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Les derniers jours de l’euro ?

La rédaction
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23 février 2010 (Nouvelle Solidarité) – L’écroulement du système financier international, avec toutes ses conséquences, finit par faire éclater une vérité noyée dans bien des mensonges et encore plus d’illusions : le socle d’une monnaie n’est pas sa valeur « monétaire » (une convention), mais l’engagement d’un Etat-nation sur lequel elle repose (une intention). En bref, sans Etat, pas de monnaie. Et puisqu’il n’y pas d’Etat « européen », sa monnaie est un leurre.

Après le soi-disant triomphe des monétaristes keynésiens en 2009 (socialisant les pertes, tout en privatisant les profits), les déboires actuels redonnent de l’élan aux monétaristes libéraux, pour qui l’euro n’était qu’une vaste tricherie. Certains évoquent même la vengeance posthume de feu Milton Friedman, le père de l’école ultra-libérale de Chicago, conseiller du dictateur Pinochet et de Thatcher ! En 1999, peu avant l’adoption de l’euro, Friedman n’avait-il pas averti que « l’euro, en toute probabilité, ne survivra pas la première crise économique venue. La zone euro éclatera probablement après une dizaine d’années… »

En tout cas, le débat fait rage et plusieurs gouvernements préparent des options de rechange, au cas où… Même à Francfort, siège de l’illustre Banque centrale européenne (BCE), le doute gagne les élites. Inimaginable encore il y a un mois, la rédaction du quotidien libéral Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), dimanche dernier, dans un commentaire ayant comme titre : « Les pour et les contre, doit-on abandonner l’euro ? », avoue que sa rédaction est totalement divisée sur le sujet.

En France également, le tabou tombe. Dans une tribune parue dans le Figaro du 21 février sous le titre : « Il faut cesser de tricher avec l’euro ! », l’économiste euro-sceptique Jean-Jacques Rosa et l’ancien directeur du Figaro Philippe Villin, affirment que « les crises grecque et espagnole, qui vont s’accélérer dans les semaines à venir, sont une occasion unique de mettre un terme politique au contresens et à l’arrogance technocratique d’il y a vingt ans, qui a constitué la pire erreur de politique économique depuis la déflation Laval des années 1930 ».

Il est donc urgent de reconnaître « l’échec patent de l’euro ». Oubliant comment l’euro fut imposé à coup de crosses aux Allemands par feu François Mitterrand et Margaret Thatcher en échange d’une acceptation de la réunification, les auteurs affirment que si la monnaie commune est par terre, c’est la faute aux Allemands ! Car nos voisins d’outre-Rhin n’auraient vu dans l’euro que la poursuite de leur politique égoïste du « mark fort » : « La surévaluation structurelle du change est le choix de l’Allemagne, qui est seule capable d’exporter ses produits rares dans ces conditions, grâce aux talents et à la rigueur de sa population bien formée, âpre au travail et craignant toute inflation. Mais elle profite aussi de l’euro pour exporter des produits plus courants, relativement chers, dans la zone euro, à la faveur de la suppression de toute concurrence par ajustement des changes dans les pays plus inflationnistes comme l’Italie ou l’Espagne. Ces derniers, qui équilibraient jadis leurs comptes grâce à cette soupape de sûreté, ne peuvent plus le faire avec l’euro ».

Frisant la germanophobie, Rosa et Villin écrivent que cette politique de l’euro fort ne serait que l’accomplissement sournois « du rêve allemand des années 1930 : une zone industrielle autour du Rhin s’étendant de Rotterdam aux Alpes bavaroises, et s’appuyant sur un Hinterland de sous-traitance à bas coût dans les pays de l’Est, débouchant à l’ouest et au sud sur des régions agricoles, ou aujourd’hui touristiques – une zone Med en somme - dont les travailleurs se contenteraient d’un faible pouvoir d’achat ».

De là, prisonniers de la matrice idéologique monétariste, le pas est vite franchi pour défendre des dévaluations compétitives supposées stimuler comme par magie la compétitivité et la relance : « seule une dévaluation immédiate assurerait, comme la sortie du bloc or dans les années 1930, un ajustement à moindre coût et l’espoir d’une vraie reprise. Imaginons un instant la dynamisation qu’apporterait au marché espagnol, où les prix de l’immobilier ont déjà significativement baissé, une dévaluation de l’ordre de 30 à 50%. Toute l’Europe se précipiterait pour acheter en Espagne. La crise immobilière serait terminée en deux ans. L’économie espagnole repartirait sans que, dans la logique de l’union monétaire imaginée il y a vingt ans, les travailleurs espagnols aient à quitter leur pays pour aller chercher un hypothétique emploi à Düsseldorf ou à Hambourg… »

L’idée d’une réorganisation, par une procédure de banqueroute organisée, comme le défend Jacques Cheminade en France, n’effleure nullement l’esprit de ces messieurs, trop préoccupés à sauver les beaux restes des bulles spéculatives de toutes sortes.

Pour sa part, Jean-Marc Vittori, dans un éditorial des Echos, « Recommencer l’Europe », pose la question si la France pourrait survivre à la fin de l’euro. La réponse est simple : « La France a déjà initié à deux reprises des unions monétaires qui ont explosé de n’être que monétaires – Union latine dans la seconde moitié du XIXe siècle et le bloc d’or dans les années 1930. »

En tout cas, poursuit-il, l’Europe actuelle, qui trahit ses propres principes de solidarité, « cette Europe-là ne tourne pas rond (…) » Cependant, puisque réformer l’UE risque d’être bien trop compliqué, « mieux vaut recommencer avec quelques-uns. La France et l’Allemagne, bien sûr. Et aussi la Belgique (…) Et puis l’Italie, pour rééquilibrer le sud avec un pays resté assez prudent dans la crise. Sans oublier le Luxembourg, paradis réglementaire à surveiller. Et les Pays-Bas, pour que l’Allemagne ne se sente pas toute seule. On pourrait baptiser ce petit groupe le Comité européen pour construire l’avenir… »



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