre à ce message

  • Le 11 janvier 2012 à 23:00
    par petite souris

    Merci Christine pour cette analyse et ces informations.

    Il s’agit peut-être de désaccords au niveau du timing d’une guerre
    En effet, Obama tout comme not’président sont en campagne électorale et déclencher une guerre pendant cette période serait nocif pour leur réélection indispensable pour les hommes de la City .....

    Répondre à ce message

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