Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Les hedge funds en difficulté

La rédaction
visites
969

Entre la chute du prix des actions, les fluctuations extrêmes des prix de matières premières et la plus forte liquidation sur les marchés émergents depuis 1998, de nombreux hedge funds ont accusé des pertes énormes en mai et juin. Pendant deux mois consécutifs, les avoirs totaux des fonds de spéculation à l’échelle mondiale ont reculé en raison de pertes sur investissements, et ce, pour la première fois depuis des années. Pour certains fonds individuels, en particulier ceux actifs sur les Bourses japonaises, les pertes auraient été massives. Le carnage dans ce secteur a été reflété la semaine dernière dans les médias internationaux.

C’est ainsi que le Guardian du 26 juin consacrait son principal éditorial au danger d’effondrement financier systémique que posent les hedge funds. Après avoir rappelé que ceux-ci détiennent quelque 1500 milliards de dollars d’avoirs, pratiquement sans la moindre régulation, le quotidien de Londres écrit : « La taille de l’industrie pourrait déstabiliser les marchés financiers, soit parce qu’un choc déclencherait des faillites dans tout le système financier - les fonds de pension y investissent maintenant aussi et les banques partagent une bonne partie de leurs risques - soit parce que les stratégies similaires des hedge funds pourraient faire chavirer les marchés mondiaux au moment où tout le monde se rue sur la sortie. (...) La taille et la complexité de ce secteur font qu’il est pratiquement impossible d’y faire le gendarme. (...) Le danger pour les marchés financiers réside dans l’interaction entre les hedge funds et les banques de placement, qui font office de contrepartie ou de courtier principal. Les grandes banques trouvent que le trading rapporte plus que l’activité traditionnelle de conseil.

« Ceci a amené les banques à imiter les fonds aventureux. L’histoire se répète rarement de manière nette, que ce soit dans le monde financier ou ailleurs ; alors qu’en 1998, le monde a ressenti le danger lors de l’effondrement de Long Term Credit Management, un effondrement similaire pourrait pénétrer beaucoup plus le système financier. Les dégâts risquent d’être plus grands d’un ordre de grandeur. »

Le même jour, le Neue Zuercher Zeitung estimait que l’extension explosive des fusions et acquisitions pourrait mener à un effondrement des hedge funds. Selon un rapport publié par l’UBS, la croissance a été de 41 % pour le premier trimestre de cette année, par rapport à 2005. En Europe, les fusions et acquisitions ont même augmenté de 74 %. Un tel développement, écrit le quotidien de Zurich, est comparable au bon vieux temps des « obligations poubelles » (junk bonds) des années 1980 ou à la bulle de la « nouvelle économie » des années 1990. A la différence, cependant, que la nouvelle bulle est centrée en Europe et implique des hedge funds et des fonds d’action. 10 à 20 % des fusions et acquisitions représentent des OPA hostiles. Dans de nombreux cas, les hedge funds interviennent très vite pour acheter des parts d’actions (parfois 60 %) dans des sociétés qui sont en passe de négocier une fusion ou une acquisition. Si le marché est conclu, ils gagnent gros, mais dans le cas contraire, ils peuvent perdre énormément.

Même le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 28 juin a publié un important article, estimant que les dérivés de crédit menacent de faire éclater une nouvelle crise systémique de type LTCM. Sous le titre « Le transfert risqué de risques », l’article note que depuis la fin de 2005, le volume de contrats dérivés sur défaut (CDD) est passé de 1000 à 17 000 milliards de dollars. Tout ira bien tant qu’il n’y aura pas de défaut sur la dette sous-jacente. Mais « que se passera-t-il si la conjoncture se refroidit et que les défauts de paiement sur crédit commencent à s’accumuler ? Nul ne le sait. » En outre, « les CDD constituent le noyau de toute une famille d’instruments financiers, dont la complexité est inconnue à ce jour et qui cachent des risques possibles de dimensions inimaginables à ce jour ». La plupart des « investisseurs institutionnels », comme les fonds de pensions et fonds de spéculation, sont massivement impliqués dans les CDD. En cas d’insolvabilité de quelques acteurs dans les dérivés de crédit, « vu les interconnexions des marchés financiers, une crise pourrait se développer rapidement, similaire à celle de 1998, lorsque la quasi-faillite de LTCM mit le système au bord de l’effondrement ».

Contactez-nous !