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Les ramifications de la faillite de Refco se font sentir jusqu’en Autriche

La rédaction
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Refco Inc., le plus grand courtier indépendant américain pour les contrats à terme aux Etats-Unis, a dû déposer son bilan le 17 octobre, accusé d’avoir manipulé depuis des années ses bilans afin de dissimuler des pertes spéculatives. Cette dernière secousse dans le casino mondial des produits dérivés financiers représente bien plus que la faillite d’un hedge funds ayant perdu l’argent de ses clients dans des paris financiers à haut risque. La débâcle frappe, en l’occurence, une institution financière qui constitue, pour des milliers de clients, dont d’innombrables fonds de spéculation, l’interface avec les Bourses à terme de New York, Chicago, Londres et Singapour. Présent dans 14 pays, Refco compte 2400 salariés et environ 200 000 clients.

L’affaire Refco montre une fois de plus, d’une part que l’establishment financier utilise des hedge funds pour réaliser des transactions financières risquées échappant au contrôle d’un quelconque organisme de surveillance, et d’autre part, que ces entités financières « innovatives » se livrent à des fraudes comptables éhontées. Grands spécialistes des manipulations de bilan, citons le hedge fund Liberty Corner Capital, qui a participé à la dissimulation des pertes de Refco, et Refco Capital Markets Ltd, un fonds basé aux Bermudes et spécialisé dans les produits dérivés hors Bourse. Les engagements de Refco s’élèvent à 48 milliards de dollars et, selon la déclaration de faillite, le nombre de ses créanciers dépasse la barre de 1000. Parmi les 50 plus importants, il y a 11 hedge funds qui ont investi dans des obligations Refco.

Ces dernières années, Refco est devenu l’un des acteurs les plus importants dans les contrats de matières premières sur les grandes Bourses à terme. Sur celle de Chicago (CBOT), il était, peu avant sa faillite, le principal partenaire dans environ 10 % de l’ensemble des transactions. Après l’arrestation de Bennett, les actions de la CBOT ont perdu 8 % en un seul jour. Refco était largement impliqué dans les contrats à terme sur actions, obligations et devises, gérant, à New York par exemple, 60 % des opérations sur les obligations du Brésil et de l’Argentine.

Le jour de son renvoi, donc quelques heures avant son arrestation, le PDG Philip Bennett s’est empressé de verser à Refco la somme de 430 millions de dollars, correspondant au déficit qu’il avait dissimulé dans le bilan. Il venait de recevoir cet argent, à titre de prêt, d’une source pour le moins inattendue : la Banque du Travail et de l’Economie (Bawag), qui appartient à la Fédération syndicale autrichienne (OGB). Celle-ci gère, entre autres, l’épargne des syndicalistes et réalise aussi des transactions financières pour le compte du gouvernement autrichien. Le 10 octobre, la Bawag a accordé personnellement à Bennett un prêt de plus de 350 millions d’euros, en plus d’un prêt de 75 millions à Refco. A titre de nantissement, Bennett offrait sa propre participation de 35 % dans Refco - qui n’avait pratiquement plus aucune valeur quelques jours plus tard. En Autriche, certains évoquent déjà la pire débâcle bancaire depuis la faillite de la Wiener Kreditanstalt, en 1931.

L’intervention de la Bawag s’explique par les relations informelles que certains membres de sa direction entretiennent depuis des années avec le casino mondial des produits dérivés. Dès 1994, la Bawag avait fait la une des journaux lorsqu’on apprit que le fils du directeur, Walter Floettl, avait fait parvenir à un hedge fund sis dans les Caraïbes quelque deux milliards de dollars destinés à des opérations spéculatives. Suite à cette révélation, les contrats en question furent annulés, avec l’aide de Refco. La Bayerische Landesbank a alors soutenu sa consoeur autrichienne en achetant 46 % de ses actions. Puis, en mai 1999, la Bawag a acheté 10 % de Refco. Un an plus tard, elle allait fusionner avec la Banque de la Poste autrichienne. En 2004, la fédération syndicale rachetait à la Banque régionale bavaroise sa part de 46 % dans la Bawag et celle-ci vendait ses actions Refco à une société de placement new-yorkaise.

Quoi qu’il en soit, la journée du 10 octobre 2005 fut particulièrement tumultueuse à la Bawag. Dans la soirée, on tenta d’annuler le prêt accordé à Bennett, mais c’était trop tard.

L’escroquerie chez Refco, le rôle du hedge fund Liberty Corner Capital dans la dissimulation de ses pertes, l’extrême dépendance de la Bourse de Chicago vis-à-vis d’une seule entreprise comme Refco, l’aveuglement ou la complicité des grandes banques ayant soutenu son introduction en Bourse, ainsi que le « vol » à la Bawag, ne sont en fin de compte que des symptômes de la gangrène généralisée du système financier mondial.

Il y a sans doute des centaines d’autres Refco qui n’ont pas encore été découvertes. En septembre, les fondateurs du fonds Bayou Management ont dû reconnaître qu’ils avaient trompé leurs clients pendant des années et début octobre, le Groupe Man, le plus grand groupe de hedge funds au monde, était accusé d’avoir aidé un autre hedge fund actuellement en faillite, Philadelphia Alternative Asset Management, à falsifier son bilan.

Le fonds russe VR Global Partners a désormais de gros problèmes, puisqu’il était le troisième créancier de Refco par ordre d’importance, et même le premier si l’on y ajoute deux autres unités financières qu’il contrôle. Il y a quelques jours, la SEC a ouvert une enquête sur le hedge fund Wood River Capital Management. Celui-ci avait placé deux tiers de l’argent de ses investisseurs, dont Lehman Brothers, dans une seule action technologique, dont la valeur a chuté des trois quarts ces derniers mois.

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