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Les ingrédients d’une crise énergétique nationale : dérégulation, désinvestissement et écologisme

La rédaction
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Les coupures d’électricité les 19 et 20 mars en Californie, la déclaration du président George W. Bush du 29 mars©nous avons une crise de l’énergie » - et la mise en règlement judiciaire de Pacific Gas & Electricity (PG&E) le 6 avril, ont rappelé à tout le monde que la crise énergétique est loin d’être « réglée ». Et il ne s’agit ni d’un simple problème cantonné à la Californie ni d’une pénurie passagère de gaz et ou de mazout en période hivernale. A tous les niveaux de production et de livraison de mazout, de gaz naturel et d’électricité, on se heurte à un grave manque d’équipements, à des goulets d’étranglement et à de sombres perspectives quant aux coûts futurs. Rien que l’année dernière, la hausse des prix de l’énergie a coûté à l’économie américaine environ 115 milliards de dollars.

L’administration Bush et les républicains prétendent que la crise énergétique est due avant tout à une campagne d’obstruction environnementaliste dans le domaine de la production, que les démocrates auraient soutenue pendant les années Clinton. En fait, la dérégulation de l’industrie énergétique et le manque d’investissements dans les infrastructures publiques au nom de la « réduction des dépenses de l’Etat », ont toujours été une pierre angulaire de la politique républicaine. Pendant douze ans, la Californie a été gouvernée par le républicain Pete Wilson, et pendant cette période, elle n’a pratiquement été dotée d’aucune nouvelle capacité de production d’électricité, alors que l’on imposait une dérégulation à tout va.

L’administration Bush a mis sur pied une équipe de travail extraordinaire, supervisée par le vice-président Dick Cheney, chargée de rendre compte de l’ensemble de la crise énergétique à la fin avril. Toutefois, à en juger par les déclarations du Président lui-même, de son ministre de l’Energie Abraham et d’autres responsables gouvernementaux, cette administration s’en tiendra toujours au dogme de l’« économie de marché » et de la « dérégulation énergétique ». C’est pourtant ce dogme qui est à l’origine de la crise actuelle et qui ne peut que l’aggraver au cours des mois à venir. Entre-temps, des sociétés énergétiques qui financent les campagnes de Bush, comme Enron et El Paso Gas, engrangent d’énormes profits grâce au démantèlement du régime de régulation mis en place par Franklin Roosevelt dans les années 30. On pourrait d’ailleurs préciser ici que s’il existe des raisons légitimes pour ne pas appliquer l’accord de Kyoto sur la « protection du climat », la manière choisie par l’administration Bush pour le rejeter est condamnable.

Considérons les trois principales sources d’énergie pour l’économie : le gaz naturel, le charbon et l’énergie nucléaire. En ce qui concerne la première, en décembre 2000, le prix spot était supérieur à 10 dollars pour 1000 pieds cubes, alors qu’il se trouvait l’année précédente à seulement 2,50 dollars, soit un quadruplement du prix en un an ! Avec la fin de l’hiver, il approche maintenant 5,50 dollars. Dans des conditions optimales, c’est-à-dire avec d’importants investissements en biens d’équipement et sans obstruction écologiste, il faudrait au moins deux ans pour mettre en place les équipements, y compris les gazoducs, nécessaires à assurer une plus grande production. Pour la décennie à venir, on estime à 1200 milliards de dollars le coût de la production et la commercialisation du gaz naturel.

Entre-temps, selon le ministère de l’Energie, les réserves en gaz naturel stocké à la date du 31 mars étaient de 60 % inférieures à la moyenne des réserves enregistrée ces cinq dernières années à la même époque. Cela veut dire qu’il faudra reconstituer les stocks avant la prochaine saison d’hiver, alors que les prix atteignent des sommets historiques. On peut donc s’attendre à d’autres chocs sur le prix du gaz. En outre, plus de 90 % des nouvelles centrales électriques aujourd’hui en construction aux Etats-Unis sont au gaz, ce qui garantit une augmentation majeure de la demande au cours des deux prochaines années, et sans doute des prix, même au cas où l’on construirait de nouvelles centrales nucléaires ou à charbon, avec une technologie moderne de filtrage des émissions. Toutefois, cela semble peu probable en raison de la crise économique qui s’aggrave, même si certaines personnalités du nouveau gouvernement sont favorables à la construction de nouvelles centrales.

Le département de l’Energie estime que, pour faire face à la demande et remplacer les anciennes centrales, il faudrait construire environ 1300 centrales d’ici 2020, soit 65 par an. Cette estimation est basée sur une croissance projetée du PIB de 2,2 %. Néanmoins, si le taux de croissance se maintient au même rythme qu’au cours de la dernière décennie, il en faudrait 90 par an. En outre, le réseau actuel de lignes de transmission, de sous-stations et de transformateurs a été construit pendant que la régulation était encore en vigueur. Dans les conditions actuelles d’un marché dérégulé de l’énergie, où le courant est souvent transporté sur de longues distances, ce réseau est surexploité et de plus en plus vulnérable aux pannes.

La plus importante source d’énergie électrique aux Etats-Unis reste le charbon, utilisé dans 52 % des centrales électriques. Cependant, suite à une campagne écologiste menée ces huit dernières années sous la direction de l’ancien vice-président Al Gore, on a imposé de stricts contrôles d’émissions et l’interdiction depuis 1996 de toute exploitation minière sur des terrains publics, si bien que sur l’ensemble des nouvelles centrales électriques prévues pour 2007, seules 5 % sont alimentées au charbon. Cela a créé un climat d’incertitude dans l’industrie minière qui, en 1999, produisait un milliard de tonnes de charbon.

Le vice-président Cheney et le ministre du Commerce Evans ont récemment appelé à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Toutefois, l’industrie nucléaire américaine est piégée. Aucune nouvelle centrale nucléaire n’a reçu de permis de construire depuis 1979 et l’incident mineur intervenu à la centrale de Three Mile Island, cyniquement exploité dans le but de créer un climat antinucléaire pendant l’administration Carter.

Aujourd’hui, 103 centrales nucléaires fournissent 21 % de l’ensemble de l’énergie électrique. Dans les quinze prochaines années, la moitié d’entre elles arriveront à la fin de leur vie économique. L’industrie nucléaire américaine, après plus de vingt-deux ans sans nouvelle construction, lutte pour sa survie. Il n’y a aucune nouvelle commande en vue. Les jeunes ingénieurs diplômés du nucléaire se font de plus en plus rares et, par conséquent, la plupart des ingénieurs approchant de la retraite risquent de ne pas être remplacés.

La loi américaine interdit le retraitement du combustible nucléaire et les producteurs privés doivent donc le stocker sur place jusqu’à ce que le ministère de l’Energie se charge de l’enfouir. Une nouvelle loi sur les déchets nucléaires a été adoptée au Congrès au début de l’année 2000, mais Clinton y a mis son veto dans une concession à Al Gore, ce dernier ayant besoin des suffrages écologistes. Tant que ce problème des déchets n’est pas réglé, il est peu probable que de nouvelles centrales soient construites, mais l’administration Bush est restée jusqu’ici silencieuse à ce sujet. Une chose est pourtant sûre : le nouveau budget de l’énergie prévoit d’importantes réductions dans les dépenses en R&D.

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