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Les faucons face à la réalité

La rédaction
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Une nouvelle proposition de loi visant à rétablir la conscription vient de ramener un certain sens de réalité à Washington. Cette proposition a été présentée le 7 janvier à la Chambre des représentants par le député démocrate de New York, Charles Rangel, un dirigeant du groupe des parlementaires afro-américains (Black Caucus). Quelques jours plus tard, le démocrate Fritz Hollings a fait la même proposition au Sénat. Depuis juillet 1973, les Etats-Unis ont une armée de métier constituée entièrement de volontaires. La majorité d’entre eux, surtout dans l’armée de terre, sont des Afro-Américains ou des Blancs issus de milieux démunis, qui s’engagent pour des raisons socio-économiques.

Lyndon LaRouche a accueilli favorablement la proposition de Rangel, qu’il qualifie de « choc salutaire » pour les parlementaires. En particulier, ceux dont les enfants ne participeraient pas à la guerre selon le système actuel, seront amenés à réfléchir plus sérieusement avant d’envoyer des soldats au combat. Comme nos lecteurs le savent, ceux qui, comme le vice-président Dick Cheney, réclament le plus bruyamment une intervention sont des « chickenhawks », c’est-à-dire des faucons qui ont eux-même échappé au service militaire.

Dans le New York Times du 31 décembre, Rangel écrit : «  J’ai voté contre la résolution du Congrès (du 10 octobre 2002, NdlR) autorisant le Président à mener cette guerre (contre l’Irak) (...). Ancien combattant du conflit coréen, je pense que si nous décidons d’envoyer nos enfants à la guerre, le principe qui nous guide doit être celui du sacrifice partagé. (...) Cependant, le Congrès qui a voté à la majorité d’autoriser le recours à la force en Irak, ne compte qu’un seul membre ayant un enfant dans les rangs de l’armée. Je pense que si ceux qui prônent la guerre savaient que leurs enfants peuvent être appelés à servir - et à se trouver en danger - il montreraient plus de prudence, et une plus grande volonté de coopérer avec la communauté internationale pour traiter de l’Irak. Le rétablissement de la conscription obligatoire contribuera à mieux évaluer les conséquences du lancement d’une guerre. (...) Un nombre disproportionné de pauvres et de membres de minorités gonfle les rangs des engagés dans l’armée, alors que les Américains de milieux privilégiés sont sous-représentés ou absents. (...) Nous avons besoin de revenir à la tradition du citoyen-soldat - avec une alternative au service national pour ceux qui ne peuvent pas servir en raison de limites physiques et pour les objecteurs de conscience. »

Lors d’une émission télévisée du 3 janvier, Rangel a confirmé qu’il dirigeait en réalité ses critiques contre les échelons les plus élevés des décideurs politiques américains : «  A part Colin Powell, ils n’ont pas la moindre idée des souffrances de la guerre, des sacrifices de la guerre. (...) Lorsque le président des Etats-Unis dit :"J’ai pris comme résolution pour la nouvelle année de manger moins de cheeseburgers et de ne pas faire la guerre à l’Irak si je peux l’éviter" - ce n’est pas une façon de parler de la guerre.  »

La loi proposée par Rangel a attiré les foudres du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et de divers porte-parole conservateurs comme le Wall Street Journal, bien que certains conservateurs ayant une expérience militaire l’aient approuvée. Des observateurs américains notent que cet appel pour un retour au « citoyen-soldat » ébranle tout l’édifice de l’« armée de métier » imposé à l’armée américaine au cours des dernières décennies. Le fondement idéologique de la conception actuelle — le soldat professionnel combattant dans n’importe quelle guerre, sans poser de questions - avait été présenté par Samuel Huntington, de l’université de Harvard, dans son livre de 1956 Le soldat et l’Etat, qui vient d’être réédité pour la dix-huitième fois.

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