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Les Troupes balistiques russes : mieux vaut moins mais mieux

La rédaction
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Par Viktor Litovkine, commentateur militaire de RIA Novosti

La conférence de presse donnée par le commandant des Troupes balistiques stratégiques (RVSN) russes, le général de corps d’armée Nikolaï Solovtsov, n’a rien révélé de sensationnel. Les spécialistes et experts analysant la situation dans les troupes balistiques n’ont rien entendu de foncièrement nouveau de la bouche du général. Exception faite, peut-être, de ses propos selon lesquels suite au projet de déploiement de missiles antimissiles et de radars en Pologne et en République tchèque la Russie dénoncera probablement le Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (FNI) et que le commandement des RVSN ne manquera pas de réagir à cet événement. Il est toujours prêt, comme avant l’entrée en vigueur du Traité FNI, à gérer les missiles à portée intermédiaire, qui éventuellement pourraient être ciblés sur les sites militaires américains implantés en Europe orientale.

« Pour l’instant rien n’y est déployé », a dit le général Solovtsov. Seulement si la Pologne et la République tchèque prennent cette décision, les RVSN pourraient orienter leurs missiles sur ces sites également. Interrogé par le commentateur militaire de RIA Novosti sur la question de savoir si l’industrie russe était en mesure de fabriquer ce type de missile en quantités suffisantes, le général a indiqué : Les missiles à portée intermédiaire ont certes été détruits, mais il reste les dessins et la technologie. Relancer la production ne sera pas compliqué. Mais avec une technologie nouvelle, des éléments nouveaux, un système de commande nouveau.

Ces déclarations ne sauraient être qualifiées de sensationnelles après que le président Vladimir Poutine, le chef d’Etat-major général des forces armées, le général Youri Balouevski, et le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, aient annoncé un retrait éventuel de la Russie du Traité FNI. Cependant, sur la toile de fond des propos sur les missiles et radars américains, il est une nouvelle qui pouvait difficilement passer inaperçue. Le général Solovtsov a annoncé la dissolution en 2007 de deux régiments de RS-12M Topol mobiles de la division de missiles de Kansk, dans le territoire de Krasnoïarsk (il s’agit de 16 systèmes de SS-25 Sickle), et la dissolution en cours d’un régiment de la division de Kozelsk, déployée dans la région de Kalouga. Il y a là-bas six régiments de missiles UR-100NUTTX ensilés (60 systèmes SS-19 Stiletto emportant six ogives à guidage individuel et de 750 kilotonnes chacune). Un régiment - 10 missiles - sera liquidé d’ici à la fin de l’année.

Cette réduction programmée et les réductions de missiles stratégiques qui suivront seront-elles préjudiciables à la sécurité de la Russie ? Le commandant des RVSN est catégorique sur cette question : non. C’est que ces réductions sont conformes aux engagements pris par la Russie dans le cadre du Traité SALT-1 et du Traité sur la réduction des potentiels stratégiques offensifs (PSO). Le dernier accord bilatéral avec les Etats-Unis implique que d’ici au 31 décembre 2012 Moscou, tout comme Washington, d’ailleurs, ramène à 1700-2200 unités le nombre de ses ogives nucléaires placées dans les missiles déployés. Ce qui sera fait, a dit le général Solovtsov. Actuellement nos missiles comportent une bien plus grande quantité de ces ogives, a-t-il indiqué sans en préciser le nombre exact.

Cependant, pour le savoir il suffit de consulter des ouvrages de référence librement accessibles pour apprendre qu’à la fin de 2006 les RVSN russes disposaient de 762 missiles stratégiques à même d’emporter 3373 ogives nucléaires. Les troupes commandées par le général Nikolaï Solovtsev sont équipées de 503 missiles pouvant acheminer sur cibles 1853 ogives nucléaires.

Intervenant le 7 février dernier devant la Douma (chambre basse du parlement), le ministre d’alors de la Défense, Sergueï Ivanov, avait annoncé que l’armée russe allait être dotée de 17 systèmes de missiles stratégiques Topol-M. Si l’on se souvient que lors de sa conférence de presse le général Solovtsov avait annoncé que le premier groupe doté de trois systèmes Topol-M mobiles allait être transformé en régiment en lui ajoutant trois autres systèmes, cela signifie que ces missiles seront soit ensilés soit mobiles, mais ce seront tous des Topol-M. 

Le général Solovtsov a indiqué que d’ici à 2016-2018 les Topol M ensilés ou mobiles constitueraient le fer de lance des Troupes balistiques stratégiques russes. En ce qui concerne l’ancien ministre de la Défense devenu premier vice-premier ministre, il avait dit que d’ici à 2015 l’armée russe prendrait possession de 34 autres missiles ensilés (actuellement on en dénombre 43) et de 66 systèmes mobiles. Ce qui signifie que le parc de Topol-M comportera environ 150 missiles. Ces derniers sont monoblocs, c’est-à-dire qu’ils n’emportent qu’une ogive. Après 2009, lorsque les restrictions du Traité SALT-1 auront été levées, il n’est pas exclu que les nouveaux Topol-M à ogive à guidage individuel soient dotés de têtes à charges multiples. Sinon la Russie ne pourrait pas remplir les engagements découlant du Traité PSO.

Bref, si la conférence de presse du général Solovtsev n’a rien révélé de sensationnel, l’analyse de ce qui y a été dit permet de se faire une idée assez nette du développement des Troupes balistiques stratégiques russes. Les missiles dont disposera la Russie seront moins nombreux, mais de qualité supérieure, à même de percer les défenses antimissiles d’aujourd’hui et de demain.

(L’avis de l’auteur peut ne pas coïncider avec celui de la rédaction.)

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