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Les progrès iraniens en matière nucléaire ne sont pas un casus belli

La rédaction
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Comme il fallait s’y attendre, l’administration Bush-Cheney a très mal réagi à l’annonce du 11 avril selon laquelle l’Iran avait réussi à enrichir de l’uranium. La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a exigé que le Conseil de sécurité de l’ONU prenne des « mesures ». En revanche, la Russie et la Chine ont assuré qu’aucune action militaire ne serait envisagée. Javier Solana, commissaire européen chargé de la politique étrangère, a déclaré que l’option militaire n’était pas à l’ordre du jour.

Bien que la possibilité d’enrichir de l’uranium représente un progrès technologique pour l’Iran, elle n’indique en rien une capacité de production à usage militaire. Des spécialistes russes de la technologie nucléaire ont aussitôt souligné que l’Iran est encore loin de parvenir à un niveau d’enrichissement industriel, sans parler de capacité nucléaire militaire, et encore moins d’arsenal pouvant menacer les Etats-Unis.

Comme l’ont indiqué le président Mahmoud Ahmadinejad et le président du Conseil de discernement Hachémi Rafsandjani, cette annonce avait pour but de renforcer la position de l’Iran dans les négociations avec l’AIEA, dont le président, Mohamed El Baradei, s’est rendu à Téhéran dans la deuxième semaine d’avril. Au cours des discussions avec Ali Larijani, président du Conseil national suprême de sécurité, et Gholam-Reza Aqazadeh, directeur de l’Organisation à l’énergie atomique, ils ont accepté d’améliorer le niveau de coopération avec l’Agence internationale, sans toutefois s’engager à suspendre les activités d’enrichissement. Il semblerait qu’El Baradei ait conseillé aux responsables iraniens de ne pas traiter la question « de manière émotionnelle, mais de suspendre l’enrichissement pendant une période définie afin de créer un climat de confiance avec la communauté internationale ». Selon la porte-parole de l’AIEA, ils se sont montrés attentifs, sans toutefois prendre d’engagement.

Sur CNN, El Baradei a insisté sur l’importance de régler avec l’Iran les grands problèmes restés en suspens, comme la sécurisation de l’approvisionnement en combustible, précisant que la question de l’enrichissement n’était pas, pour lui, un problème urgent. « Nous avons beaucoup de temps pour négocier un règlement en vertu duquel les besoins de l’Iran en énergie nucléaire seront garantis et les inquiétudes de la communauté internationale éliminées ».

Personne ne peut dire comment évoluera la situation. Officiellement, le Conseil de sécurité a jusqu’au 29 avril pour examiner la réponse iranienne à la demande de suspension de toutes les activités d’enrichissement. Cependant, la crise accélérée de la situation financière internationale et la détérioration de l’état mental du président George W. Bush sont autant de facteurs risquant de provoquer une fuite en avant, y compris une attaque militaire contre l’Iran à tout moment. Les discussions directes déjà convenues entre Washington et Téhéran ont été remises en question par la partie américaine.

Dans son éditorial du 15 avril, le New York Times prônait une approche diplomatique patiente envers l’Iran : « Une multitude de rapports sur d’éventuels préparatifs de frappes aériennes semble avoir alarmé les spécialistes militaires et diplomatiques américains, plus que les Iraniens. En l’absence de solutions militaires réalistes, Washington a besoin de redoubler ses efforts diplomatiques (...) y compris par une volonté de parler directement avec l’Iran. »

Dans son homélie pascale, le pape Benoît XVI a évoqué les « crises internationales liées à l’énergie nucléaire », appelant de ses vœux « une solution honorable pour toutes les parties, au moyen de négociations sérieuses et honnêtes ». Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a aussi mis en garde contre toute action militaire : « Je pense que la question est traitée de façon satisfaisante par l’Agence internationale à l’énergie atomique », dit-il dans une interview accordée au quotidien espagnol ABC. « Je crois toujours que la solution négociée est la meilleure, et je ne vois pas ce qu’une opération militaire pourrait résoudre. J’espère qu’un esprit de négociations prévaut et que l’option militaire n’est que le fruit de spéculations. »

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