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Les ouvriers roumains ne veulent « pas être esclaves dans l’UE »

La rédaction
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12 avril 2008 (Nouvelle Solidarité) – « Roumanie, réveille-toi ! Nous ne voulons pas être esclaves dans l’Union européenne », déclamait une banderole tenue par des ouvriers roumains du groupe Renault, le 10 avril à Pitesti. Avec sa marque Dacia, Renault construit dans les pays d’Europe de l’est sa fameuse « Logan », une voiture à bas prix qui a battu des records de vente en France l’an dernier. Les ouvriers de son site roumain de Pitesti étaient en grève depuis 3 semaines et ont obtenu que leur salaire passe de 285 à 365 euros (sic).

Menacés par les délocalisations ou l’importation de main d’œuvre chinoise ou moldave, les ouvriers roumains ont perdu leurs illusions. L’envoyé spécial du Monde, Benoît Hopquin, a recueilli de nombreuses réactions des ouvriers en grève ; l’un d’eux confiait : « Avec la chute du communisme, je pensais que nous arriverions à votre niveau. Avec l’entrée dans l’UE, je l’ai un peu plus cru. Mais nous en sommes encore très loin ». « En Europe, on ne devrait pas gagner un revenu différent pour le même travail », rouspète un autre après avoir appris le salaire d’un ouvrier Renault en France. Une fille d’ouvrière a même dit brutalement : « Moi, je n’accepterais pas de travailler pour ce genre de salaire. Je préfère partir à l’étranger. »

Dans le même temps, la Cour européenne de Justice a rendu trois jugements en défense du dumping salarial (emploi de main d’œuvre étrangère à salaires étrangers) dans les cas Vaxholm-Laval en Suède, Rüffert en Allemagne et Viking en Finlande (voir ici ). Qui a dit que la directive Bolkenstein avait été retirée du Traité de Lisbonne ?

Voir aussi : 35000 manifestants contre les bas salaires de la BCE

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