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Liban : il faut faire preuvre de tact, estime Moscou

La rédaction
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par Marianna Bielenkaia, RIA Novosti

Le Premier ministre du Liban, Fouad Siniora, vient d’effectuer une visite a Moscou. Ce deplacement dans la capitale russe, alors que son pays est en pleine crise politique, peut etre considere comme le jugement le plus flatteur porte sur la mission de mediation de la diplomatie russe au Proche-Orient.

Rares sont les Premiers ministres qui quittent leur pays au moment ou les batiments officiels sont assieges par une foule de manifestants reclamant le depart du gouvernement. Bien qu’un compromis pour resoudre le conflit se soit deja esquisse, avec la mediation de la Ligue arabe, la situation au Liban demeure instable. Neanmoins, Fouad Siniora a maintenu son deplacement en Russie. Pourquoi ?

Convenons d’abord que personne, excepte les Libanais eux-memes, ne peut resoudre les problemes de ce pays. Ils doivent donc parvenir a un compromis entre eux. Moscou en etait bien conscient, et avait fait savoir que pour cette visite, on irait aussi loin, concernant les problemes interieurs de ce pays, que les dirigeants libanais eux-memes le souhaiteraient, mais pas plus. "Nous estimons que lorsque l’on debat de pareils dossiers, on ne saurait faire preuve de trop de tact ; la situation est tres compliquee", commentait un diplomate russe. "C’est a partir de ces criteres que nous definissons notre position avec les autres pays lorsque nous abordons les problemes du Liban avec les autres pays", a-t-il ajoute.

C’est peut-etre pour cette raison que Fouad Siniora recherche un soutien ouvert davantage aupres de Moscou, qui fait preuve de tact et de prudence, qu’aupres d’autres pays membres du Conseil de securite de l’ONU, et notamment ceux dont la simple evocation du nom provoque une tempete de protestations au sein de l’opposition libanaise.

A la difference de ses partenaires au Conseil de securite de l’ONU, et en premier lieu des Etats-Unis et de la France, la Russie entretient des relations sur un pied d’egalite avec toutes les parties au conflit, aussi bien au Liban que dans l’ensemble de la region. Elle se positionne de facon ostentatoire au Proche-Orient comme une force neutre, dont l’interet se ramene uniquement a eviter tout nouveau conflit dans la region. A cet effet, elle preconise de prendre en compte au maximum les positions de toutes les parties interessees au denouement de la crise libanaise.

Deux ans se sont ecoules depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, qui a provoque un changement radical de la situation au Liban et au Proche-Orient en general. Pendant toute cette periode, les diplomates russes n’ont cesse d’exhorter toutes les formations regionales a la retenue et a la patience. Ils ont plus d’une fois mis en garde leurs collegues americains et francais contre les consequences negatives d’une ingerence excessive dans la situation interieure au Liban.

Moscou a ete et demeure hostile a la preference nettement accordee a une des formations politiques libanaise et refusee a l’autre qui, comme l’ont montre les derniers evenements a Beyrouth, represente pourtant, pratiquement, la moitie de la societe libanaise.

La Russie considere injustifiee, egalement, la pression excessive exercee par Washington et Paris sur Damas, suspecte d’avoir organise l’assassinat d’Hariri. Les diplomates russes estiment necessaire que les hommes politiques libanais et syriens tentent de trouver un langage commun, sans etre exposes a la pression de tiers. Dans le meme temps, Moscou s’est toujours employe a persuader la Syrie qu’elle ne devait pas renoncer a cooperer avec la communaute internationale concernant l’enquete sur l’assassinat d’Hariri et d’autres problemes aigus.

Voici un exemple caracterisant bien la position russe sur le Liban. Lors des travaux du Conseil de securite de l’ONU sur le projet de document relatif a la creation d’un tribunal international pour l’affaire Hariri, la Russie s’est employee a ce que soient prises en consideration la position de toutes les formations politiques libanaises et celle de la Syrie. C’etait necessaire, estiment les experts russes, pour que le nouvel organisme soit legitime par toutes les parties concernees et que cela permette d’eviter par la suite des lenteurs dans le proces. La position de Moscou a consiste a ce que l’on parvienne a un projet de document propre, irreprochable sur le plan juridique.

La Russie craignait, en outre, qu’a la lumiere de la derniere evolution des evenements au Liban, un exces de precipitation dans la preparation du projet de document ne devienne un objet de marchandage politique, et que la discussion sur le document n’aggrave la situation dans le pays. C’est ce qui s’est produit. Les craintes des diplomates russes se sont pleinement justifiees.

Moscou espere neanmoins que les forces politiques libanaises trouveront un compromis sur toutes les questions, y compris sur le tribunal, et que le fonctionnement de cet organisme aidera a etablir la verite, a decouvrir les vrais responsables de la mort d’Hariri. "Ce travail doit etre mene de maniere a non pas diviser la societe libanaise, mais au contraire a contribuer a la reunification des Libanais et a l’assainissement de la situation dans le pays", notait dans un communique le ministere russe des Affaires etrangeres.

Moscou salue egalement les efforts deployes par la Ligue arabe pour attenuer les contradictions libanaises internes et se dit pret, pour sa part, a concentrer son attention sur le contexte regional du conflit libanais. Il semble que le Liban compte, lui aussi, la-dessus. Il n’est pas fortuit que la visite de Fouad Siniora a Moscou ait precede d’a peine quelques jours celle du President syrien Bachar Assad dans la capitale russe.

Il est certain que le resultat des pourparlers russo-syriens sera attendu non seulement a Beyrouth, mais aussi a Paris et Washington. La Russie s’efforcera de trouver les moyens d’avancer vers un consensus regional. Le probleme est de savoir si les autres voudront bien ecouter ses initiatives. En tout cas, le principe qui guide Moscou peut se resumer ainsi : aucun probleme international n’a de solution "musclee", unilaterale, et ne peut etre resolu sans que toutes les parties interessees accordent leurs positions.

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