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Les médias américains aussi s’en prennent au président Bush

La rédaction
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Suite à la désastreuse tournée du président américain en Europe, qui a renforcé la résistance de l’Union européenne et de la Russie quant à ses positions les plus provocatrices, d’importants éléments de l’establishment américain commencent à reconnaître à leur tour que Bush ne fait pas le poids. Les commentaires négatifs, même dans les journaux conservateurs, confirment la détérioration de l’image - et du pouvoir - du chef de l’Etat au sein même de son propre pays.

Le 30 juin, un article diffusé sur le site Salon.com baptisait Bush de « Président de la page 4 », parce qu’il est si ennuyeux que les journaux ne le mentionnent qu’en quatrième page de leur édition, jamais à la une. Ce site publiait le même jour une critique cinglante d’Arianna Huffington, ancienne protégée de Newt Gingrich et importante « faiseuse d’opinion ». Déplorant la stature toujours plus médiocre du Président et son manque total de vision pour l’Amérique qui dévalorisent la Maison Blanche, Huffington commentait : « Ce n’est pas uniquement le programme anémique de Bush qui bredouille et chavire. C’est le modèle même de leadership qui a dominé notre démocratie depuis la fondation de notre nation. (...) Il est maintenant absolument clair que l’on peut être Président sans être un dirigeant - que l’on peut avoir le pouvoir sans avoir la moindre autorité . »

Huffington se moque en particulier de la prestation de Bush en Europe, couronnée par sa rencontre avec Vladimir Poutine. « Considérez la profondeur intellectuelle sidérante du conseil que Bush dit avoir proféré au président Poutine pendant leur récent sommet : « Il est négatif de vouloir se détruire mutuellement. Ce n’est pas une pensée positive. » Est-ce là les propos d’un homme en voie de devenir le dirigeant du monde libre (...) ?

« Systématiquement incohérent et, comme il nous l’a rappelé dans son discours à Yale, fièrement inculte, Bush semble très peu familier du système qu’il prétend diriger et étonnamment inconscient du monde au-delà de nos frontières - excepté, peut-être, dans l’arrière-cour de Vincente Fox. (...) Avec Bush, nous avons un gars formidablement ordinaire, propulsé dans un bureau extraordinaire et amenant avec lui un vide si absolu que l’on se pose des questions non seulement sur le contenu de son esprit, mais sur son manque d’imagination. (...)

« (...) Le Président semble protéger les intérêts d’affaires qui ont financé sa campagne présidentielle et s’apprêtent à financer celle de sa réélection. Ils disent à Dick Cheney ce qu’il faut penser et celui-ci le répète à « W ». Les lumières sont allumées à la Maison Blanche - mais il n’y a personne. Il est clair que ceux qui peuvent acheter des présidents n’ont pas besoin de dirigeants. Mais le reste de la nation en a désespérément besoin et devrait commencer à poser cette question : maintenant que l’ancien modèle de leadership politique est officiellement mort, qu’est-ce qui va prendre sa place ? »

Ces commentaires reflètent la grave crise dans laquelle s’enfonce l’administration Bush quelques mois seulement après son entrée en fonction. Le 1er juillet, le Washington Post publiait un article en première page déplorant l’atterrissage en catastrophe de Bush au cours de ses 162 premiers jours. L’article mentionne la baisse de Bush dans les sondages et le fait que ses slogans sur le « conservatisme compassionné » n’ont pas réussi à séduire les indépendants proches de McCain ni les démocrates centristes. Les experts en relations publiques de l’administration, à commencer par son principal conseiller Karl Rove, écrit le quotidien de Washington, tentent à présent de « réinventer la présidence Bush autour d’un nouveau programme, mais le défi est bien plus difficile que lorsqu’il était candidat ».

L’éditorial du Washington Post, « Les 162 premiers jours », était encore plus direct : « Les sondages baissent et la ligne a changé : à cause de leur arrogance et de leur ineptie, les gens de Bush ont perdu le contrôle du Sénat et l’agenda. Ils reçoivent des raclées bipartisanes à cause des forages pétroliers en Floride et dans les Grands Lacs. » Selon cet éditorial, le programme de réductions d’impôts prôné par le gouvernement risque aussi de lui faire plus de mal que de bien, car il « laissera peu de ressources pour d’autres initiatives, comme la transformation de l’Armée ».

Le lendemain, 2 juillet, le New York Times notait qu’un certain nombre de personnalités du gouvernement, présentées au départ comme des professionnels compétents, ont commis d’énormes bévues, contribuant au mécontentement grandissant du public. Karl Rove était particulièrement visé pour avoir provoqué un conflit d’intérêts en rencontrant des dirigeants d’Intel, alors qu’il détient 100 000 dollars d’actions dans cette société. Il aurait aussi manqué de diplomatie envers des parlementaires républicains modérés - même après la défection du sénateur Jeffords du Parti républicain à la fin mai. Même le vice-président Cheney a commis une grave faute de relations publiques en invitant un groupe d’importants bailleurs de fonds du Parti républicain dans sa résidence officielle.

Le chroniqueur Bob Herbert note dans son article que Bush donne l’impression de ne pas trop s’intéresser au métier de Président. Son style décontracté est allé trop loin et, selon lui, toutes les décisions importantes reposent sur les épaules du vice-président Cheney. C’est d’ailleurs pourquoi la santé de ce dernier retient autant l’attention. D’autre part, Bush s’est engagé à mettre son veto à la loi garantissant aux patients une meilleure protection face aux compagnies d’assurance prédatrices, renforçant ainsi son image de défenseur des intérêts financiers.

Enfin, le 4 juillet, jour de la fête nationale, le quotidien new-yorkais poursuivait le tir de barrage, avec un commentaire de Maureen Dowd. « George W. Bush est devenu Président en grande partie parce qu’il apparaissait plus amusant et naturel que l’androïde Al [Gore]. Maintenant, ses conseillers veulent qu’il se décontracte. (...) Le problème de « W », c’est qu’il lui est impossible de paraître décontracté alors qu’il trouve que toutes les grandes questions qu’il doit traiter ne sont pas faciles du tout. Depuis la soirée électorale, il a eu migraine sur migraine : la défection de Jeffords, des Européens irrités, (...) des sondages qui rappellent de manière troublante la chute de popularité de son père quand il apparut comme détaché de l’électorat . »

Face à ces critiques, les responsables de la Maison Blanche tentent, à leur manière, de rectifier le tir. Par exemple, Nicholas Calio, chargé des relations avec le Congrès, a rencontré des républicains modérés tandis que le conseiller présidentiel Karl Rove tente d’amadouer les démocrates. Malgré ces tentatives de récupération, de plus en plus de républicains commencent à se dire que si le régime Bush continue à se désintégrer, ils ont tout intérêt à quitter le navire avant les élections législatives de 2002... qui ne sont plus très lointaines.

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