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Les marches du lundi polarisent la classe politique allemande

La rédaction
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Le 16 août, les marches du lundi pour protester contre la politique de « réforme » du marché du travail (Hartz IV), présentée par le gouvernement, ont pris de l’ampleur : plus de 120 000 personnes sont descendues dans les rues d’au moins 110 villes et d’autres manifestations encore étaient prévues pour le lundi suivant. Les par le gouvernement n’ont pas calmé les protestations, mais ont au contraire convaincu plus de citoyens, particulièrement dans l’Est du pays, de la nécessité d’intensifier les actions pour forcer le gouvernement à changer de politique.

Le chancelier Schröder semble cependant vouloir nier la réalité. Lors de sa conférence de presse du 18 août à Berlin, il a déclaré que, comme « toutes les décisions requises ont été prises », les manifestants ne devaient s’attendre à « aucun changement » de cette réforme. Tout en reconnaissant que les manifestations étaient un droit constitutionnel, le chancelier les considèrent comme « injustifiées ». Il a également tenté de dénigrer la nature des marches du lundi en prétendant qu’elles étaient instiguées par « des extrémistes de gauche et de droite » et par une « alliance de l’obstruction » entre chrétiens démocrates et ex-communistes du PDS.

Malheureusement, Schröder a reçu le soutien des dirigeants nationaux de la Fédération allemande du travail (DGB), qui ont exhorté les bureaux régionaux et locaux du syndicat à ne pas participer aux marches. Mais cela n’a pas empêché de nombreuses sections locales, notamment en Allemagne orientale, de les soutenir. Ainsi, à Erfurt, le responsable de la DGB de Thuringe, Frank SPIETH, s’est adressé à 4000 manifestants le 19 août - le lendemain de la conférence de presse de Schröder - pour refuser tout compromis avec l’ensemble du projet Hartz IV et affirmer que les protestations allaient continuer jusqu’à l’abandon de la réforme. Il dénonça aussi la proposition du ministre de l’Economie Wolfgang CLEMENT de créer 600 000 pseudo-emplois, payés 1 euro de l’heure, comme étant « un retour au Reicharbeitsdienst » (le service du travail obligatoire à l’époque nazie).

Les tensions sont si fortes au sein du SPD que le président du Parti, Franz Müntefering, a ordonné à ses membres de ne plus utiliser le terme de « Hartz IV », mais de parler désormais de « mesures contre le chômage à long terme ».

Le débat sur les manifestations du lundi a aussi polarisé le reste de l’establishment politique allemand, notamment la CDU. Si sa présidente Angela Merkel soutient énergiquement Hartz IV, réclamant même des coupes plus importantes dans les budgets de l’emploi et des aides sociales, à la base du Parti, on remarque un ferment croissant contre cette « réforme » ; de nombreux chrétiens démocrates ont commencé à participer aux protestations.

L’expansion massive des marches du lundi a accrû la pression sur les comités d’organisation des manifestations, afin de passer du stade des simples protestations contre Hartz IV à des propositions économiques alternatives crédibles (voir article précédent). Ce processus ne va pas sans de nombreuses frictions internes au SPD. Une faction du comité d’organisation de Leipzig a invité à la manifestation du 30 août l’ancien ministre des Finances et ancien président du SPD Oskar Lafontaine, mais une autre faction l’a aussitôt désinvité. Certains dirigeants des manifestations parlent maintenant d’organiser des « tables rondes citoyennes » dans les villes où ont lieu ces manifestations.

Que pensent les banquiers des manifestations du lundi ?

Le 20 août, un analyste financier de la City de Londres nous a confié que « l’establishment financier craint fortement une révolte dans un grand pays du G-7 [l’Allemagne] contre l’austérité et, implicitement, contre la mondialisation » C’est « pourquoi ils font leur possible pour étouffer toute couverture médiatique » des manifestations du lundi. C’est d’autant plus étonnant, ironisait-il, que les médias anglo-américains sont autrement prompts à parler de tout ce qui leur semble négatif en Allemagne. En effet, la couverture médiatique internationale des marches de protestation a été inexistante ou minuscule.

Cette source partage l’analyse de LaRouche sur les implications systémiques de la crise allemande. « J’ai discuté avec un collègue d’origine allemande, ici, à la City, qui ne va pas aussi loin que vous mais qui sent qu’il se passe quelque chose de qualitativement nouveau « en Allemagne orientale, pouvant créer un précédent pour d’autres pays, et pas uniquement en Europe.

