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Licenciements à l’AP-HP : une politique élaborée à l’HP ?

La rédaction
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17 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Si l’on a pu faire dire aux statistiques que la récession était finie, pour l’Hôpital public, elle ne fait que commencer. Après 700 suppressions de postes en 2009, les hôpitaux de Paris vont devoir se défaire de 1150 autres employés, puisqu’il est bien connu qu’à l’hôpital, il y a excès de main d’œuvre et que personne n’y fait d’heures supplémentaires, n’est-ce pas ! Si le cas de l’AP-HP est très médiatisé, les suppressions de postes d’infirmière, d’aide soignante, de médecin et de secrétaire médicale, est généralisée en France : d’ici à 2012, 20 000 emplois doivent disparaître dans les hôpitaux publics.

Mais pourquoi une telle saignée, alors que la ministre de la Santé sollicite les hôpitaux pour lutter contre la pandémie de grippe A et que l’Insee annonce que la population s’est accrue de 4 millions de personnes en dix ans ? La réponse est courrue. La santé serait un marché comme les autres où la compétition permet une meilleure adéquation entre l’offre et la demande (regardez aux Etats-Unis !). Avec la réforme Bachelot et l’application de la tarification à l’acte (T2A), la gestion des hôpitaux publics doit s’aligner sur les cliniques privées et devenir rentables plutôt que de soigner tout un chacun comme l’on soignerait le Président.

Le « Plan Efficience » mis en œuvre à l’AP-HP a tout de la cupidité managériale caractérisée par France Télécom (Orange). « Rationnalisation », « optimisation », « conquête de parts de marché », peut-on lire à longueur de page dans les documents de travail du Plan Efficience. C’est le nouveau mantra des technocrates qui désorganisent froidement l’accès aux soins et la couverture sociale qu’avaient tissés les médecins et politiques engagés pour le bien public depuis le Conseil Médical de la Résistance. Nous nous devons donc ici de rendre hommage à la personne par qui tout cela est arrivé. Pur produit de l’ENA et de Science-Po, passée par la haute fonction publique puis par la direction du groupe Danone, Rose-Marie Van Lerberghe était la directrice générale de l’AP-HP entre 2002 et 2006. Pourquoi une transfuge de Danone pour s’occuper de la santé publique ? Parce que Rose-Marie est très douée pour transformer les travailleurs en yaourt. Elle a siégé au bureau exécutif de Syntec Conseil, le cabinet de consultant du Medef spécialisé dans les plans de licenciement, et a occupé de hautes fonctions chez Altedia (filiale d’Adecco), une société spécialisée dans l’ « optimisation » des ressources humaines. Sans aucun rapport, Mme Van Lerberghe dirige aujourd’hui le groupe Korian, spécialiste de la Maison de retraite rentable avec plus de 200 établissements. L’histoire ne dit pas encore si elle siègera bientôt au directoire des Pompes Funèbres Générales.

Comme à France Télécom, ces abstractions managériales ont des conséquences dans le monde réel. Ainsi, Thierry Amouroux, infirmier à l’AP-HP et secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers s’est insurgé dans Le Parisien : « Supprimer des postes, c’est dramatique. Cela va encore réduire l’offre de soins alors que nous fonctionnons déjà à flux tendus. On va vers une multiplication des erreurs médicales. » Il ne vous restera plus qu’à prendre une bonne assurance…privée.

Mais au-delà de cet « exemple », l’hôpital public et son personnel sont d’un mal qui ne lui est pas propre : l’orgie de spéculation alimentée par celle des renflouements accule les Etats à la faillite qui, par manque de courage, répercutent la pression sur les peuples. Le combat pour l’hôpital public est le combat contre ce malthusianisme financier qui réduit la capacité d’accueil humain de la société.

A ce point-ci, le seul salut viendra de la pression populaire et de l’élévation des luttes vers un intérêt commun et stratégique : mettre en règlement judiciaire les banques toxiques, arracher l’émission monétaire des mains des puissances privées et organiser une politique d’investissement à long terme dans le monde.



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