De son côté, Andrew Bosomworth, vice-président de Pimco (le premier fonds de courtage d’obligations au monde, qui appartient à l’assureur Allianz de Munich), estime que l’Allemagne devrait enterrer son « économie sociale de marché » et appliquer « un certain nombre de réformes cruciales, portant essentiellement sur le marché du travail, la fiscalité et l’aide sociale ». Dans le dernier rapport Europe Watch de Pimco, Bosomworth avance que tous les problèmes économiques de l’Allemagne, dont le chômage, proviennent de son « système d’aides sociales insoutenable » et de l’incapacité de la classe politique à imposer des réformes brutales. « Le premier problème est l’économie sociale de marché, écrit-il. Contrairement à l’opinion populaire, ce n’est pas Bismarck, mais les forces alliées, aidées par le chancelier Adenauer, qui ont inclus le social dans l’économie de marché à la fin des années 40 et au début des années 50. Afin de concurrencer l’économie planifiée centralisée, favorisant les travailleurs, que Staline bâtissait à l’Est, les travailleurs ont obtenu de vastes droits et un filet social du berceau au tombeau. » Depuis la défaite du communisme, les Allemands se sont rendu compte que l’économie sociale de marché, qui n’est pas en mesure de « faire face aux défis de la mondialisation », est devenue caduque. Bosomworth cite alors une récente étude de Standard & Poors selon laquelle on assistera à « une détérioration significative des finances publiques au cours du prochain demi-siècle », qui seront classées dans « la même catégorie que les obligations pourries », au cas où « aucun ajustement fiscal n’est mis en place ou si les systèmes de sécurité sociale ne sont pas réformés ».

En outre, tout indique que le numéro un mondial de la banque, Citigroup, a voulu envoyer un avertissement clair et net au gouvernement allemand le lundi 2 août, jour même où les manifestations anti-austérité atteignaient une ampleur inégalée. Ce jour-là, en effet, l’unité de courtage d’obligations de Citigroup à Londres a lancé une sinistre action contre les obligations publiques de la zone euro. Selon le Daily Telegraph, les courtiers en obligations à Londres s’attendaient à vivre l’une des journées les plus calmes de l’année, en raison du grand départ en vacances, mais toutes leurs prévisions tombèrent soudainement à l’eau : « L’attaque, quand elle arriva, ne venait pas d’Al-Qaida, mais de la première banque au monde ». En l’espace de deux minutes, à partir de 10h28, Citigroup lança une liquidation sans précédent des obligations de la zone euro. Avec l’aide d’une centaine d’instruments financiers différents et de 13 systèmes de courtage, la plupart appartenant à EuroMTS de Londres, on liquida pour 11 milliards d’euros d’obligations de la zone euro.

Jamais auparavant une transaction aussi énorme n’avait transité par EuroMTS en si peu de temps et sans le moindre avertissement. La trading platform d’EuroMTS, un système privé de 55 grandes banques, s’occupe de près de 70% du courtage sur les obligations gouvernementales de la zone euro. « Les courtiers qui sommeillaient à demi ont dû chercher soudainement à couvrir leurs positions en vendant des contrats à terme », notait le Telegraph. « L’action de Citigroup a provoqué la panique ». Les courtiers se trouvèrent au milieu d’un « carnage ».

Jusqu’ici, Citigroup a refusé de s’expliquer sur ces ventes massives. Plus tard dans la journée du 2 août, la banque racheta une partie des obligations à un prix plus faible, faisant par là même quelques bénéfices. Mais ceux-ci étaient plutôt faibles, environ 25 millions de dollars, et n’expliquent pas une telle action sans précédent. En Grande-Bretagne, le Financial Service Authority (FSA) a ouvert une enquête sur cette « activité de courtage inhabituelle » du 2 août. C’est la première enquête de la FSA sur le marché des obligations gouvernementales. Les agences de supervision bancaire françaises et allemandes ont fait savoir qu’elles allaient examiner l’affaire de près.

D’après une source de la City, l’hypothèse selon laquelle l’opération de Citigroup se voulait un avertissement à l’adresse du gouvernement allemand - afin qu’il n’abandonne pas les « réformes structurelles » de Hartz IV - mérite qu’on s’y arrête. « Je dois admettre que c’est la première fois que cela arrive en Europe. Dans le contexte actuel, cette opération est très étrange. Un profit de 25 millions de dollars sur des opérations de courtage est une somme assez modique pour Citigroup, par rapport à cette vaste action pour déstabiliser le marché des obligations gouvernementales en Europe . »

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